• 7. UN PEU DE BON SENS... NATIONAL - je suis Français chaque jour

     

    Cet article est complètement spontané. Il fait suite aux tragiques événements de ce 13 novembre. Il m'a été inspiré par la déferlante de drapeaux français qui s'affichent partout sur le Net. Il a été écrit en toute honnêteté, avec le cœur et le plus d'exactitude possible. Il n'a aucune vocation polémique. Ma démarche a consisté à rester au plus près de l'objectivité même si elle est par nature subjective et je tenais à ce que se soit clairement entendu afin d'éviter toute confusion ou interprétation abusive et déplacée à mon encontre.

    Cet article est spécialement dédicacé à Chantal C. et Anne (Anna B.).

     

    7. UN PEU DE BON SENS... NATIONAL - je suis français chaque jour

     

    La capitale française vient à nouveau d'être frappée par des attentats terroristes, ce qui entraîne tout à coup une énorme chaîne de réactions émotionnelles sur le web. Je vois beaucoup d'appels à l'unité nationale dans les cœurs. Et là, je reste perplexe : je suis agacé. L'incohérence de ces ralliements de circonstances autour de l'esprit national français me dérange. En effet, parmi les gens qui publient un peu partout ces appels, une large majorité d'entre eux ont un respect discutable voire inexistant pour leur pays. D'ordinaire, ils préfèrent fustiger la France, la tourner en ridicule ou la regarder de haut en considérant certaines de ses coutumes et une partie de ses habitants comme les vecteurs d'expression d'un conservatisme inapproprié digne du mépris et du rejet les plus légitimes, un conservatisme qui à leurs yeux est suspect parce qu'il véhiculerait de façon incontestable une idéologie aux vieux relents nauséabonds, l'idéologie ultra-nationaliste de l'extrême-droite. Ce point de vue évidemment simpliste et très réducteur est fondé sur une idéologie politique implacable à l'encontre des valeurs socioéconomiques et socioculturelles divergentes.

    En fait, ces gens, célèbres ou anonymes, affichent en temps normal une posture morale rigide, inflexible et pointilleuse avec la contradiction, une posture morale dogmatique centrée autour d'un humanisme tapageur, totalitaire, arbitraire, partial qui claironne en permanence à tout-va son message d'ouverture naturelle à la diversité culturelle du monde. Or, c'est là que le bât blesse au fond : ces gens s'affichent si perméables aux cultures étrangères qu'ils en oublient simplement d'aimer et de respecter la leur. La condescendance amusée ou irritée qu'ils montrent face aux sursauts populaires leur fait considérer ceux-ci d'emblée comme de viles manifestations populistes, à tort. Ces gens auxquels vous appartenez peut-être cher lecteur vivent non pas dans le monde réel mais dans un univers virtuel de longue date né bien avant l'ère du numérique, un univers qu'ils aimeraient voir la France incarner parce que tel est leur bon plaisir et telle est leur conviction d'être dans le vrai absolu. Ces gens n'imaginent pas un seul instant qu'ils puissent être dans l'erreur. Ils refusent de l'envisager d'ailleurs : un dialogue avec eux sur la France, ses spécificités culturelles et historiques se solde souvent par l'exposition d'un parti pris ferme, obtus et surtout tout-puissant qui renvoie la voix discordante dans le camp peu enviable des esprits à faire taire voire à exclure, ce qui en dit long en fait sur la prétendue ouverture d'esprit de ces personnes... et leur vision de la démocratie.

    Comme leur seul discours est abondamment relayé par les médias les plus en vue, il est la pensée unique que nous entendons tous et que tous, nous devons partager... de gré ou de force. La liberté de penser autrement est laissée à chacun en principe... mais ce n'est plus qu'un principe : la divergence est vite diabolisée. Au fil du temps, une idéologie s'implante sournoisement : la France populaire est naturellement raciste, xénophobe et trop conservatrice. Puis un jour, le mal apparaît ouvertement : la vision de la France par la plupart de ses habitants est aujourd'hui catastrophique. Le pays souffre d'un déficit d'image important auprès d'une large partie de sa population. L'élan émotionnel lié aux attentats en devient alors singulier voire étonnant. Du coup, il interroge. Que signifie cette attitude collective de rassemblement national alors même que l'idée d'appartenance nationale est ô combien mal vue en France ?  Où se fonde-t-elle ? Quelle est son essence ? Je pense que voir le réel avec un bon sens qui nous amène à être lucides et justes serait fort approprié et sain par les temps qui courent, vous savez ce bon sens commun, direct, pratique et précis, qui nous pousse à être honnêtes sur l'instant avec nous-mêmes face à une situation, simplement honnêtes... et humbles.

     

    7. UN PEU DE BON SENS... NATIONAL - je suis français chaque jour

     

     

    1. LES ORIGINES D'UN REJET PUBLIC DE LA FRANCE

     

    Depuis fort longtemps, les grands médias français affiliés idéologiquement aux différents courants politiques principaux en ont systématiquement relayé les grands concepts à la mode jusqu'à en faire des dogmes tout aussi lourds et exclusifs que ceux des religions. La vision que donnent à voir les médias est essentiellement manichéenne : les "élus" du système, les "bons", côtoient de près ou de loin les exclus, les "mauvais" esprits qui ne pensent pas correctement. C'est un point de vue sur la réalité simple pour ne pas dire simpliste qui a le mérite d'être immédiatement compréhensible par ses partisans et ses adversaires, chacun sachant ce que ses mots et ses actes lui vaudront sur la scène publique. Cette vision du monde partiale et parcellisée aboutit à déformer le regard porté sur nombre d'événements sociaux et sociétaux : elle interdit les nuances et exclut d'emblée l'accès à une représentation plus juste de la réalité. Mais c'est à dessein : la division de l'opinion publique sert toujours mieux le pouvoir politique en place que l'unité. Des groupes sociaux désunis éviteront naturellement de s'associer la plupart du temps, ce qui permet aux autorités étatiques d'accomplir leurs objectifs sans résistance à l'horizon.

    Depuis des décennies, les grands médias français, nationaux plus particulièrement, remplissent un rôle fondamental de désinformation chronique auprès de la population française. Ils colportent à qui mieux mieux l'idée fausse, pourtant très répandue et désormais solidement ancrée dans l'inconscient collectif du pays, que la France dite d'en bas, la France "blanche", caucasienne, est par nature raciste (assertion qui n'a jamais été prouvée sérieusement en dehors d'études biaisées qui relayaient toutes une idéologie politique), inhospitalière envers l'étranger et ultra-conservatrice, ce qui nécessite qu'elle soit dirigée par une "élite" qui, bien entendu, sait mieux que tout le monde ce qui convient à tous, l'unique but étant d'amener le peuple sur la "bonne" voie : un capitalisme mondialisé fondé sur le multiculturalisme comme vivier de consommateurs influençables et manipulables à souhait. Les discours officiels emploient l'arme rhétorique redoutable de la culpabilisation collective : la France est presque décrite comme une antichambre de l'enfer pour de nombreux étrangers, surtout ceux non-européens, et les Français d'origine africaine ou maghrébine. Pourtant, depuis de nombreuses années, le nombre d'étrangers voulant s'installer en France ne cesse de croître, et le processus administratif du regroupement familial demeure toujours très actif (en tant que travailleur social, je m'en suis rendu compte), contredisant ainsi ouvertement le non-sens d'un discours officiel dont le fond n'a d'autre but que de soutenir un système politique en collusion constante avec la haute finance toujours avide de main-d'œuvre fraîche et bon marché.

    Depuis les années 1970 et encore plus après l'accession de la gauche socialo-communiste au pouvoir en 1981, critiquer, vilipender, rabaisser et insulter la France est devenu très prisé, de "bon ton" : c'est désormais une attitude admise et très banale. Par contre, parlez de la majesté de la culture française, de la beauté et de la profondeur de son histoire riche et animée, encensez ses grands auteurs, TOUS ses grands auteurs y compris Jean-Ferdinand Céline et quelques autres honnis pour certaines idées jugées inacceptables (parfois légitimement, parfois non), honorez ses artistes en tous domaines, rendez hommage à ses scientifiques, ses entrepreneurs, etc, et aussitôt, vous passez pour un beauf chauvin, un "vilain" conservateur rétrograde ou pire, un fasciste. Vous n'avez pourtant émis qu'un jugement de valeur personnel positif sur un pays et tout ce qui s'y rapporte, même pas une opinion, fût-elle politique, que déjà, vous êtes condamné. Vous êtes d'emblée soupçonné de compromission d'idée avec l'extrême-droite, sans preuve, simplement sur la base de présupposés et des préjugés que la gauche politique française (tous partis confondus) et tous ses partisans (membres de parti ou sympathisants) ont copieusement semés dans l'opinion publique pendant des années, aidés dans sa tâche par une droite (hors extrême) qui a rarement eu le courage de ses valeurs et qui a adopté les mêmes travers : mensonges d'état, manipulations répétées et déconstruction/reconstruction permanente de l'histoire de France au service d'une propagande constante ont modelé le paysage politique français au point de déformer complètement la vision des faits historiques, et particulièrement ceux litigieux (guerre franco-algérienne, guerre d'Indochine, immigration, Seconde Guerre Mondiale et pétainisme, Ancien-Régime et Révolution, etc.).

    La détestation publique de la France a été inculquée à la population française au fil des années de façon régulière et continue après 1968, avec une très nette accélération dans les années 1980. C'est durant cette décennie qu'est née l'association SOS-Racisme menée alors par Harlem Désir devenu depuis un ténor du PS. Et pour cause : SOS-Racisme n'est née que de la volonté des plus hautes instances socialistes de l'époque. L'objectif était de contrer la défection de l'électorat ouvrier, bastion historique de la gauche, à l'encontre du PS incapable d'enrayer (et ça n'a pas changé d'ailleurs) la hausse régulière du chômage alors à ses tout débuts. C'est au commencement des années 1980 que s'est affirmée la communauté maghrébo-africaine face à la montée en puissance du Front National qui attirait de plus en plus à lui l'électorat prolétaire classique. La gauche officielle voyant son vivier naturel de voix lui échapper s'est alors, par calcul, tournée ver un autre électorat possible dont elle a assuré la promotion sociale. Sous la présidence très lourde, de type Roi-Soleil, de François Mitterrand, s'est peu à peu mise en place toute une idéologie insidieuse et totalitaire de lente dépréciation de la France historique à travers un discours stéréotypé à l'humanisme biaisé, faux et injuste, un humanisme focalisé sur le seul citoyen immigré ou d'origine immigrée. Cette politique de propagande a produit des effets délétères conséquents sur l'opinion publique française ; elle a conduit ainsi une majorité de personnes à considérer une telle idéologie comme essentiellement progressiste et tout à fait normale. Même la première cohabitation de l'histoire politique française de 1986 à 1988 n'a pu arrêter ce mouvement croissant de mépris franc envers la France.

    Ce qui est admis et encouragé de nos jours n'est pas le respect de la France mais le respect d'une image bien particulière, fabriquée, totalement artificielle, délibérément fausse de l'Hexagone : une France par essence laïque, républicaine et multiculturelle depuis toujours et par destin. Or, ce n'est pas être fasciste que d'en appeler à revenir aux simples faits historiques étayés par toutes les preuves qui s'empilent dans les bibliothèques, musées, fondations et autres lieux de recherche et de culture, que ce soit dans nos frontières ou à l'étranger, pour affirmer que la France, c'est bien plus que l'image aux couleurs fades qu'on veut lui faire endosser de force. Rester factuel, objectif et tolérant avec sagesse importe sûrement bien plus que de s'enfermer dans une posture idéologique, conforme certes à ses valeurs propres et ses convictions politiques particulières, mais erronée du point de vue de la loi universelle et de l'Histoire de France.

     

    7. UN PEU DE BON SENS... NATIONAL - français

     

     

    2. UN RASSEMBLEMENT AUTOUR D'UNE ÉMOTION COLLECTIVE PLUTÔT QUE D'UN PAYS

     

    Suite à la tragédie de ce 13 novembre 2015, sur les réseaux sociaux, les drapeaux français s'affichent à la pelle. C'est une déferlante. Je trouve triste et dommage que les Français de tous bords ne puissent en définitive se rassembler autour d'un même esprit patriotique (oh, le gros mot !) que lors d'événements aussi graves que des attentats terroristes. Ça interroge car c'est malsain. Ça révèle que le pays n'a plus qu'une unité de façade, tant il est miné par les revendications corporatistes et communautaires tout au fond, à sa base, c'est-à-dire le peuple. En France, la cohésion nationale n'existe pas ou plus, si on veut être précis. Tentez de réunir la population française autour d'événements positifs pour célébrer le pays, son histoire, sa culture, son présent comme son avenir et toutes les nuances qui en découlent, vous aurez tout de suite beaucoup plus de mal à réaliser l'opération : vous vous confronterez très vite à de multiples exigences et autres souhaits de représentation publique venant de groupes sociaux majoritaires ou minoritaires, chacun se trouvant bien entendu plus lésé que le voisin. Au lieu de l'unité tant espérée, vous devrez gérer la désunion et le parti pris sous toutes leurs formes, de la plus authentique (parfois) à celle de très mauvaise foi (la plus courante). Vous devrez affronter les jérémiades régulières contre le système et la "méchante" société qui ne reconnaît pas "nos" droits. Vous devrez composer avec un profond négativisme national fondé sur le "Tous pourris et moi, le cœur pur !" ou sur "L'enfer, c'est les autres !" si vous préférez.

    J'aime parfois me rendre à des fêtes et autres manifestations centrées sur un thème de nature positive ou se voulant honnêtement comme tel, qu'il soit politique, culturel ou autre. Ce qui me frappe le plus à chaque fois, c'est l’homogénéité des gens présents, participants comme visiteurs. Jamais, ne s'affichent ouvertement dans le public des personnes en contradiction avec le thème évoqué ou qui pourraient le nuancer. Et si vous tentez d'affirmer une différence d'opinion et de discuter le propos du moment, vous êtes aussitôt mal vu. L'esprit de désunion s'impose d'emblée. Du coup, tout ce qui est positif ne se montre que sous la forme d'une juxtaposition nationale de causes et de centres d'intérêt disparates hormis pour des thèmes de seconde zone ou très superficiels, du type Coupe du monde de football. L'esprit qui a prévalu pendant des mois et même des années après la victoire de France en 1998 en témoigne clairement. Essayez de réunir autant de gens autour de questions plus fondamentales tels que la paix dans le monde ou le fait démocratique en France, vous m'en direz des nouvelles ! Aussitôt, vous aurez une confrontation entre des opinions très divergentes ou personne ne voudra lâcher le morceau, et bien vite, vous devrez composer avec les habituels poncifs et lieux communs ultra-consensuels et vides de sens.

    Mes propos peuvent sembler bien durs mais j'ai horreur des comportements incohérents et opportunistes, fussent-ils adoptés en toute bonne foi. Et si en plus, ils s'expriment sous la forme oppressante d'un dégueulis sentimentaliste à la charge émotive puissante, c'en est trop ! Au lieu de provoquer une vague d'émotion positive et saine, on entretient un égrégore particulièrement négatif dont la chape de plomb va peser lourd dans l'inconscient collectif du peuple français pendant des mois sinon des années. Au lieu de la réunion des cœurs et des esprits plébiscitée, c'est le clivage qui s'imposera en maître absolu. Le grand perdant sera évidemment le peuple, propre coupable de son malheur et de toutes les mesures publiques coercitives qui en découleront (le plan de sûreté nationale décrété suite aux attentats en est déjà un début manifeste), et les gagnants seront les mêmes que d'habitude : nos politiques véreux et les autres puissances plus officieuses (la haute finance et l'entrepreneuriat international notamment) qui ont besoin de nos peurs et de nos vieilles rancœurs haineuses pour exister et maintenir leur pouvoir sur nous. Notre ouverture d'esprit, notre accès à un niveau de conscience élevé de la réalité, est clairement ce que ceux-ci abhorrent : c'est un danger pour eux. Ces gens néfastes sont obligés pour garder leur autorité illégitime et toxique de nous tenir divisés entre nous : pour eux, l'union nationale populaire ne doit JAMAIS exister. Aussi, le patriotisme est-il jugé comme une valeur ringarde, conservatrice et bien sûr opposée à l'acceptation de la différence culturelle, alors qu'en fait, il est simplement contraire aux visées mondialistes d'une intelligentsia politico-capitaliste.

    Un peuple conscient de son identité nationale n'est pas forcément fermé à la différence de l'étranger : il puise dans son héritage national la puissance et la particularité de son accueil de l'autre. En 2000, j'ai passé quelques temps en Suède. Ce pays est célèbre pour sa politique d'ouverture aux étrangers depuis des années. Or, j'ai été frappé de voir que dans tous les foyers suédois où j'ai été invité et ceux que j'ai vus de loin (maisons, appartements), le drapeau suédois flottait fièrement à la fenêtre ou même sur le toit ou sur un mât dans le jardin. J'ai vu cette même fierté nationale en Australie et dans d'autres pays occidentaux. Ce qui prouve qu'une forte référence à son identité nationale est complètement compatible avec le respect de la culture étrangère. C'est le discours politique, de gauche particulièrement, qui a eu besoin de salir l'image de la France afin de pouvoir asseoir son influence laissant ainsi la porte ouverte à l'extrémisme de droite qui s'est emparé de l'étendard français jusqu'à en faire le symbole de son parti. Désormais, si quelqu'un affiche chez lui ou sur le net un drapeau français et qu'il est de nationalité française, la première question qu'il se verra poser sera du genre : "Tiens, t'es FN ?". Cette méprise acquise sur le sens du drapeau français mène très souvent à des situations de tension publique inutiles et déplorables. Ainsi, en 2014, durant les fêtes de fin d'année, l'ancien maire FN du Luc-en-Provence, Philippe de la Grange (1), avait fait porter les trois couleurs nationales à un célèbre monument de la ville, la Tour Hexagonale, grâce à un jeu de lumières, suite à la demande d'une conseillère municipale. La presse locale de gauche l'a copieusement égratigné voyant là un moyen de propagande politique alors qu'il ne s'agissait que d'unir les couleurs nationales au symbole de paix véhiculé par Noël. La couleur politique du maire a joué en sa défaveur dans l'histoire, c'est évident. Regardez aujourd'hui, le drapeau est hissé partout dans le pays avec ostentation jusque sur la Tour Eiffel comme symbole d'unité nationale et de paix, exactement avec la même intention... sauf que là, 128 morts viennent légitimer l'action. C'est terrible et surtout navrant : les Français ont désormais besoin de la souffrance et du sang versé pour se reconnaître être d'un même état souverain. Où est le message de paix là-dedans ? Que célèbre-t-on précisément ? L'unité nationale authentique ou un chagrin partagé ? Une idée durable de la France ou une simple émotion dont la puissance est démultipliée par le nombre ? La profondeur atemporelle qui réunit ou l'accessoire ponctuel qui divise ?

    Que le premier symbole de la France soit systématiquement assimilé à l'extrême-droite française démontre que cette association est devenue naturelle pour beaucoup. Au final, plus personne ne conteste cette main-mise du Front National sur le drapeau français. Le pire, c'est que vous pouvez vous-même vous sentir affilié aux valeurs dites de gauche, mais de la VRAIE gauche historique, populaire et nationaliste, et vous trouver mis à l'index parce que vous exprimez votre loyauté à votre pays natal et ce qui le constitue depuis des siècles. Le philosophe Michel Onfray ou l'enseignant historien Etienne Chouard en savent quelque chose. Moi-même, je me retrouve à vivre cette contradiction involontaire imposée par le politiquement correct : plutôt à gauche de cœur mais prêtant allégeance en mon for intérieur à des valeurs et cadres moraux prétendus, et seulement prétendus, de droite. De nos jours en France, l'expression du symbolisme national est complètement schizophrénique. Tantôt, des cérémonies commémoratives purement formelles célèbrent le patriotisme et le concept de nation, tantôt, ces mêmes idées sont foulées du pied à travers un discours et des manifestations publiques glorifiant le fameux "vivre-ensemble" si cher à la gauche moderne et fondé sur une vision métissée de la population du pays. A la longue, à force de contradiction, les grands symboles nationaux ont été purement et simplement vidés de leur sens véritable. Le Front National s'en est alors emparé afin de les lier de manière quasi-exclusive à sa vision ultra-nationaliste de la France. Et ce sont les conséquences de cet abandon des symboles que nous devons gérer aujourd'hui. Une vision manichéenne et simpliste du paysage politique et social français nous est imposée par nos instances publiques assistées des médias, tous ces acteurs étant acquis aux idéologies socialiste et capitaliste qu'ils mélangent de plus en plus intimement. On est malgré soi très vite mis dans une case selon un schéma binaire arbitraire de la réalité : soit vous êtes dans le bon camp et le "penser bien" selon la doxa en cours, soit vous ne l'êtes pas et votre discours est jugé inacceptable et dévalorisé. Du coup, notre drapeau national se trouve affublé d'un sens extrémiste qu'il n'a pas par lui-même simplement parce qu'il est rattaché d'emblée aux idées du FN

     

    7. UN PEU DE BON SENS... NATIONAL - français

     

     

    Je ne sais si mes propos en choqueront certains mais telle n'était pas mon intention. Le ton de mon texte est courtois, posé, bien que ferme, précis et clair. Je ne crois plus à la politique du consensus dans notre société minée par l'idéologie du politiquement correct social-capitaliste. Rien ne peut évoluer de façon nette dans les relations humaines, et particulièrement dans la sphère publique, si chacun en reste à un discours aseptisé truffé de lieux communs et d'expressions toutes faites telles que "vivre-ensemble", "métissage culturel" ou "mixité sociale" par exemple, ou de termes détournés de leur sens premier dans le but d'un emploi abusif et erroné comme "fascisme", "racisme", "diversité", "métissage", "nationalisme", "guerre", "paix", etc. Tous les jours, nous sommes abreuvés de mots et de concepts biaisés afin de nous formater à penser comme nous le devrions selon certains. Cet usage déformant des mots est dangereux car il divise et jette toujours l'opprobre sur celui qui ne pense pas comme la majorité et qui pourtant, soutient autant que nous le respect mutuel, la liberté et la solidarité. Cette pensée unique qui pèse très lourdement chaque jour sur nos esprits uniformise les idées ; elle est souvent l'avis dominant du moment. Des croyances extérieures, à la longue, deviennent les nôtres malgré nous et font taire nos véritables convictions acquises par notre seule expérience d'abord. C'est la raison majeure de la persistance des tensions sociales et des préjugés entre communautés diverses en France et ailleurs en Occident.

    La portée franche de mes propos ne m'empêche nullement de compatir au drame vécu par les familles et les proches des défunts. Je suis bien sûr touché : c'est mon pays de naissance, de vie, qui a été atteint. Je suis seulement surpris et embarrassé par tout cet étalage patriotique fondé uniquement sur l'émotion alors que c'est l'honnêteté (et non la sincérité), l'authenticité (et non le sursaut émotionnel), le courage individuel (et non le suivisme collectif) qui devraient prédominer nettement et sans partage. Or, ce n'est pas le cas.

    Je dis souvent que je suis Breton avant d'être Français. Les circonstances dramatiques actuelles n'y ont rien changé. Par contre, je reconnais tout ce que je dois à l'Etat français : une bonne instruction et l'accès à une protection sociale importante. Je suis conscient de représenter une histoire, une culture, une langue aux yeux du monde entier. Je peux vous affirmer que dans les endroits où je suis allé, à chaque fois, le simple fait d'énoncer ma nationalité mettait du rêve et des étincelles dans les yeux de tous mes interlocuteurs, y compris ceux de pays riches. C'est cette part de beauté symbolique qu'incarne la France sur terre que je ne veux pas voir mourir et qui vaut l'écriture de ce texte. Je refuse de voir autour de moi des Français de circonstances, je veux vivre avec des Français de cœur, de vrais Français, quelles que soient leurs origines et leur culture de naissance, des Français fiers de ce qu'ils sont malgré la dureté du quotidien.

    J'aimerais ainsi qu'afficher le drapeau français chez soi ou ailleurs ne soit plus perçu comme un acte suspect voire vil. J'aimerais que cet acte soit LIBRE de tout jugement de valeur et devienne un simple signe de FRATERNITÉ humaine tel que le spécifie notre devise nationale (2). Nombre de profils sur les réseaux sociaux portent les trois couleurs de la France à travers le monde. Les Français peuvent se rassurer sur leur valeur : ils sont reconnus et appréciés malgré les critiques inévitables dues aux comparaisons entre modes de vie. Ce chauvinisme un peu stupide entre pays est de bonne guerre : ils n'ont pas à se sous-estimer face aux autres peuples. Ils n'ont pas non plus à culpabiliser d'être ce qu'ils sont et d'avoir honte de leur histoire quelle qu'elle ait été : les fautes de leurs ascendants ne leur reviennent pas, et nul n'a le droit de leur faire payer ce qui A ÉTÉ... et n'est plus par conséquent. PLACE AU PRÉSENT ET A L'AVENIR ! Que les Français de tous bords s'ils sont vraiment fiers d'être un citoyen de leur pays n'hésitent pas à RECONQUÉRIR l'attribut national qui le représente : son drapeau tricolore. L''extrême-droite n'a pas l'apanage d'incarner à elle seule le symbolisme national à cause de l'abandon des autres. Mais encore faut-il regarder la réalité bien en face. C'est tout l'enjeu que nous rappelle ces terribles attentats de novembre 2015.

     

    7. UN PEU DE BON SENS... NATIONAL - je suis français chaque jour

    Le drapeau français trône sur mon autel bouddhique
    en compagnie de son homologue australien depuis 2011.

    J'ai tenu à rassembler à l'endroit où je me ressource
    et élève ma conscience les deux pays qui forment
    le socle philosophique et culturel de ma vie.

    C'est mon hommage humble et discret aux deux états
    qui comptent pour moi et façonnent mon vécu intime.
    C'est mon hommage quotidien et concret à mon histoire.

     

     

     PIERRE-LAURENT SISLEY

     

     

     NOTES ET CRÉDITS :

     

    (1) : La Tour Hexagonale  du Luc-en-Provence en bleu, blanc, rouge... un an avant la Tour Eiffel

     

    (2) : Passage spécialement dédié à Chantal C., une amie bouddhiste, qui se confronte actuellement à une réaction hostile due à l'affichage du drapeau français sur son profil Facebook suite aux attentats de novembre 2015. 

     

    Crédits photos : Le Grand Condé, LP Le Chanjour

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 20 Novembre 2015 à 20:11

    Merci pour ces mots, Pierre-Laurent, ils me parlent. En particulier ceux-ci :

    "Au lieu de provoquer une vague d'émotion positive et saine, on entretient un égrégore particulièrement négatif dont la chape de plomb va peser lourd dans l'inconscient collectif du peuple français pendant des mois sinon des années. Au lieu de la réunion des cœurs et des esprits plébiscitée, c'est le clivage qui s'imposera en maître absolu.

    (...) les Français ont désormais besoin de la souffrance et du sang versé pour se reconnaître être d'un même état souverain. Où est le message de paix là-dedans ? Que célèbre-t-on précisément ? L'unité nationale authentique ou un chagrin partagé ? Une idée durable de la France ou une simple émotion dont la puissance est démultipliée par le nombre ? La profondeur atemporelle qui réunit ou l'accessoire ponctuel qui divise ? (...)

    Tantôt, des cérémonies commémoratives purement formelles célèbrent le patriotisme et le concept de nation, tantôt, ces mêmes idées sont foulées du pied à travers un discours et des manifestations publiques glorifiant le fameux "vivre-ensemble" si cher à la gauche moderne et fondé sur une vision métissée de la population du pays. A la longue, à force de contradiction, les grands symboles nationaux ont été purement et simplement vidés de leur sens véritable. (...)

    La portée franche de mes propos ne m'empêche nullement de compatir au drame vécu par les familles et les proches des défunts. Je suis bien sûr touché : c'est mon pays de naissance, de vie, qui a été atteint. Je suis seulement surpris et embarrassé par tout cet étalage patriotique fondé uniquement sur l'émotion alors que c'est l'honnêteté (et non la sincérité), l'authenticité (et non le sursaut émotionnel), le courage individuel (et non le suivisme collectif) qui devraient prédominer nettement et sans partage. Or, ce n'est pas le cas."

    Cela me parle et en même temps je n'arrive pas à m'inclure dans cette France qui est pourtant mienne, tellement la déliquescence générale me donne la nausée, tellement je ne me reconnais en rien là-dedans. Pas dans cette France, ni dans celle d'avant. En fait, pour moi, pour que je m'y retrouve, il faudrait remonter bien avant la révolution française. Et là, les provinces, les régions reprennent une place importante. Comme si vouloir faire trop grand (l'Europe en est l'exemple type du moment) ne peut que mener à la perte. Après, je sais bien que le goût du sel reste en bouche, même lorsqu'il est dilué dans l'eau, mais, je ne sais pas, je ne le sens pas.

      • Vendredi 20 Novembre 2015 à 23:47

        Merci Odile d'avoir eu le courage et surtout le respect de lire l'intégralité du texte ! En effet, la lecture de ce dernier a été jugée jugée "fastidieuse" par un internaute... m'attaquant ainsi sur la forme et non pas sur le fond qui à l'évidence lui a déplu. Quand un texte nous est en accord avec nos idées, en général, sa lecture entière ne nous pose guère problème. Mais bon, en écrivant cet article, j'ai visé juste, et forcément, ça crée quelques remous : la vérité mise en face dérange toujours plus qu'un mensonge ou un déni de réalité confortable.

        Pour ce qui est de trouver sa place dans cette France vouée à la laideur, la déculturation, le manque de poésie, le nivellement par le bas et sa médiocrité intellectuelle, le matérialisme et l'argent roi, la superficialité, le sentimentalisme et l'indécence, j'avoue que comme vous, je peine à y créer mon espace vital. Mais, je tiens à en être ! Je resterai différent, conscient des changements sociaux et sociétaux irrespectueux envers la personne humaine tout en étant cependant porteur d'un héritage culturel de haute qualité et reconnu comme tel dans le monde entier. "les yeux remplis d'étincelles" lorsque j'annonçais ma nationalité là où j'allais étaient bien une réalité tangible : la France possède un potentiel d'évocation de la beauté et de la culture haut de gamme impressionnant et tout à fait mérité lorsqu'on se tourne sur son passé.

        Malheureusement Odile, nous ne pourrons échapper dans l'immédiat à l'établissement d'une société où la stupidité, la superficialité, le suivisme moutonnier et la vulgarité se disputent la première place, où on prend comme oeuvre de grande réflexion un tweet de 140 caractères au lieu d'un texte fouillé et référencé, où l'avis d'un présentateur télé ou d'un joueur de foot l'emporte sur celui de tout spécialiste ou philosophe éclairé. Nous vivons dans une société de l'immédiateté, de la facilité et du paraître, des choses qui étaient clairement secondaires ou dépréciées pour nos générations. Tant pis ! Le mouvement de la vie va ainsi ! Toutefois, notre manière de penser basée sur la profondeur et l'exactitude ne laisse pas indifférent et attire toujours, même des très jeunes. Par conséquent, dans ce mouvement vers un nouveau type de société déshumanisée et "consumérisée", l'unanimité ne règne pas et ne régnera sans doute jamais dans les cœurs. Comptons donc sur cette génération de résistants spirituels qui refusent la société ignoble et décadente qu'on veut leur imposer ! Allions-nous avec eux : après nous, ils porteront encore le désir de liberté et d'un monde où chacun aura sa place dans le respect complet de ce qu'il est. Surtout ne désespérons pas !

    2
    Anne
    Samedi 21 Novembre 2015 à 20:35

    J'ai été vivement intéressée, comme tu t'en doutes pas cet article, dont le thème brûlant m'a aussi interpellée la semaine dernière.

    Je suis ravie que tu t'y sois collé, (en fait, je t'attendais un peu sur ce sujet ) sachant ton honnêteté intellectuelle, tes bases solides en histoire, ta liberté de ton, ton extrême rigueur dans le traitement d'un article,ta capacité d'analyse sans concessions,  et tes qualités spirituelles, morales et littéraires. 

    Comme tu t'en doutes, mon constat est sensiblement le même, pour les mêmes raisons que toi..Comme d'habitude, il n'y a pas grand chose à ajouter, tu as développé, avec références à l'appui.

    Comme toi, je suis sidérée, que cette déferlante de BBR, (et je m'y attendais, vu les jugements à l'emporte pièce habituels, dépourvus de réflexion,-trop difficile, elle demande une argumentation à laquelle est peu habitué celui qui agresse gratuitement-) ait  donné lieu  à des  polémiques et des accusations extrêmement péjoratives...

    Comme toi, je m'insurge contre le mépris récurent pour toutes les symboles historiques de ce pays, qui font passer celui qui les respecte (et tous les passionnés de son histoire, ou de sa culture) pour des réactionnaires, ou pire des  nationalistes...

    J'ai vu la semaine dernière, souffler, après le vent tricolore, le vent de la suspicion, puis celui écœurant de l'accusation...
    Comme toi, je pense depuis longtemps, que les idéologues, artisans du mépris de notre passé historique d'une richesse exceptionnelle, et de cette culture qui fait l'objet d'une admiration certaine dans le monde, portent la responsabilité du déclin inéluctable de cette société.
    Tu as parfaitement démonté les rouages de cette dérive, qui allie mépris, condescendance, morale dogmatique, sans oublier le monopole de l'humanisme, qu'ils se sont définitivement appropriés, aux insupportables soupçons contre tout ceux qui affectionnent ses symboles,(et son histoire) pourtant indissociables de ses valeurs !
    C'est d'une épouvantable injustice, Et je me révolte contre cette nocive habitude, de faire passer ce pays plein de valeurs, et son peuple , pour un ramassis d'intolérants, racistes et réactionnaires.
    Tu poses la bonne question (et tu y réponds)...Pourquoi cette idée d'appartenance nationale est elle si mal vue ? 
    Pourquoi dénigrer, humilier, et faire taire systématiquement ceux qui revendiquent encore leur fierté , et leur amour de ce pays et de sa culture ? (comme si cet amour était synonyme de fermeture à l'autre, comme si elle était incompatible avec les valeurs d'humanismes et de tolérance qu'ils considèrent comme leur monopole, et qu'ils nous refusent …)

    Comme tu le soulignes, dans bien des pays, rien que le fait d'annoncer sa nationalité française, déclenche dans le regard de l'autre admiration et respect pour cette culture...
    Ma famille l'a vérifié en Allemagne,Italie,  en Finlande, aux Usa, en Australie, entre autres..

    Cela en dit long, sur la vision « démocratique » de ceux là même,qui nous imposent leur doxa, si prompts à stigmatiser l'autre qui ne pense pas comme eux... Je les  trouve terrifiants .
    La pensée unique est malsaine, elle plombe ce pays, et augmente les clivages et les rancœurs de manière désolante.
    Ces dérives me deviennent insupportables...
    J'en suis venue à rejeter systématiquement ce monde politique, et leur en veux profondément des ravages qu'ils font ...(Tu as oublié de citer leur figures emblématiques du passé, dont ils se gardent bien de dire qu'elles ont tenu des discours racistes, dans leur propension à réécrire l'histoire)
    Le pire , comme tu le soulignes , étant que nous soyons mis à l'index, alors que nos valeurs sont proches de cette vraie gauche disparue, historique populaire et nationaliste..Je partage ton sentiment concernant Michel Onfray., entre autres...

    Je retiens ces mots « rester factuel, objectif, tolérant, avec sagesse »
    Rien que le fait d'écrire un article sur le sujet, jette sur toi un regard soupçonneux, quand à ta couleur politique...On marche sur la tête...
    Oui, la cohésion sociale n'existe plus, et ils en sont pleinement responsables....Ils devront en répondre.

    Pour ma part, je reprends tes derniers mots, et souhaite profondément que ton lectorat soit allé au bout de ton texte, pour ne surtout pas les manquer :

    « c'est cette part de beauté symbolique qu'incarne la France sur terre que je ne veux pas voir mourir. Je refuse de voir autour de moi des français de circonstances, je veux vivre avec des français de cœur, des vrais français, quelque soient leurs origines et leur culture de naissance, des français fiers de ce qu'ils sont malgré la dureté du quotidien .
    J'aimerais ainsi qu'afficher ce drapeau français chez soi, ou ailleurs ne soit plus perçu comme un acte suspect voire vil. J'aimerais que cet acte soit libre de tout jugement de valeur, et devienne un simple signe de fraternité humaine tel que le spécifie notre devise nationale. »
    « les français n'ont pas à se sous estimer face aux autres peuples, ils n'ont pas non plus à culpabiliser d'être ce qu'ils sont et d'avoir honte de leur histoire qu'elle qu'elle ait été : la faute de leurs ascendants ne leur reviennent pas , et nul n'a le droit de leur faire payer ce qui a été...et n'est plus par conséquent. »

    Et je te plussoie sur ton commentaire à ta lectrice...Moi aussi je peine à trouver ma place....

      • Samedi 21 Novembre 2015 à 21:42

        Merci infiniment pour ce copieux commentaire très facile à lire au demeurant malgré la police de caractères très petite. Un texte bien construit est toujours aisé à parcourir pour l'esprit et l’œil.

        Je ne reviens pas sur l'argumentation qui appuie la mienne. Par contre, je vais retenir le fait d'avoir "oublié" de faire référence à des personnalités historiques vénérées à gauche et dont on a réécrit le contenu de pensée : Jules Ferry, Jean Jaurès par exemple, mais il y en a d'autres. J'ai pensé un moment placer certains de ces noms dans la partie sur l'antiracisme... puis j'ai effectivement oublié, en vrai. Du coup, je publierai un jour un article sur ce thème... pour bien mettre les choses au clair. Déjà, l'une des icônes historiques de la gauche, bien que non française, Darwin en prend plein la figure en ce moment. La gauche encense ce nom pour démontrer que tout n'est qu'affaire d'adaptation sociale et d'évolution et que le mouvement de la société est de n'aller que vers le meilleur, le fameux "progrès". Or, Darwin était un raciste notoire et un opportuniste avide de célébrité... quitte à truquer ses études pour les faire aller dans un sens qui sied à l'élite sociale de l'époque dont il rêvait de faire partie.

        Tu sais, j'ai vu que tu avais mis Voltaire en arrière-plan de ta page FB : cette figure très "sociale-démocrate", très politiquement correcte, est désormais de plus en plus controversée : beaucoup des idées de M. Arouet ne seraient pas de lui, et en outre, il professait des thèses auxquelles il ne croyait pas lui-même juste pour se faire bien voir et parce que ça correspondait à l'esprit des Lumières. De + en + d'historiens affirment désormais que Voltaire était en fait un rat de cour, avide de gloire, jaloux comme une teigne des autres favoris des Grands d'alors, et qui par opportunisme, était capable de dire tout et son contraire, parfois dans la même année ! Bref, Voltaire était la mauvaise foi incarnée. J'ai écouté plusieurs émissions sur les Lumières qui ont démoli la "légende" bâtie autour par la Franc-Maçonnerie. Tu vois, la revisitation toxique de l'Histoire peut même se nicher dans nos choix malgré nous. Mais je te rassure, je suis tombé dans le panneau moi-même avec Darwin notamment ou Jaurès. Alors...

        Sinon, tout en déconstruisant certains mythes socialistes, j'en réhabiliterai d'autres rejetés par la doxa PS/PC tels Marie-Antoinette et Louis XVI pour lesquels tu connais mon intérêt profond. De voir cette reine qui a honorablement représenté la France n'être plus décrite que comme une femme sotte, superficielle, m'irrite de plus en plus, tant au contraire, elle était fine et très intelligente. Et c'est pour ça qu'elle a été discréditée car elle représentait un réel danger pour les "révolutionnaires". Quitte à mentir, se sont-ils dit : allons-y gaiement ! Attaquons la reine pour atteindre le roi par ricochet !

        Voilà quelques pistes futures d'écriture... dans un avenir plus ou moins lointain.

        Je te dis "A bientôt !" pour d'autres contributions... et a nouveau merci du soutien.

    3
    Anne
    Samedi 21 Novembre 2015 à 22:54

    Petite précision :

     

    Tu vas rire, mais le choix de Voltaire n'est pas anodin...

    Il y a dans ce choix, un joli pied de nez de ma part...Je sais la part d'ombre du philosophe, je l'ai choisi lui, parce que justement, auprès de la bien pensance, il est glorifié, et inattaquable, il me permet de faire passer mon message de révolte..En toute lucidité..J'utilise les mêmes armes  yes

    Conviens qu'avec une autre personnage historique, j'aurais pu être pointée du doigt, dans le sens que nous déplorons tous deux, la plupart connaissant ma passion de l'histoire, et de la culture de ce pays qu'il n'est plus de bon ton d'aimer...

     

    Après, tu sais également, que comme toi, je fais partie de ceux qui pensent le plus grand bien de ce couple royal, bien mal connu,  que d'aucun ont décrit comme faibles, superficiels, légers, incompétents...

    Dans la galerie des socialistes emblématiques et racistes, je pensais effectivement à Ferry, et Jaurès, j'ajouterai à ta liste Paul Bert, et à un degré moindre Léon Blum dont on va lui laisser le bénéfice du doute quant à l'interprétation de ses propos..wink2

     

    4
    Dimanche 22 Novembre 2015 à 15:05

    Une chose m'interpelle, dans vos dires à tous deux, Pierre-Laurent et Anne, vous dites être proche des valeurs de la vraie gauche disparue. Pourriez-vous développer ce qu'est pour vous cette vraie gauche disparue ? ou peut-être dans un autre article, étant donné l'ampleur de la tâche, ou un premier aperçu, ici. (?)

      • Dimanche 22 Novembre 2015 à 22:45

        L'idée d'écrire un article sur ce qu'est la vraie gauche est intéressante. Je verrai. Pour en revenir à votre question,ce que j'appelle la gauche authentique, c'est la gauche politique populaire c'est-à-dire historiquement proche des classes ouvrière et moyenne inférieure. Dans mon texte, je touche en partie ce sujet lorsque j'évoque la manière dont le PS a délaissé la classe ouvrière, son vivier de voix séculaire et originel, lorsque ses dirigeants se sont aperçus qu'elle leur préférait le FN peu à peu. Les socialistes ont alors créé de toutes pièces l'idéologie de l'antiracismeavec en plus une association destinée à la promouvoir, SOS-Racisme, dont le premier responsable était Harlem Désir devenu depuis un des ténors du PS en toute logique.

        Mon père était ouvrier et je le voyais parler lorsque j'étais môme du PS et du PC avec foi : il croyait en ces partis pour améliorer sa vie dure de prolétaire. Mais très vite, après l'élection de Mitterrand, il a déchanté : il a vu que ce parti historiquement bâti pour des gens comme lui s'en éloignait de plus en plus pour tomber dans une politique destinée à satisfaire les envies de bonne conscience de bourgeois en mal avec leur statut social aisé (les fameux bobos !). L'antiracisme à la sauce socialiste depuis 1984, c'est essentiellement un idéal, une pensée floue, confuse, abstraite car elle n'est née que de l'impuissance des gouvernements PS/PC d'alors à endiguer la montée du chômage qui touchait d'abord les ouvriers. Cette idéologie est un alibi à l'absence de solution à un problème concret : face à une réalité adverse, on a préféré se réfugier dans le monde des concepts... pour trouver un nouvel électorat destiné à remplacer celui qu'on ne parvenait pas à aider. Du coup, comme l'antiracisme socialiste n'est pas porté par le terrain, il en est devenu très artificiel, inexact, et surtout très manichéen : le "pauvre" immigré face au "méchant" blanc exploiteur. C'est en fait la vieille rengaine du blanc colonisateur revue et corrigée avec toutes les interprétations, inexactitudes et raccourcis douteux qui l'accompagnent. C'est en gros un mensonge sur tous les plans : l'exagération est son moteur, l'arbitraire son énergie, le simplisme et l'émotion son chemin de prédilection. A mon avis, on est bien loin de l'esprit de la gauche d'origine proche du peuple et des idéaux rattachés : on est maintenant devant une gauche bourgeoise qui ne pense qu'à se maintenir au pouvoir quitte à s'associer avec les idéaux capitalistes qu'elle affectionne particulièrement désormais. C'est une gauche d'apparat... et une vraie droite financière et affairiste qui ne s'assume pas : toutes les lois sociales ou économiques les plus récentes votées par le PS le prouvent. Entre le PS et l'UMP devenu Les Républicains, les différences n'existent pratiquement plus. Les socialistes prétendent être différents en public afin de justifier leur rôle politique qu'ils savent nul, inutile, puisqu'ils sont devenus des doubles quasi-parfaits de la droite classique. On est devant une tromperie officielle organisée : on feint de s'opposer publiquement afin de garder les voix de ceux qui croient encore à l'opposition frontale droite/gauche, le pivot de notre système électoral.

        Voilà Odile, j'espère avoir été clair. En résumé, la vraie gauche est la gauche prolétaire défendant les intérêts du petit peuple. Elle n'a rien à voir avec les attentes et rêves sociaux des classes bourgeoises dites "bohèmes" qui n'assument pas leur statut et tentent de se dédouaner moralement par des postures idéologiques qui sont un nouveau catéchisme adapté au format laïc avec tout ce que l'imposture éthique peut y apporter de frelaté.

         

    5
    Lundi 23 Novembre 2015 à 08:26

    Merci pour ce développement, Pierre-Laurent. Donc si je vous dis qu'au fond, votre idéal, c'est le marxisme, vous êtes d'accord ?

      • Lundi 23 Novembre 2015 à 19:45

        Non plus ! Trop radical ! C'est plutôt une reconnaissance de la valeur de la classe populaire ouvriers et employés voire petits artisans confondus. Je ne rejette surtout pas le monde de l'entrepreneuriat quand il reste connecté au réel et ne se perd pas dans la finance et le commerce hors terrain. Marx, c'est la dictature du prolétariat malgré une critique légitime du capital, et moi, tout ce qui est dictature, c'est non. Ma pensée de gauche se mâtine très bien avec des valeurs dites de droite qui sont le mérite, le sens de l'effort, le respect des règles de droit (si elles ne blessent pas la personne humaine bien sûr) qu'on ne remet pas en cause pour un oui ou un non selon l'état de son ego, le respect de la personne humaine dans ce qu'elle de plus intime : sa vie à travers le respect son corps et de son esprit. le respect de la différence culturelle au sens plein, c'est-à-dire sans assimilation ou métissage imposé (chacun reste ce qu'il mais s'accepte mutuellement sans barrière morale), etc. En fait Odile, je suis dans un entre-deux, au milieu.

        Ceci dit, je n'ai pas envie de me placer dans une case politiquement : ma position est inclassable. Car en plus de tout ça, j'ai une tendance royaliste assez confirmée : je rêve d'une monarchie constitutionnelle façon scandinave avec un monarque qui détient un rôle de symbole atemporel, comme un bon parent, gardien de l'équilibre de son pays, avec le ministère de la justice directement sous son autorité, et un peuple à côté qui choisirait des représentants pour un court terme par tirage au sort façon Grèce antique (cf Etienne Chouard et son discours de réhabilitation de la vraie démocratie telle qu'elle était à ses origines : non-délégataire). Je suis un grand admirateur de Louis XVI, roi social par excellence qui a signé plusieurs décrets très avantageux pour le peuple et qui a eu une attitude publique très protectrices à l'égard de la culture artistique et littéraire et de la science.

        Vous voyez mon schéma politique intime est plutôt complexe. Et si en outre, vous ajoutez mes références morales tirées du bouddhisme et de mes ascendances catholiques, vous avez à la fin un tableau très nuancé mais COHÉRENT. Ça peut sembler de bric et de broc de l'extérieur mais vraiment, tout est logique et harmonieux en soi. Mes valeurs s'y retrouvent pleinement.

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    6
    Lundi 18 Janvier 2016 à 19:33

    Personnellement, je n'ai aucun problème avec le drapeau français, qui, selon moi, n'appartient pas à tel parti politique plutôt qu'à un autre. D'ailleurs, sauf erreur de ma part, le drapeau français est antérieur aux partis politiques. Je tiens moi-même à rester totalement libre de penser ce qui me plaît, c'est pourquoi j'ai choisi de n'appartenir à aucun groupe politique, religieux, social que ce soit. 

    Ce n'est pas pour autant que je n'aime pas mon pays ni ne suis fière d'être française, bien au contraire.  Quand on observe bien ce qui se passe dans d'autres pays, je trouve que nous n'avons pas trop à nous plaindre. Par exemple, quel pays peut se vanter d'avoir un système de santé aussi bien organisé que le nôtre, au point que tout un chacun peut être soigné, quels que soient ses moyens financiers ou son origine sociale ?

    Quant à moi, je n'ai pas attendu les tragiques événements de novembre pour dénoncer ce que je croyais utile de dénoncer, et je ne suis pas la seule. Il y a, bien sûr, toute une légion d'opportunistes qui n'ont pas l'habitude de réfléchir et qui se laissent prendre par cet effet de foule gargarisant qui leur permet d'assouvir leurs penchants négatifs, ces penchants qu'il est mal vu, en temps normal, d'assouvir seul. Mais il existe aussi de vrais sincères, heureusement, des personnes à l'esprit ouvert et généreux qui ne s'émeuvent pas seulement des catastrophes qui ont lieu sur leur sol, mais qui possèdent aussi ce que j'appelle l'âme de Socrate : "Je ne suis ni athénien ni grec, mais un citoyen du monde." Selon moi, la vraie liberté, c'est de pouvoir dire : je suis français, ou espagnol ou italien ou autre, et citoyen du monde en même temps. Tant qu'on est l'un ou l'autre, on est incomplet. Car nous avons tous besoin les uns des autres, nous avons tous besoin de nous respecter les uns les autres, avec nos différences de couleur, de tradition, de religion... si  nous voulons vivre libres.

    Le plus gros problème de nos sociétés dites civilisées, c'est l'individualisme. C'est le même problème quelque soit le parti politique auquel on appartienne, c'est vrai aussi pour les religions, qui se veulent toutes la seule véritable. Le vrai problème,c 'est qu'on ne regarde pas le monde objectivement mais toujours comparativement à ce que nous sommes, ce que nous pensons, ce que nous vivons.

    Prenons le temps d'observer l'une des dernières tribus d'Amazonie (lesquelles sont malheureusement menacées d'extinction, les pauvres) : ont-ils besoin d'un drapeau eux, de parti politiques ? D'églises ? Non. Parce que leur peuple est uni.  Non par philosophie, même pas par nécessité. C'est juste leur manière naturelle de fonctionner.

    Après cela, nous pourrions discuter pendant des heures, nous aurions raté l'essentiel, au lieu de nous pencher sur ce fabuleux secret de vie qu'eux-mêmes détiennent et qu'à l'inverse de nous, ils seraient heureux de partager. Mais non, nous préférons croire que nous leur apportons réellement le progrès.

    Dans l'état actuel de notre planète, notre monde acceptera un changement sociétal ou ne sera pas.

    Amicalement,

    Martine

     

      • Mardi 19 Janvier 2016 à 05:04

        Eh bien quel beau commentaire ! Très profond, clair, précis et honnête. J'adhère en fait à tout ce que vous dites Martine. Je retiens surtout l'idée de se savoir appartenir à une culture tout en s'ouvrant à celle des autres. Là est l'essentiel.

        Pour ce qui est des Indiens d'Amazonie, ils n'ont pas de drapeau ou d'autres symboles extérieurs de leur culture parce qu'ils ne fonctionnent effectivement pas en terme de territoire absolu, bien délimité. Ils se fondent avant tout sur l'existence du groupe humain par lui-même. Toutefois, une grande majorité de civilisations ont eu le besoin d'avoir recours à des symboles culturels et territoriaux, comme en Afrique, en Amérique centrale ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée par exemple. Ces symboles pouvaient être des statues ou des piquets de bois plus ou moins épais portant divers objets (crânes d'animaux, crânes humains, masques...) ou sculptés, etc. L'habillement jouait aussi un rôle lors de cérémonies officielles face à un visiteur étranger : couleurs, matières et formes précises montraient de suite le rang social de la personne et à quelle tribu ou civilisation elle appartenait. Notre besoin d'identification à un symbole national n'est donc pas si stupide et anodin : c'est un réel élément culturel, profond, intime même, et historiquement éprouvé depuis la plus lointaine Antiquité et sans doute avant.

        Un point m'a interpellé dans votre discours : l'individualisme qui rend nos échanges sociaux si mornes en Occident comme une cause de ce soudain rassemblement important est une idée juste. Effectivement, tout à coup, je réalise que ce fait divers tragique du 13 novembre dernier a certainement permis à beaucoup d'expulser une négativité, des tensions internes via les pleurs et l'excès d'émotion. Une forme de catharsis collective en somme.

        Je terminerai ma réponse par le fait que oui, notre drapeau est né bien avant notre 5è république, avec la Révolution de 1789. Il a parfois subi quelques modifications mais elles étaient mineures. Et j'achèverai tout à fait en disant que je ne connaissais pas cette citation de Socrate. Apparemment, nos problèmes de tolérance actuelle ne seraient finalement pas si récents : cette phrase évoque une idée aujourd'hui très en vogue, celle du citoyen du monde.

        Bien à vous ! smile

      • Mardi 19 Janvier 2016 à 17:01

        J'apporte une 2è réponse à votre commentaire Martine après réflexion. En effet, l'opposition entre civilisation occidentale et civilisation des indiens d'Amazonie que vous faites renvoie à l'opposition individualisme / collectivisme que vous posez. Je me suis soudain rappelé que la manipulation mentale est toujours plus aisée sur un individu isolé que sur un groupe. Or, si nous vivons bien en les uns près des autres en Occident, notre culture consumériste nous pousse à mettre en avant nos attentes et désirs personnels, à ne nous intéresser qu'à notre ego principalement. Ce qui produit une désunion de fait à l'intérieur des gens, un manque de solidarité face aux autres. A la longue, ce manque de proximité avec les autres, ce manque d'échange et de collaboration, affaiblit la personnalité individuelle : celle-ci n'a aucun retour régulier, aucune opposition aussi propre à la faire évoluer et se renforcer.

        L'individualisme occidental aboutit à produire des individus mous en dedans, égotistes... et suiveurs des modes comme des idées car l'inconsistance intellectuelle et éthique dans laquelle se complaisent nombre de personnes les rend très influençables et donc manipulables. Le "Tous Charlie" et "Tous à Paris" obligatoires en sont une preuve évidente : ça pue la manip' à plein nez. Ça ,tombe tellement à pic pour relancer la popularité d'un président bien mal en point dans les deux cas. C'est ce manque de réflexion, cette absence d'exigence et de rigueur avec soi-même et cette propension à critiquer l'avis divergent tout en se pliant devant l'autorité docilement qui est en fond de la critique exprimée dans mon article 7 ci-dessus. Je déteste l'incohérence : elle produit tant de souffrance pour soi et autour de soi, mais surtout autour de soi. D'ailleurs, je rappelle dans l'article suivant "A propos de justice sociale" que tout part de soi : rien ne sert de vouloir un monde meilleur si soi-même, on ne se réforme pas de l'intérieur. Améliorer la réalité n'est pas affaire de sentiment mais de congruence et de rigueur avant tout. Lorsqu'on est cohérent et honnête avec soi, on est plus solide et fiable : on est plus hermétique à la manipulation des puissants et des profiteurs. Ceci dit, dans tout ça, je n'oublie pas que si une bonne majorité demeure aveugle des vrais enjeux politiques et socioéconomiques autour d'eux, une minorité plus éclairée a déjà commencé à agir pour faire évoluer les choses.

        Bien à vous ! happy

    7
    Jeudi 19 Mai 2016 à 23:38

    Je crois que je vais encore choquer, mais pour moi un événement tragique est un événement tragique !!! point   !!!

    Peu importe l'endroit ou il se situe et je ne comprends pas qu'on le rattache à un pays et encore moins à un drapeau !!! en gros, les attentats de Paris ne sont pas plus horribles que ceux de Bruxelles ou d'ailleurs, ....... je suis française c'est un fait mais je n'en retire ni honte ni fierté !!! j'accorde une grande importance à la solidarité, mais pour moi elle n'a pas de frontière !!!

    Aie, je sors vite avant de me faire jeter dehors he

      • Vendredi 20 Mai 2016 à 01:41

        Nous sommes entièrement d'accord sur l'essentiel : peu importe où la violence meurtrière frappe, elle est illégitime et malvenue ! Du coup, je suis d'accord avec toi pour dire que le choc devant cette horreur aurait dû être + pudique et moins tape-à-l’œil. Puisque habituellement, notre étendard divise et se retrouve critiqué par toute une masse de gens à gauche politiquement, il aurait dû rester dans les armoires et placards des établissements publics. C'est cette incohérence que je n'ai pas comprise : voir ceux qui ne cessent de honnir quotidiennement un symbole national s'en saisir sous le coup de l'émotion et lors d'un acte tragique m'a semblé du + mauvais goût et terriblement indécent, irrespectueux à l'encontre des morts et des blessés. C'était juste une manœuvre de récupération politique savamment orchestrée par le PS et toute la clique droite/gauche au pouvoir depuis des années : ouvrir le bureau des pleurs et du sang pour obliger les gens à voter avec leur cœur meurtri et choqué en faveur de mesures coercitives (ex : l'état d'urgence).

        Entre-temps, des attentats ont eu lieu au Mali et dans d'autres pays d'Afrique depuis novembre 2015: aucun retour médiatique. Ce qui confirme bien que cette tragédie est au fond une mascarade. La solidarité s'arrête donc bien aux frontières... des états pauvres ou inintéressants géopolitiquement pour l'Occident et son maître incontesté, les USA.

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