• 6. NOVEMBRE, INTIME ET SACRÉ - transition, transformation, unification

     

    Novembre aurait pu n'être qu'un simple moment de l'année pour moi mais il est bien plus : il représente le temps de l'abandon, du passage, de la régénérescence intérieure et du progrès personnel. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, chaque année, j'achève un cycle de 12 mois et en commence un autre. Je vis ensuite 30 jours intenses où alterneront véritables secousses telluriques intimes et douces périodes de calme intérieur. L'arrivée de novembre signe chaque année une période de métamorphose silencieuse et d'engrangement. Je me rencontre à nouveau au plus profond de mon être : bilan et mise au point sont au rendez-vous, sans concession, dans l'union absolue de tous les contraires qui composent ma personnalité. Tout le reste de l'année qui suit dépend de ce que je décide de laisser ou de conserver à ce moment-là. En moi, c'est le temps du débat et du dialogue.

    6. NOVEMBRE, INTIME ET SACRÉ - transition, transformation, unification

    Novembre est arrivé. L'année en cours annonce sa fin prochaine. Nous sommes au cœur de l'automne. Quand la nuit vient plus tôt et s'éternise au petit matin, le jour, lui, prend congé de nous plus vite, semblant aussi fuir l'humidité ambiante et la fraîcheur croissante. Partout la plupart des arbres arborent, élégants et beaux, des parures colorées, parfois lumineuses, donnant à voir comme chaque année un spectacle magnifique voire somptueux... à quelques exceptions prêt à cause de la poussière et de la pollution urbaine notamment. 

    Chaque mois de novembre, le 4 particulièrement, jour de son départ définitif, je pense à une personne que j'ai beaucoup aimée : Samuel... mon ami aux boucles blondes et au cœur empreint d'une bonté naturelle. Mais d'autres partis comme lui trop tôt m'ont laissé avec un grand manque également : Christophe, Nicole, Emmanuelle, Matthias, Philippe, Benoît, tous morts trop jeunes, et plus récemment, mon médecin qui m'a tant aidé, soutenu et apporté dans mes combats et projets personnels. Dès que je pense à eux, c'est toujours nos meilleurs moments partagés ensemble qui reviennent en moi et me poussent à avancer sur mon chemin. Je souris en me remémorant Matthias, jeune homme handicapé qui m'a fait tant rager parfois au travail mais dont le fond pur et la tendresse ne laissaient personne indifférent. Son décès brutal en mars 2011 a surpris et peiné beaucoup de mes collègues comme moi-même.

    Depuis mon enfance, novembre a toujours été dans ma vie un mois essentiel avec une influence très forte et immédiate sur décembre puis janvier et février suivants. Au cours de cette période cruciale, les cartes de mon avenir à court terme se redistribuent : la tonalité générale de mon existence pour l'année civile qui suit se dessine alors. Ma vie est ainsi faite : c'est son rythme. Le dynamisme pour moi, l'action, c'est plutôt en automne et en hiver. Dans l'hémisphère nord en tout cas.

     

     

    1. Novembre : temps sacré du passage et période de bilan

     

    6. NOVEMBRE, INTIME ET SACRÉ - transition, transformation, unificationNovembre est concrètement le temps du passage, de la transition, de la redéfinition dans mon existence : je quitte quelque chose pour aller vers autre chose de nouveau. En cela, je rejoins naturellement l'esprit de mes ancêtres celtes(1) qui célébraient à cette époque de l'année, Samain(2) (prononcé saô-win, sô-in ou sôw'n), période de suspens temporel, de latence, allant de la saison de la Lumière vers celle de l'Ombre, sans le sens négatif qu'a apporté à ce dernier mot par la suite le christianisme. Pour les Celtes, l'ombre signifiait simplement l'entrée dans une autre dimension, l'invisible, le désincarné, le pays des défunts. Aucune connotation liée au mal, aux fameuses Ténèbres, royaume de Satan. Samain, la fête sacrée de l'entre-deux mondes, symbolisait la rencontre de ces deux dimensions, l'ombre et la lumière, durant le temps des festivités. Les morts pouvaient venir visiter les vivants. Cette brève période était considérée comme déconnectée du lien temporel entre passé, présent et futur selon les croyances d'alors. Le temps de Samain était très spirituel, profond ; il n'appartenait ni à l'année écoulée, ni à celle qui venait. Cette fête religieuse marquait le passage vers ce que nous pourrions qualifier de nouvel an celte, le renouveau. D'où la présence importante du feu dans les cérémonies de purification menées par les druides afin de protéger les populations des influences spirituelles négatives et de tout recommencer sur de nouvelles bases. Et je n'en reviens pas en écrivant ces mots comment ma vie s'est calquée sur ce système de croyances à mon insu. Effets karmiques, loi de causalité sans doute. Ça dure depuis mon enfance. Ce qui explique pourquoi le nouvel an officiel que nous avons fixé arbitrairement au 1er janvier n'a jamais eu grand sens à mes yeux : ma vie n'y a jamais adhéré. Culturellement, je le partage mais au fond, j'en suis complètement absent. Au moment où ce jour arrive, mon année intérieure est déjà bien entamée.

    Novembre clôt souvent une période de bilan personnel qui pour moi s'étale de septembre à octobre. C'est là que je passe en revue les événements de l'année écoulée, mon année à moi, selon mon calendrier interne. Mes réussites, mes échecs, mes projets en cours, les arrivées et les départs de gens : tout y passe de manière involontaire. Je jauge et soupèse ce qui peut être maintenu et ce qui doit être abandonné. Tout ressort en moi de manière intense. C'est la raison pour laquelle je pense à certains défunts plus ou moins proches plus fortement à chaque fois au cours de cette période... même si j'ai toujours une pensée discrète pour eux tout au long de l'année. Novembre est simplement mon mois de cœur, un temps où je me recentre sur moi, entre intime et sacré, où les voix du passé viennent dialoguer avec celles du présent. Chaque novembre, le Grand Conseil de ma vie se tient : je renouvelle mon vœu de m'accomplir complètement sur terre et d'apporter ainsi ma meilleure contribution au monde. Je réaffirme et renforce mon intention de créer l'avenir qui me sied. Je réitère mon serment de loyauté à l'égard de ma vie : ne jamais abandonner l'essentiel, continuer sur ma voie, croire, agir au mieux, accepter mes erreurs et les corriger, persévérer.

     

     

    2. Prendre conseil de soi : un moment de clarté intime qui soigne le corps et l'esprit

     

    Cette idée belle et singulière du conseil qui se tient en notre intérieur m'est venue suite à des conversations avec mon ancien médecin décédé l'an dernier vers cette période justement, assez étrangement. Ce dernier m'avait toujours décrit les dialogues intérieurs que nous avons tous en cas de crise ou de difficulté à choisir une voie plutôt qu'une autre comme étant des moments très importants dans nos vies : ils nous permettent de réfléchir avant de prendre une décision et de nous engager définitivement dans une direction. Ces temps de retour sur soi nous mènent à peser le pour et le contre au sujet d'un problème ou d'une question dont l'enjeu nous importe. C'est la recherche de l'équilibre : abandonner l'accessoire voire l'inutile au profit de ce qui compte vraiment. Mon docteur m'encourageait toujours à "prendre conseil de moi" selon son expression : il m'invitait à laisser les différentes parties de mon être dialoguer entre elles, toutes quelles qu'elles soient, même celles avec lesquelles j'étais en désaccord ou mal à l'aise, puis ensuite laisser le discernement s'imposer afin que la solution adéquate surgisse. Grâce à lui, j'ai appris à mieux accepter mes zones d'ombre, la partie tourmentée de ma personne, et à dépasser colère et frustration, ce qui a eu une effet extrêmement positif sur ma santé.

    6. NOVEMBRE, INTIME ET SACRÉ - transition, transformation, unificationPour mon ancien docteur, ces temps de réflexion n'étaient en rien de la masturbation intellectuelle : ils étaient des moments privilégiés pour se retrouver, s'écouter et laisser parler son intuition, un moment de dialogue avec son Soi, notre être véritable, hors des influences sociales. C'étaient des moments opportuns pour dénouer certains conflits intérieurs vecteurs de tensions internes dont l'absence de réponse appropriée rejaillit à travers un dysfonctionnement physique dans notre vie un jour ou l'autre. Aussi, l'attention portée à son corps lorsqu'il est atteint d'un trouble quelconque revient au bout d'un moment pour une personne avec une conscience élevée des choses à s'intéresser à son esprit. Le bouddhisme voit notre enveloppe charnelle comme étant le temple sacré où tout ce qui fait ce que nous sommes vit et se structure en une entité émotionnelle complexe. C'est pourquoi en prendre soin importe tant : elle est notre véhicule qui permet à notre Soi d'accomplir son oeuvre sur terre, d'être nous-mêmes au plus infime et subtil, si bien sûr, aucune interférence n'intervient entre-temps. Soigner son corps, c'est soigner son esprit... comme soigner son esprit, c'est soigner son corps. S'ouvrir à cette relation d'aller-retour permanent entre les domaines psychologique et somatique, c'est se permettre de revenir aux causes originelles qui ont créé la maladie qui nous fait consulter un médecin et de les traiter efficacement. En médecine holistique, tous nos maux physiques trouvent leur source dans des désordres psychiques petits ou grands, dans des attitudes toxiques devenues parfois si familières que nous les considérons à tort appartenir à notre personnalité.

    Une attitude induit un comportement qui nous fait agir de telle ou telle manière (choix alimentaires, choix vestimentaires, rythme de vie, etc.) pour notre bien ou l'inverse. A la longue, l'effet se voit sur le corps, et parfois plusieurs années s'écoulent entre le moment ou nous choisissons d'adopter une attitude précise et les effets tangibles sur nous... et notre environnement. Ce qui explique pourquoi tant de gens dénient, souvent sincèrement, leur responsabilité dans l'apparition d'une maladie : ils ne voient pas le lien entre la cause et l'effet, sans compter que notre société occidentale rationaliste tend encore à séparer nettement les plans psychique et physique, refusant d'admettre par exemple la relation entre notre mental et certains types de cancer ou le diabète. Même quand nous attrapons un rhume lors d'une promenade en plein hiver, nous pouvons incriminer le hasard, la malchance ou les circonstances, mais c'est bien nous qui avons décidé de sortir à un certain moment et qui inconsciemment, nous sommes mis en posture de tomber malades. Le choix de sortir en plein froid intervient mais aussi la qualité de notre vécu quotidien (alimentation, rythme) qui agit sur la tonicité de notre système immunitaire qui dans ce cas précis a failli. Quelqu'un d'autre ne serait pas forcément revenu enrhumé après une telle balade ou aurait tout bonnement refusé de sortir.

     

     

    3. Revenir vers soi , c'est se respecter et se resituer à sa juste place dans l'univers

     

    Accorder de l'attention à la santé de notre corps comme à celle de notre esprit est un acte de bienveillance basique à notre égard. C'est nous autoriser à rester dans le monde de la matière plus longtemps et dans les meilleures conditions possibles, en tout cas de tout faire pour ça, afin de jouir sur une plus longue durée de sa réalité et d'accomplir plus avant notre voyage ici-bas. A bien y regarder, lorsqu'on voit les liens si étroits qui unissent le corps et l'esprit humains, il paraît aberrant que la médecine occidentale ait pu à ce point les séparer et ne se soit focalisée que sur le seul champ physique occultant tout le reste. Toutefois, cette attitude étroite est rediscutée de nos jours et enfin controversée. Mon ex-médecin s'en était fait l'un des fers de lance : homéopathe uniciste(3) réputé au plan international, il avait su interroger sa pratique et s'ouvrir à d'autres méthodes thérapeutiques. Lorsque je me retrouvais en consultation dans son cabinet, j'étais considéré comme un être GLOBAL, toujours. La frontière entre corps et esprit n'existait plus. Grâce à lui, j'ai eu des résultats très efficaces : chaque problème de santé était pris dans son intégralité, la procédure de soin traitant le mal à sa source et non plus son seul symptôme.

     

    6. NOVEMBRE, INTIME ET SACRÉ - transition, transformation, unification

     

    Notre corps est finalement le terrain de rencontre entre deux énergies antagonistes : vivre et mourir. Il est au confluent de l'incarnation et de la désincarnation qui s'unissent en lui sur l'autel universel. Ce que nous commençons enfin à comprendre et à accepter en Occident, bien des peuples dits primitifs le savent depuis des siècles déjà. Plus près de nous, la civilisation celte honorait aussi cette dichotomie intrinsèque de la vie et rendait hommage à la mort parce qu'elle appartient à l'existence humaine tout simplement. C'est ce que j'ai rappelé plus haut en évoquant la grande fête automnale de Samain. L'obscurité plus présente à cette période de l'année rappelait aux peuples celtes que la lumière n'est jamais seule et que tout peut cesser à tout moment : l'hommage aux esprits des morts n'était en fait qu'un hommage rendu à l'individu qu'ils étaient de leur vivant. Et c'est ce que nous continuons à faire chaque année, le 2 novembre, à travers la fête chrétienne du Jour des Défunts. Symboliquement, nous réunissons par notre souvenir et la prière les trois plans, physique, psychique et éthérique. En célébrant la mort et la souffrance causée par la disparition de l'autre, nous célébrons aussi la vie et la présence des êtres chers autour de nous : novembre vient nous rappeler avec régularité que nous ne faisons que passer ici et que notre passage dans ce monde est bref. Se confronter à la réalité de la mort à travers un temps spirituel voire religieux nous permet à chaque fois d'intégrer ce fait avec douceur même si la douleur de l'absence peut être présente : un jour, c'est nous qui manquerons à l'appel de notre prénom, ne l'oublions pas. Novembre, discret, mal aimé par beaucoup, m'invite à chaque fois à bien me connecter avec mon être profond, à chercher et cultiver l'authenticité. Marcher sur sa voie originale, unique, et tout faire pour y demeurer, pour s'y réaliser, voilà le message de novembre : rester soi, au plus intime ! Vivre ! Aucune deuxième chance ne nous sera accordée.

     

     

    4. Entre transformation et créativité, une unité qui s'établit et s'affirme

     

    Novembre est mon temps fort de l'année, mon janvier personnel : période de transition, de décision et de choix, ce mois est mon point de passage individuel du passé vers l'avenir. Je trie, je nettoie, je raccommode, je répare... et je continue avec ce que j'ai gardé et renforcé. J'apprends au fil des ans à abandonner davantage ce qui était pour mieux accepter ce qui est. Je n'oublie pas l'essentiel. Je ne prends plus de nouveau départ. Je me souviens de qui j'étais, de ce que j'ai fait, et garde le fil de ma vie entre mes mains. L'homme du passé nourrit avec plus de bienveillance l'homme du présent : nous sommes deux à construire l'homme de demain. Novembre est dans ma vie un mois tout en contrastes, plus ou moins doux, plus ou moins vifs, selon les années. C'est un mois riche en sensations diverses et variées ; c'est rarement un mois calme intérieurement tant ma vie s'agite en dedans. C'est un temps de création puissante : j'ébauche quelques traits, je peins, je retouche la toile immense de ma vie. Novembre, c'est quatre petites semaines et deux jours baignés de nostalgie et d'énergie positive tournée vers l'avenir. C'est sans doute celui de la douzaine de mois qui me symbolise le mieux avec septembre et octobre qui possèdent également cette atmosphère mélancolique si particulière à l'hémisphère nord à cette période de l'année : la tristesse se pare d'or et de rouge, la chaleur s'intériorise et la lumière s'adoucit jusqu'à la discrétion. Novembre est le temps où j'exprime le plus intensément ma joie triste et ma tristesse légère, ma folie régulée et mon sérieux déjanté. Ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre, ni tout à fait là, ni tout à fait ici non plus : je suis l'homme de l'entre-deux en permanence, l'homme des clairs-obscurs intérieurs.

    Cependant, ce partage binaire tourné davantage vers la tristesse dans un passé qui s'éloigne doucement tend à s'équilibrer de plus en plus. C'est en Australie lorsque j'y étais en 2010 que le feu de vie qui brûlait en moi s'est pleinement révélé, me surprenant et modifiant à jamais la vision partielle et incomplète que j'avais alors de ma personne. J'ai soudain réalisé que je n'étais pas qu'un individu mélancolique, soumis à d'intenses variations d'humeur et toujours entre deux eaux. J'ai pris conscience de la formidable énergie vitale qui m'animait comme jamais je ne l'avais perçue auparavant : j'ai découvert ma lumière intérieure. C'était en novembre, au cœur du printemps austral : les arbres, les jardins, le bush, les forêts jetaient à l’œil des gens du vert en quelques nuances étincelantes. Même le désert central du pays habituellement plus aride m'avait accueilli avec une végétation clairsemée mais d'un vert éclatant. Le contraste avec le sol rouge orangé était tel que je croyais être sur une autre planète ou revenu à la préhistoire. Partout, les fleurs affichaient leurs couleurs franches et diverses. C'était un festival pour le regard. Je dormais peu mais gardais une forme qui semblait inépuisable : j'étais simplement moi, ou plutôt je me suis à nouveau rencontré à ce moment-là, ce qui m'a permis de mieux aller vers moi et d'être ce que je suis de façon plus claire.

    C'est à Melbourne que je me suis le plus rendu compte du chemin intérieur que j'avais fait pendant tout mon séjour : novembre partait et moi aussi, je devais rentrer en France, mais c'est dans cette ville que ma relation d'abord distante avec l'Australie a pris une tournure inattendue. Tout à coup, je me suis senti chez moi, simplement, sans effort, en complète communion avec un environnement dont je me sentais encore exclu deux semaines auparavant. Je n'ai vécu cette étrange et agréable sensation de bien-être profond qu'à Nantes , métropole française où j'ai longtemps vécu laissant derrière moi toute une part de vie, parmi la plus belle de mon existence quoi que j'ai pu y vivre. A Melbourne, mon séjour fut bref mais mon niveau d'éveil était bien plus élevé : j'ai compris que je venais de trouver le lieu où je pourrais m'établir en totale harmonie avec mon être intime. Le pouvoir de novembre venait à nouveau d'intervenir dans ma vie... et depuis mon retour en France, les choses se font, mais chut ! Je n'en parle plus comme je l'ai dit dans mon premier article ici. Par contre, depuis cinq ans, mon corps n'a plus jamais retrouvé le paramétrage physique pour se caler parfaitement sur le fuseau horaire de nos latitudes... et mon goût pour la lumière solaire et la végétation bien verte s'est prononcé. L'automne n'est plus ma seule saison préférée : le printemps m'attire et me régénère aussi. Novembre, un jour m'a parlé de moi, brusquement, là-bas, à l'autre bout de la Terre. C'était le bon moment. J'étais disponible, prêt à recevoir l'information cruciale personnelle (dont je ne dirai rien) qui allait changer à jamais ma vie. Depuis, mes clairs-obscurs côtoient davantage les teintes vives et tranchées. En moi, le soleil a rendez-vous avec la lune chaque jour... avec plus ou moins d'étoiles autour.

     

    6. NOVEMBRE, INTIME ET SACRÉ - transition, transformation, unification

    Melbourne : National Gallery of Victoria, haut lieu de connexion pour moi 

     

     

    Voilà qu'en me chantant sa jolie chanson, novembre m'a fait emprunter le sentier des souvenirs comme à son habitude. Je ne voulais surtout pas parler de mon séjour en Australie pour des raisons précises en me lançant dans la rédaction de ce texte. Mais vu le thème, c'était impossible. Comme à l'accoutumée, depuis mon enfance, c'est à cette période de l'année que j'ai, une nouvelle fois alors, vécu un événement marquant de ma vie. Quand je vous dis qu'un rythme particulier soutient toute mon existence, un paramétrage spécifique qui ne doit rien au hasard certainement, c'est vrai et concret à chaque automne... ou printemps selon l'hémisphère. J'observe simplement comment fonctionne ma vie en évitant de juger et surtout d'interpréter.

    En développant ma réflexion sur le thème du sens de novembre, si j'avais bien une idée de ses implications explicites ou implicites dans ma vie, je ne me voyais absolument pas le traiter de façon aussi intime. Je pensais en rester au lien que je conserve avec certains défunts qui ont compté pour moi et à l'évocation de mes références culturelles et spirituelles qui s'affirment davantage à ce moment de l'année. Au contraire, je me retrouve face à un écrit teinté de spiritualité, bien plus profond que prévu. Ce texte montre à quel point derrière l'insignifiante apparence des choses, toute une logique invisible sous-tend l'infrastructure de notre vie, et que si nous donnons un sens aux choses et à leur enchaînement en les concrétisant, elles possèdent également un sens profond par elles-mêmes, un sens que personnellement, je découvre peu à peu.

    Depuis 2010, novembre ne me voit plus célébrer uniquement l'obscurité dans la lumière, cette obscurité qui était alors pour moi un foyer protecteur face au monde de l'été permanent que la plupart des gens incarnent avec tapage autour de moi. Dorénavant, je sais aussi rendre hommage à la lumière au sein de l'obscurité. Je commence enfin à unifier en moi les deux pôles principaux de ma vie et de l'existence humaine. J'accepte d'ailleurs mieux mon incarnation sous la forme d'un homme. J'accepte en fait mieux d'être ici en ce monde et d'y créer ma place. C'est, je crois, le message fondamental que vient me remémorer novembre chaque année désormais : affirmer celui que je suis en plein soleil tout en respectant mes jolis clairs-obscurs intérieurs qui font mon unicité et ma différence.

    Alors, à vous tous, bon mois de novembre ! En ce temps où l'on recherche plus de chaleur, revenez vers vous, vers votre feu intérieur ! Puisez-y force, conviction et énergie afin d'aller de l'avant ! C'est le temps sacré du passage, ne l'oubliez pas ! Accueillez en vous l'esprit sage de Samain ! Abandonnez votre vieille peau, muez ! C'est le moment de faire la paix avec votre passé ! Dans l'obscurité, la flamme de la vie brille toujours.

     

     

    NOTES ET CRÉDITS : 

     

    (1) : La référence à mes ancêtres celtes provient de ma naissance et de ma cultures bretonnes. La Bretagne est une terre celtique par excellence. Beaucoup de traditions anciennes y sont toujours très vivaces de nos jours, dont Samain qui fait d'ailleurs un retour en force.

     

    (2) : Samain était une des grandes fêtes des peuples celtes. Elle débutait dans la nuit de ce qui correspond pour nous aujourd'hui au 31 octobre. Elle célébrait le retour de l'obscurité sur terre et la fin de l'année druidique. Elle rendait hommage aux esprits des défunts et à toutes les autres entités du monde invisible, les êtres de l'autre dimension de la réalité. L'important était simultanément de ne jamais froisser, ni d'attirer vers soi un esprit mauvais, d'où les nombreuses cérémonies de purification par le feu célébrées à cette période de l'année. C'est de là qu'est née la tradition des lumières allumées dans des citrouilles servant de photophores, même si en Bretagne (où est née Halloween en fait) et au nord de la France et de l'Europe, des navets et des courges plus petites servaient davantage à cet usage.

    "Dans la nuit du 31 octobre – les fêtes celtes commencent à la tombée de la nuit -, on croyait que le monde des morts, des fées et des sorcières entrait en contact avec celui des vivants. On croyait ainsi que les âmes des défunts revenaient errer autour des maisons des vivants c' est pourquoi on laissait la porte entre ouverte et une place à table et on plaçait des lanternes sur les chemins pour les guider." (in Mythologica.fr)

     

    (3) : l'homéopathie uniciste est une branche de l'homéopathie qui revient à l'esprit initial voulu par Hahnemann, créateur de cette thérapeutique : à chaque patient correspond un remède UNIQUE en cas de trouble, même si les symptômes sont semblables entre deux malades. Cette manière de soigner s'oppose à l'homéopathie pluraliste où on peut donner un cocktail de médicaments.

     « Il n’est en aucun cas nécessaire d’employer plus d’un médicament à la fois » (Samuel Hahnemann, in Organon §272)

     "On dit d’un médecin homéopathe qu’il est « uniciste » lorsqu’il met un point d’honneur à ne prescrire qu’une seule dose, d’un seul médicament à la fois. En effet, dans la logique de Hahnemann, un patient n’est véritablement guéri que s’il n’a plus besoin de médicament. Dans cette logique :

    -- tout médicament qui voudrait se rendre indispensable par son effet palliatif est à éviter.
    -- tout processus d’auto-guérison qui serait en cours doit être respecté : aucune médication ne doit y interférer.
    -- le médicament homéopathique ne se justifie que si le processus d’auto-guérison est en panne ; on n’attend pas de lui qu’il exerce un effet palliatif ; on attend seulement de lui qu’il PROVOQUE ponctuellement l’organisme, pour relancer un processus d’auto-guérison.

    En s’imposant de ne prescrire qu’une seule dose, d’un seul médicament, en haute dilution (15CH ou 30CH), on crée les conditions de mieux contrôler ce qu’on fait, et de mieux observer le déroulement du processus d’auto-guérison." (Jean -Jacques Kasparian in jj.kaparian.free.fr)

     

    Crédits photos : Sigmatron, Ana Garcia (in doyoucity.com), daath10.blogspot.fr, LP Le Chanjour

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