• 39. COTISATION CHÔMAGE SALARIALE : CE GAIN DE LÉGITIMITÉ PERDU

     

    Le présent texte m'a été inspiré par un article relatif à l'entrée en vigueur de la suppression de la cotisation chômage à partir du 1er octobre 2018. Ce qui peut sembler plaisant est un fait une régression sociale qui puise sa source essentiellement dans le sentiment de jalousie collectif qui entoure le statut de chômeur. Régulièrement critiqués, les demandeurs d'emploi sont en fait enviés : ils ont ce temps libre que beaucoup estiment ne plus ou pas avoir. Mais quel temps libre exactement ? Celui de s'inquiéter, de douter de soi entre deux démarches de recherche d'emploi, de culpabiliser le plus souvent. C'est un renversement psychologique hypocrite fondé sur une illusion, l'irrationalité et les préjugés.

    Je tenais à mettre un peu d'ordre dans le fatras d'idées et d'opinions sur le thème du chômage : les idées reçues et autres poncifs sont si nombreux que ça en vaut la peine. Ceux qui se réjouissent de la suppression de la cotisation chômage sont souvent ceux qui, par ignorance ou paresse pour s'informer, n'ont rien compris au fonctionnement de notre régime de prise en charge de la perte d'emploi en France, un régime qui est sans doute un des plus justes qui soit sur terre... enfin qui ÉTAIT un des plus justes : la cotisation chômage salariale ayant disparu, la gestion de la perte d'emploi est peu à peu récupérée par l'Administration centrale de l'État français. Ca signifie que la prise en charge financière et matérielle des chômeurs sera soumise désormais à l'influence directe du pouvoir exécutif, donc à l'idéologie politique du moment, à l'arbitraire le plus démagogique qui soit.

     

    L'ignorance est la meilleure arme du manipulateur pour soumettre une victime, et c'est encore plus vrai dans les domaine socio-politique. Notre code civil français nous dit que nul citoyen n'est censé ignorer la loi mais force est de constater que même sur des sujets qui les concernent directement, nombre de gens ordinaires ne savent même pas le plus petit détail qui pourrait les aider. Nul besoin de tout savoir sur tout : juste avoir les informations basiques sur des sujets qui sont en lien avec notre quotidien et impactent notre vie. C'est ainsi le cas du chômage et surtout de l'assurance chômage. Cette ignorance en matière juridique nourrit des préjugés qui permettent aux pouvoirs publics bourgeois maçonniques d'instiller dans la conscience collective de manière fallacieuse que le chômage est une prérogative de l'état accordée à tout individu sans emploi demandeur d'une aide à sa subsistance. Or, c'est l'inverse ou tout du moins, c'était l'inverse car la donne a changé depuis le 1er octobre de cette année : la cotisation chômage prélevée sur les salaires n'existe plus. Les employeurs versent directement à la Sécurité Sociale une cotisation patronale mensuelle unique : leurs salariés ne sont plus concernés.

    Nous allons voir comment le préjugé qui veut que tout chômeur soit un parasite social en puissance ne tient pas sur le plan éthique. Le principe équitable du cotisant/receveur qui vient d'être aboli empêchait ce parasitisme. La critique qui confère aux chômeurs un statut de privilégiés se réfère davantage à une morale viciée chez ceux qui les jugent qu'à la réalité. Puis, nous nous attarderons sur la suppression de la cotisation chômage soustraite du salaire. Nous constaterons qu'elle est une mauvaise nouvelle pour les demandeurs d'emploi : cette suppression les place plus directement sous la tutelle de l'État et de textes de loi imposés non plus par la concertation entre partenaires sociaux mais par le vote du parlement ou par ordonnance. Le rapport de force se déséquilibre en la défaveur des chômeurs. 

     

    L'irrecevabilité éthique du préjugé "chômeur = profiteur"

    Souvent, il est de bon ton d'assimiler le chômeur à un assisté, sous-entendant que c'est un fainéant profiteur. Or, rien n'est plus faux : l'individu sans emploi perçoit une indemnité LÉGITIME, n'en déplaise à ceux qui font du mauvais esprit sur ce thème. En effet, un demandeur d'emploi travaillait dans l'immense majorité des cas avant d'être dans sa situation. Il a du coup COTISE durant un certain nombre d'années. Ces cotisations ont été déduites régulièrement de son salaire brut : elles constituaient un versement contre l'assurance d'être protégé en cas de sinistre, ici le sinistre étant la perte d'emploi. Ce principe est à l'œuvre dans le secteur privé de manière similaire : votre assurance habitation ou auto ne joue que si un sinistre survient mais vous avez dû auparavant accepter une ponction financière sur vos revenus de la part d'une compagnie d'assurance privée, et parfois pendant des années. Bizarrement, ça ne choque personne. Aucun assuré du privé ne se voit appeler avec dédain "assisté". La nature privée du contrat montre mieux l'idée d'un choix libre non supporté par la collectivité que la nature publique de la relation. Or, la cotisation chômage est, elle aussi, prise en charge avant tout par celui qui, un jour, peut se retrouver à devoir bénéficier de l'assurance correspondant à ce versement financier régulier. Avant d'être sans travail, le chômeur a concrètement financé sa protection matérielle. Par conséquent, il a PAYE une assurance qui le soutient en cas de sinistre. Un chômeur ne doit rien à personne : l'allocation qu'il perçoit est le JUSTE retour de tous ses versements antérieurs sur une période déterminée. Au regard des faits, on peut donc dire que l'assurance chômage n'est pas gratuite. C'est un contrat qui répartit droits et devoirs comme tout contrat d'assurance. Aussi, l'accusation méprisante si répandue qui prétend que tout chômeur est d'abord un assisté est irrecevable et surtout malhonnête. Un chômeur en période de droits n'est pas pris en charge par la société pour ses besoins : ses propres versements antérieurs financent son train de vie. Ce sont des besoins annexes (formation le plus souvent) qui sont pris en charge éventuellement par la collectivité. La formation continue concerne toute personne adulte salariée ou non, mais encore plus les demandeurs d'emploi.

    Jusqu'à octobre 2018, les services publics de l'assurance chômage française répondaient aux personnes qui avaient préalablement financé leur protection sociale dans le domaine professionnel. L'État ne gérait pas directement seul la protection sociale contre le chômage : il intervenait au sein d'un multipartenariat socioéconomique toujours existant qui associe divers acteurs de terrain. Ces derniers constituaient la cellule décisionnaire centrale du système d'assurance chômage français. La gestion purement financière était quant à elle déléguée à un organisme très connu, l'UNEDIC. Toutefois, depuis octobre 2018, l'État a récupéré davantage d'autorité sur la gestion du chômage grâce à la disparition de la cotisation salariale au régime de protection envers la perte d'emploi.  En effet, le salarié ne contribuant plus directement à sa prise en charge se voit placé en position de simple demandeur d'une aide, une position de soumission... et ça ne doit certainement rien au hasard : l'ancien système donnait une légitimité morale au chômeur, une légitimité à supprimer car gênante. En effet, cotiser directement pour sa protection sociale en cas de perte d'emploi revenait pour tout salarié à être responsabilisé, à se voir engagé moralement et matériellement dans sa prise en charge en cas de perte d'emploi. L'employé une fois devenu chômeur se retrouvait dans un rapport de force plus équilibré vis-à-vis de l'Administration pour faire valoir ses DROITS face à ses devoirs et à en exiger le respect de la part des autorités publiques. Le chômeur n'avait donc rien à voir avec l'assisté auquel la rumeur publique tend à l'assimiler : il profitait de l'argent versé en retour d'années de cotisation. 

    J'ai ainsi pris pour habitude d'envoyer à la figure de tout imbécile qui critique les chômeurs cette remarque qui souvent coupe court à toute envie de continuer sur le sujet avec moi. J'invite mon interlocuteur borné à montrer davantage de cohérence et moins de mauvaise foi : puisque le sort des chômeurs est si enviable, il n'a qu'à quitter son emploi en négociant une rupture de contrat et laissant bien sûr son poste à un chômeur de formation et de compétence voisines ou équivalentes. Ce dernier prendra sa place sans même demander son reste. Le plaignant de "trop de fainéants qui se la coulent douce" aura, quant à lui, tout le loisir de réfléchir au fond réel de ses propos, à son manque d'éthique, sans compter les "vacances" prolongées... qui finiront certainement par lui sembler bien longues et pesantes à force, surtout quand il recevra en pleine face les jugements que lui-même portait sur ces fameux "privilégiés" qu'il couvrait d'un mépris catégorique.

    La majeure partie d'entre nous ne perçoivent pas l'énorme chance que permet une telle assurance : celle de pouvoir rebondir après avoir perdu sa source de revenus principale. C'est le pouvoir toxique de l'ignorance et de l'endoctrinement idéologique : la jalousie vient atteindre des cibles toutes trouvées qui permettent de dévier notre frustration vers l'extérieur au lieu de se poser les bonnes questions à soi-même. La remise en cause de ses choix de vie et la révision de ses décisions pour son avenir sont toujours un domaine sensible chez beaucoup de gens : ça brise souvent des certitudes bien établies. Se désigner un bouc émissaire est alors la solution de réassurance psychologique choisie : c'est économique psychiquement. On ne perd pas de temps à devoir rebâtir un nouveau cadre éthique, et surtout, on ne s'astreint à aucune vérification factuelle de nos idées préconçues. On en reste à ce qu'on connaît jugé fiable et indiscutable, même sans preuve.

     

    39. L'ALLOCATION CHÔMAGE EST LÉGITIME - cotiser, c'est payer pour se protéger !

     

    La suppression de la cotisation chômage salariale
    est une régression sociale insidieuse

    La croyance illégitime dans le chômeur profiteur se fonde sur l'envie irrationnelle de ce que possèderait cet autre qui ne ferait rien : du temps libre pour soi ! Car en fait, ce qui est reproché au demandeur d'emploi, c'est bien ce temps libéré pour autre chose que le travail, ce qui en dit long sur notre relation au travail. La plupart d'entre nous végètent dans un emploi détesté où l'ennui et l'amertume sont notre ressenti quotidien. Comment, en effet, faire ressortir du positif avec un tel terreau mental ? Beaucoup critiquent leur job et le système qui l'accompagne mais peu franchissent le pas vers la liberté de reprendre le contrôle sur sa vie, au moins en partie. Aussi, tout en sécurisant leurs arrières sur le plan matériel, ces gens s'enlisent peu à peu dans la médisance, le parti-pris et l'illusion de ce que serait le chômage à partir de préjugés. Leur vision de la réalité est si déformée que pas un seul de ces esprits critiques n'a saisi la nature payante de l'assurance chômage : l'allocation versée aux chômeurs n'est pas une aide sociale au sens strict du terme mais un retour sur investissement ou sur cotisation. L'indemnité chômage est une véritable transaction juridique établie à partir d'un échange contractuel financier. Elle n'a rien à voir avec le cadre légal qui entoure le versement d'une aide à caractère unilatéral type RSA, CMU ou aides au logement allouées sans réelle contrepartie. On ne peut pas constamment affirmer n'importe quoi sur un sujet aussi sérieux que le chômage : un minimum d'honnêteté doit pousser quiconque à vérifier ses dires. Or, c'est justement cet effort éthique qu'Emmanuel Macron évite à sur une telle question : la voie de l'honnêteté intellectuelle. Depuis le début de son mandat, cet esprit falsificateur instrumentalise avec une récidive inquiétante les faits historiques et sociaux, mentant sans vergogne et désignant des coupables gratuitement, sans le soutien de preuves : les chômeurs, et surtout ceux Français blancs, sont visés en permanence, peu importe leur âge, leur sexe, leurs conditions de vie et leur parcours professionnel.

    Au fil des mois, devant l'impossibilité de réformer radicalement à la baisse l'assurance chômage au détriment des chômeurs, Emmanuel Macron a modifié sa stratégie. En plus des changements importants récents apparus mais sans modifier la structure même de l'édifice administratif attaqué, c'est désormais la nature intrinsèque de la protection contre la perte d'emploi qui est visée par les décisions présidentielles. Ainsi, la suppression de la cotisation chômage prise sur le salaire entrée en vigueur le 1er octobre 2018 appartient à cette réorganisation vers le bas du régime d'assurance contre la perte d'emploi. Ce qui apparaît de prime abord comme un cadeau en faisant augmenter artificiellement le niveau de revenu sur le moment est en fait une perte concrète sur le long terme. En effet, notre actuel président et son gouvernement veulent anéantir la structure historique partenariale de l'assurance chômage au centre de laquelle l'UNEDIC tient le rôle majeur. L'UNEDIC est ainsi le gestionnaire délégué par l'Etat auprès de multiples partenaires sociaux (organisations et syndicats divers liés à des corps de métiers précis). Or, c'est justement cette relation multi-polaire qui est la cible des pouvoirs publics. Ce lien pluri-relationnel met en jeu la multitude d'intérêts existants, conférant à chaque partie une importance à peu près égale. De plus, la complexité juridique comme matérielle liée à l'absence d'emploi ressort mieux à travers un échange inter-partenarial. Cette relation diversifiée légitimise complètement les nombreuses revendications des chômeurs et des partenaires sociaux du côté salarié ; elle empêche l'État d'avoir une autorité absolue sur la manière de gérer les fonds alloués à l'assurance chômage, et donc sur la gestion du parc humain d'anciens salariés hors du monde du travail. C'est intolérable pour un esprit retors comme Emmanuel Macron : celui-ci a été élu grâce aux manipulations électorales de commanditaires fortunés qui attendent de voir maintenant le totem idéologique de l'assurance chômage être enfin fissuré sinon renversé. L'objectif est clair : asservir le chômeur en le mettant sous la coupe directe de l'État... progressivement. Et pour y parvenir, la légitimité de l'individu à pouvoir prétendre à des droits inhérente au lien entre le chômeur cotisant et les institutions doit être annihilée.

    La disparition de la cotisation chômage salariale obligatoire ne permettra plus à la longue de financer un système social autonome de protection contre la perte d'emploi. Inventée de toutes pièces, cette solution toute trouvée justifiera ultérieurement une réorganisation plus approfondie rendue "nécessaire", "inévitable" de l'assurance chômage en France : le financement de l'allocation contre la perte d'emploi est transformée en un simple élément du budget général de la Sécurité Sociale de plus en plus financé à partir de l'impôt et des taxes. A partir du moment où l'État devient le principal gestionnaire de l'argent alloué à l'assurance chômage, il est de facto l'interlocuteur principal qui tient en main le destin de la protection sociale des demandeurs d'emploi. L'arbitraire s'introduit dans la prise en charge du chômage en France. L'appareil étatique peut désormais contrôler de plus en plus la gestion du cadre juridique qui entoure les droits et les obligations rattachés au statut de demandeur d'emploi. Je me souviens très bien d'un discours où le président Macron avait émis ce vœu, l'objectif étant de faire voter tout texte relatif à la protection contre le chômage devant l'assemblée. Ca évite les longues tractations fastidieuses obligatoires avec les partenaires sociaux et c'est surtout beaucoup plus efficace politiquement : des textes de réforme sur mesure, relais des idéaux en vogue du moment, peuvent ainsi être proposés puis votés. Les intérêts idéologiques partisans s'immiscent dans le cadre législatif entourant la prise en charge du chômage : le régime perd insidieusement sa nature originelle d'assurance face à un sinistre, la perte d'emploi, pour lui substituer un lien unilatéral de versement d'une prestation sociale. La relation avec le terrain que symbolisent les représentants sociaux est peu à peu délaissée : les résistances corporatistes sont subrepticement écartées. Désormais, place aux dogmes du capitalisme financier triomphant qui polluent tous les échelons des ministères quel que soit le gouvernement en place et les deux assemblées ! Le salarié ne versant plus directement une cotisation pour sa protection en cas de perte d'emploi sera plus facilement manipulable s'il devient chômeur : sa légitimité sociale reliée au contrat d'assurance étant entamée, les autorités publiques pourront accroître la pression sur lui en le désignant comme un assisté plus aisément. La culpabilisation sera sans nul doute le levier utilisé.

    Par conséquent, lorsque je vois des esprits naïfs être tout heureux de voir leur salaire augmenter de quelques euros, je reste consterné. Quelle ignorance de la loi et de la réalité ! Pourtant, sur Internet ou ailleurs, des textes juridiques sur le statut de salarié et celui de chômeur sont rendus accessibles à tous, simplifiés dans la forme : ils représentent une base de documentation sur ses droits et ses devoirs aisée à trouver. Celui qui veut s'informer le peut : il suffit de chercher. Les espaces d'information sont nombreux : sur le Net, sur le papier ou de vive voix auprès d'un travailleur social. Toutefois, je ne me leurre pas : je sais parfaitement que le vrai motif de cette petite joie de beaucoup est le fait de ne plus financer ces "paresseux" "profiteurs" que sont les chômeurs. Le lien invisible qui relie l'intérieur des individus et leur environnement politico-social se vérifie : la jalousie entretenue à coup de dogme en bien esprits se reflète désormais dans la loi. Le peuple crétin est bien le premier responsable des lois qui le soumettent aux plus forts qui le briment. C'est aussi pour cet autre motif que le pouvoir exécutif voulait obtenir une influence majoritaire sur la gestion nationale du chômage : agiter l'épouvantail du chômeur profiteur vous attire facilement des voix et des sympathies.

     

    39. L'ALLOCATION CHÔMAGE EST LÉGITIME - cotiser, c'est payer pour se protéger !

     

    Finalement, nous avions en France jusqu'à 2018 un système de participation collective à la protection sociale de toute personne en situation de perte d'emploi des plus performants. Chacun payait pour un droit qui lui était ensuite dû en cas de chômage effectif. En outre, ce paiement était équitable : le versement était un simple pourcentage. Celui avec un salaire plus élevé finançait davantage sa protection contre le chômage puis recevait en retour une indemnité plus conséquente : l'assurance chômage était juste. Comme je l'ai expliqué plus haut, le demandeur d'emploi n'est en rien une charge pour la société puisque c'est SON argent qui finance un temps utilisé à retrouver activement un emploi ou à faire autre chose tout à coup en raison d'une plus grande disponibilité. La notion de "chômeur profiteur" est par conséquent idéologique, et du coup relative : tout individu ayant perdu ou quitté un travail volontairement (cf. rupture conventionnelle de contrat) profite d'une aide pour laquelle il a cotisé au préalable sur une longue période en général. Quant au chômeur démissionnaire, il ne touche rien.

    Beaucoup oublient qu'un jour, c'est peut-être, ou même sans doute, eux qui seront sans aucun travail. Ils ne retrouveront alors pas forcément un emploi aussi vite qu'il y a plusieurs années. Et entretemps, les textes concernant la protection sociale des chômeurs se seront durcis, n'en doutons pas. La roue de la fortune est capricieuse : elle tourne selon nos vents intérieurs mais également selon ce que ceux-ci créent à l'extérieur. Je suis absolument certain que parmi les gens qui médisent sur les chômeurs d'aujourd'hui, plusieurs se retrouveront demain sans emploi. Ils devront alors subir les effets directs des lois que leur jalousie aura contribué à appeler, à soutenir et à faire voter. Juste retour de bâton envers une vision étriquée de la vie. Celui qui pense le mal appelle le mal.

    La suppression du versement direct d'une cotisation chômage par les salariés est la toute première étape d'un démantèlement du régime d'assurance chômage français. Insidieusement, la responsabilisation individuelle fait place à la culpabilisation personnelle. Nos dirigeants politiques ne cachent pas leur mépris à l'encontre des chômeurs et leurs objectifs antisociaux. L'élimination de la cotisation chômage salariale entraînera un déséquilibre inévitable dans la relation entre le chômeur et les institutions publiques. Comme l'employeur paiera en son nom dorénavant une protection contre la perte d'emploi, forcément, à un moment donné, le demandeur d'emploi se verra rappeler qu'il n'a aucune légitime à exiger ceci ou cela, même s'il ne fera que prétendre à ses droits. Par contre, sans cesse, il sera mis devant ses devoirs qui, eux, s'alourdiront. Le mal se niche toujours dans les détails et autres détours aux apparences avenantes mais trompeuses. 

    La réforme du financement de l'assurance chômage entérine sournoisement un préjugé de façon officielle : le cliché du chômeur assisté parasite est validéLa division sociale est ainsi entretenue. Jouer avec les stéréotypes reste une manipulations politique des plus efficaces. Flatter le côté sombre de l'âme humaine a toujours mieux porté ou conservé les puissants au sommet que l'exaltation des bons penchants chez l'homme du peuple. L'Histoire ne l'a que trop prouvé malheureusement. Et nous y sommes à nouveau, complètement.

     

     

    RÉFÉRENCES & CRÉDITS :

    Suppression de la cotisation chômage : votre salaire va augmenter au 1er octobre. www.actu.fr. (2018, 25 septembre)

    Suppression de la cotisation salariale de chômage. www.hecconseils.fr (2018; 1er octobre)

    Comprendre le financement de l'assurance chômage. www.unedic.org

    Crédits photos : X

     

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