• 31. MA "PUNCHLINE" - penser différemment dans un contexte sociopolitique de gauche

     

    En Occident, depuis la révolution sociétale des années 1960 qui a secoué plusieurs pays dont la France en mai 1968, nous vivons dans une société qui a mis en application les valeurs de gauche ou disons d'un courant politique à diverses nuances plus ou moins voisines qui se dit de gauche. Nous vivons depuis près de 55 ans sous le règne absolu du gauchisme moderne : un socialisme bourgeois amoureux du pouvoir que donne l'argent et dans une totale aversion de toute limite morale à la liberté individuelle même au prix de la déviance la plus sordide. Les institutions françaises ont peu à peu relayé cette idéologie extrêmement pointilleuse sur le respect de ses prérogatives : tout esprit qui ne pense pas selon la philosophie du socialisme capitaliste, ou capitalisme à caractère social, est dénigré, stigmatisé, crucifié publiquement sur l'autel d'une conception particulière du progrès social. Gare aux contrevenants ! Ils sont surveillés, scrutés et dénoncés comme aux heures sombre de l'occupation nazie, ce qui prouve que notre régime républicain est devenu un totalitarisme malgré des apparences qui donnent le change sur les intentions réelles de ses dirigeants.

    Les gens en phase avec les idéologies de la gauche contemporaine sont ainsi mis en avant par le système capitaliste qu'ils combattent mais qui se sert de leurs valeurs pour étendre son influence hégémonique. Ce statut légué par intérêt du haut pouvoir financier donne une liberté d'expression aux gens de gauche qui en usent et en abusent au point de devenir les cerbères du régime : ces derniers n'octroient pas cette liberté de penser et de parler librement dont ils se prétendent les défenseurs aux autres qui pensent différemment et voudraient pouvoir, eux aussi, s'exprimer comme bon leur semble selon un principe de justice élémentaire. Bon nombre d'individus de gauche ne réalisent pas combien à cause de leur attitude dogmatique, pèse sur tout débat une chape de plomb qui détruit le pluralisme et appauvrit la réflexion publique. Dorénavant, la pensée de gauche est vue comme la vérité infuse, la loi populaire et publique, absolue par défaut. Or, je ne suis pas d'accord parce que c'est injuste et que c'est faux. Le présent article me permet de préciser ma réflexion sur ce thème : j'en appelle au respect envers toute pensée alternative, de gauche, de droite ou apolitique, religieuse ou athée, bref envers toute pensée qui s'oppose en partie ou complètement à la doxa socialiste-capitaliste toute-puissante.

     

    Ceux qui me suivent depuis le début de mon aventure de blogueur ou depuis assez longtemps sur Internet ont dû remarquer que ma vision du monde et mon style d'écriture s'étaient quelque peu musclés ces derniers mois, sur mon blog mais surtout sur mon compte Facebook où parfois, mes commentaires et posts étaient bien envoyés comme on dit. Cette fermeté qui a pu en surprendre plus d'un vu ma nature douce la plupart du temps n'a rien de ponctuel : elle s'est installée au fil du temps parce qu'un contexte l'a faite apparaître et l'a solidifiée en moi. En raffermissant mes propos, je ne suis cependant pas devenu dur : la fermeté n'est pas la dureté. La fermeté est un moyen d'éclaircir une situation entre deux ou plusieurs personnes : elle véhicule une énergie qui requiert l'attention du ou des interlocuteurs en face et impose à tous un réajustement nécessaire du cadre relationnel. La fermeté a pour objectif de rappeler à autrui d'avoir plus d'égard envers nous et parfois, envers d'autres gens ayant des points communs avec nous. En somme, la fermeté permet de remettre plus d'égalité et de respect mutuel au sein d'une relation, là où un déséquilibre s'est installé avec le temps : elle invite l'autre à respecter l'opinion ou la conduite qui diverge voire s'oppose franchement. La fermeté signifie à l'interlocuteur qu'il a dépassé ou va dépasser une limite et qu'il n'a aucune légitimité à le faire : son avis ou sa manière d'agir ne vaut pas vérité absolue.

     

    Cette attitude ferme que j'ai adoptée sur les réseaux sociaux ainsi que dans mon écriture sur mon blog est une adaptation naturelle au contexte socio-politique ambiant qui est pesant, oppressant et uniformisant. En effet, nous vivons dans un consensus perpétuel qui promeut une tolérance et un respect de façade alors que la réalité montre chaque jour qu'il vaut mieux avoir une pensée de gauche, et surtout socialiste, si vous ne voulez pas être ostracisé voire lynché publiquement. Nous vivons dans un totalitarisme diffus mais bien réel : sous couvert de démocratie, une clique financière et politique entend régenter la vie de tout citoyen au plus intime de sa personne, lui intimant insidieusement ce qui est correct d'envisager dans sa vie et ce qui ne l'est pas. C'est le règne de la pensée obligatoire... avec en corollaire la longue liste de ce qu'il est fortement déconseillé d'adopter en pensée, en parole et surtout en action. Cette oligarchie qui promeut un capitalisme brutal et sans entrave s'appuie principalement sur les idéologies de gauche pour atteindre ses objectifs mercantiles absolutistes. En effet, à droite, l'éthique publique fondée sur le catholicisme historique limite le droit d'usure voir le proscrit en certains cas. Tout n'est pas possible parce que le respect de la vie est un principe imprescriptible et souverain. C'est pourquoi tandis que l'idéologie capitaliste assoit peu à peu sur notre planète un règne sans partage, les idéologies gauchistes, socialisme en tête, s'implantent en parallèle, inexorablement, dans les consciences. Dès lors, une logique coercitive implacable est mise en place à l'encontre de toute autre forme de philosophie, en particulier celles droitistes. Autant dire que le pluralisme démocratique est malvenu : nous avons en France plusieurs partis mais tous disent à peu près la même chose et même quand ils prétendent s'opposer à la doxa dominante, ils évitent de revenir clairement sur nombre de choses dérangeantes (ex : le départ de la France de l'Union Européenne, les divers traités commerciaux iniques conclus en dépit du peuple français, la question de l'Euro, etc.). Bref, malgré les cris et les gesticulations devant les caméras de certains, rien n'est fondamentalement remis en cause. Une pièce de théâtre politique nous est chaque jour interprétée par d'excellents comédiens puisque beaucoup de gens croient encore au discours de ceux-ci. Le suffrage universel en témoigne : des personnes continuent de voter, pensant que ça peut changer la donne. biggrin Hahahahaha !!!!

    Concrètement, toutes ces simagrées et demi-mensonges ou mensonges pleins entretenus au fil des ans tend à créer un climat social délétère en France. Les médias du pays relaient avec zèle un message où se mêlent libéralisme économique décomplexé et liberté sociétale affranchie du cadre moral catholique séculaire. Le mondialisme financier renouvelle chaque jour ses noces avec le mondialisme de gauche, les deux s’arque-boutant à la clé de voûte de leur réflexion : le cosmopolitisme absolu, lui-même fondé sur la disparition des frontières politiques entre états-nations, ou tout au moins une perméabilité administrative générale à l'échelle du globe. Cette combinaison idéologique que je nomme personnellement le socialisme capitaliste, ou encore le social-capitalisme, se structure essentiellement autour de nombreux sophismes et d'un fatras d'impostures éthiques concernant de nombreuses thématiques : racisme, reconnaissance des publics LGBT, immigration, histoire de France, etc. C'est une véritable Bible philosophique singulière au fond corrompu, et par là un dogme devenu imprescriptible malgré son regard biaisé sur le monde, pour tous ceux qui adhèrent à l'idéal final de ce système de valeurs particulier : l'avènement d'un monde ultra-égalitaire où la liberté de consommer, d'aller et venir en tout lieu, de se comporter avec le moins d'entraves possible, est montré comme la quintessence de l'accomplissement humain, le tout étant enrobé d'un vernis pseudo-spirituel convenu, entre bouddhisme light, chamanisme et druidisme revisités, véganisme, écologie et quelques concepts liés au développement personnel. Ce système philosophique délimite un nouveau cadre éthique où les concepts traditionnels de Bien et de Mal ont été remplacés par ceux de positivité et de négativité. Les opposants à ce système de pensée ont été substitués aux anciens incroyants ou hérétiques rejetés par le catholicisme. En somme, un nouveau système idéologique manichéen a été fabriqué de toutes pièces, avec tout ce que ça sous-entend d'anathèmes, de mises à l'index publiques, d'exclusion : ce système est fondé sur une conception inflexible de la laïcité. Faisant office de nouvelle religion civile, il est d'une extrême violence psychologique et sociale. Toute réflexion discordante, même nuancée, subit immédiatement les foudres hargneuses des partisans de cette idéologie qui se comportent exactement comme des fanatiques religieux, les pires étant les internautes anonymes derrière leur écran. Or, c'est justement cette violence qui, par réaction, m'a fait adopter un mode d'expression plus punchy, plus agressif, par moment parce que je n'en pouvais plus de me faire dicter ce que je devais exprimer ouvertement, où était le "bien-penser" et où était le "mal-penser". Bref, j'ai rué dans les brancards et du coup, j'en ai mouché plus d'un... mais j'y ai aussi laissé quelques plumes : les partisans de cette philosophie dogmatique détachée du terrain promeuvent une abstraction sociale et peuvent tordre ainsi leurs idées dans le sens qui leur convient sans tenir compte du réel, ce qui les rend sûrs d'eux, les légitimant faussement dans leur position d'avoir raison.

     

    Les gens de gauche ne voient pas combien leur attitude permanente de dénégation de statut équivalent vis-à-vis de l'opinion différente, en particulier de droite, est un totalitarisme quotidien qui véhicule un sens bien précis : le refus d'envisager qu'une autre conception du monde et de la société française puisse être tout aussi valable que la leur. Tout se passe comme si ces personnes avaient une extrême difficulté à concevoir que d'autres citoyens autour d'eux ne partagent pas leurs valeurs... et que c'est très bien ainsi et que c'est très bien AUSSI ! C'est ce qu'explique la brillante internaute de droite, Virginia Volta, dans sa vidéo que je poste en bonus ci-dessous tant elle exprime mon sentiment. Dans une société largement acquise à l'idéologie gauchiste dans toutes ses nuances, la place laissée à tous ceux qui pensent autrement est réduite. Même si les plateaux accueillent Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévi, Natacha Polony ou Eric Zemmour par exemple, les stars de la pensée jugée néo-conservatrice, la porte est en fait ouverte aux même ténors de cette pensée : fi des millions d'anonymes comme moi qui peinent à faire entendre leur voix et qui doivent subir l'irrespect récurrent hargneux, condescendant ou moqueur envers leurs convictions d'anonymes de gauche aux aguets. Ces derniers galvanisés par la consolidation de leurs valeurs et croyances grâce au relais des institutions publiques et des grands médias traquent la moindre petite réflexion hors doxa socialiste. Lorsque vous n'avez plus que les réseaux sociaux pour faire entendre vos valeurs et que l'Etat républicain témoigne ouvertement de son mépris à leur encontre, votre marge de manœuvre est réduite : vous êtes confronté continuellement à une hostilité entretenue envers les idéologies de droite ou perçues comme telles. C'est antidémocratique mais c'est ainsi. Vous devez donc vous adapter. C'est ce que j'ai fait, d'où mon ton vif parfois... mais c'est la mise en équilibre de l'action et de la réaction. Ma pensée et ses valeurs doivent être respectées à partir du moment où je respecte celles des autres.

     

    Les précieux conseils de Virginia Volta pour rester en bons termes
    avec nos amis ou nos connaissances de gauche
    lorsqu'on est de droite ou pas assimilé à gauche.

    Le fait que beaucoup en soient obligés à dissimuler leurs opinions
    parce qu'elles divergent de la doxa de gauche capitaliste dominante
    en dit long sur la régression de la liberté d'expression publique en France.
    Or, le pluralisme est garant de l'existence même du respect de toute personne :
    sa disparition insidieuse prouve que nous vivons déjà dans un régime totalitaire.

    Je n'ai jamais cherché à prouver la véracité de mes idées. Si ça m'est demandé de le faire, je peux accéder à la requête de l'autre uniquement si elle est courtoise, constructive pour nous deux et légitime. Avant, étant mal à l'aise avec mes convictions royalistes en raison de l'ostracisme républicain, je me justifiais sans cesse. Depuis l'adoption d'un ton plus ferme dans mes échanges avec autrui, je ne le fais que si c'est utile et que si j'ai le temps, encore que... sous la pression ou sous l'invective, je finis parfois par culpabiliser et je cède alors si l'adversaire est trop persuasif. C'est très désagréable car je sens bien que le débat est inéquitable : je suis clairement victime d'un délit d'opinion gratuit, illégitime. En effet, on ne demande JAMAIS aux gens de gauche de prouver la validité de leurs convictions : celles-ci sont acceptées d'emblée comme allant de soi, faisant autorité même quand leur fond est discutable. La charge sociale de la preuve est constamment reportée sur les personnes dont l'opinion n'est pas clairement identifiée à gauche. C'est injuste mais là aussi, je m'adapte même s'il m'arrive de céder quelquefois. Désormais, je parviens à décider davantage quand et à qui j'explique mon choix et mon parcours politiques personnels. Si vous voulez plus de détails à ce sujet mais que je ne suis pas prêt ou que je n'ai pas envie de vous répondre sur le moment, vous n'obtiendrez rien la plupart du temps. Mon royalisme est un fait objectif dans votre existence : il intervient dans votre vie de sympathisant de gauche, vous dérangeant sans doute, suscitant une liste non-exhaustive de préjugés qui accompagnent certainement... mais il doit être accepté comme une opinion valable d'emblée parce qu'il ne contrevient pas aux règles de respect humain élémentaire. Je désapprouve en partie vos valeurs mais moi, je n'ai pas le choix : je subis les conséquence de vos choix politiques chaque jour et je paie même pour leur application par le biais de l'impôt. Je mérite, vous en conviendrez, certains égards : je finance en définitive des programmes socio-économiques qui concrétisent un fond idéologique permanent, omniprésent, le vôtre, avec lequel je suis presque toujours en profond désaccord. Cette captation financière favorisant la mise en oeuvre d'une société qui heurte des convictions intimes personnelles est une violence psychologique répétée qu'on ne peut soupçonner lorsqu'on appartient depuis longtemps au camp idéologique dominant. Une telle position morale a toutefois un avantage : j'acquiers grâce à elle une force de conviction inébranlable avec une croyance déterminée en ce que j'estime être juste, mieux approprié, pour mon pays. Et c'est d'autant plus vrai que j'admets facilement ne pas avoir raison sur tout ou que certaines de mes idées peuvent être amendées. Cette tendance à la conciliation me rend solide éthiquement : ma tolérance me rend fiable et audible pour la plupart des gens de gauche. Beaucoup ne m'ont pas rejeté. Cependant, j'ai eu la surprise désagréable de constater que le retour n'était pas systématique : lors de débats sur le net, je me suis aussi vu ostracisé et rejeté avec une véhémence qui fait froid dans le dos. La nature totalitaire intrinsèque du gauchisme finit d'ailleurs souvent par ressortir à un moment ou un autre : c'est une question de cohérence politique comme l'Histoire l'a montré 1.

     

    L'esprit de gauche est facilement dogmatique : sa base de réflexion abstraite promeut une vision idéalisée du monde. La droite, à l'opposé, part directement du terrain dont elle englobe les limites matérielles, et par là en dresse des limites morales adaptées à la réalité. D'ailleurs, la gauche ne cesse de critiquer le pragmatisme de la droite qu'elle juge trop limitatif et comme une preuve de son conservatisme : la gauche déteste la droite parce que celle-ci rappelle que l'homme n'est qu'un des divers éléments du système immanent en marche sur Terre et ailleurs dans le cosmos. La gauche refuse, quant à elle, la soumission de l'individu au cadre strict du réel. Des questions sociétales épineuses (GPA, PMA, reconnaissance du mariage gay, euthanasie, avortement, position de la femme, etc.) ne sont réinterrogées que sous un angle subjectif : la notion de collectivité est complètement évacuée sauf dans le cas du dogme égalitaire. L'impact des choix individuels sur la cohésion sociale est absolument éludé par les esprits de gauche. La puissance de ce déni est telle qu'elle pollue les débats publics rendant ceux-ci stériles à force d'être incomplets : les sujets n'étant jamais abordés de manière exhaustive, honnête, les solutions proposées sont partielles, hautement partiales sinon égoïstes. Les discussions publiques s'enlisent alors dans le parti pris et la défiance réciproque avec souvent la violence verbale en bandoulière. C'est pourquoi discuter avec une personne de gauche est si difficile : celle-ci part du principe que ses valeurs sont supérieures car selon elle, elles apportent le Bien à tous sauf que la nature et l'apport concret de ce Bien ne sont jamais questionnés. La gauche se dispense systématiquement d'une obligation morale à laquelle elle soumet ses adversaires politiques avec une inflexibilité têtue : l'autocritique. Les médias sont de grands pourvoyeurs de cet état d'esprit intolérant et obtus : de nombreux journalistes, présentateurs, artistes ou intellectuels de gauche ont la fâcheuse habitude de pousser leurs interlocuteurs avec des opinions politiques ou une vision sociale divergentes, surtout ceux de droite, dans leurs retranchements et de les attaquer sans relâche. L'émission "On n'est pas couché" sur France 2 ou les rendez-vous avec Patrick Cohen sur Europe 1 en sont de parfaits exemples : si vous ne pensez pas à gauche, malheur à vous ! Certains invités ont ainsi été laminés par les chroniqueurs de Laurent Ruquier très injustement. Le face à face tendu entre l'écrivain Laurent Obertone et Aymeric Caron, alors en poste dans la célèbre émission, reste un cas d'école du totalitarisme diffus mais implacable produit par la pensée de gauche. Le chroniqueur avait violemment attaqué son invité en le traitant ouvertement de raciste pour son livre France Orange Mécanique dont il contestait la thèse principale soutenant l'existence de liens entre délinquance et immigration musulmane. M. Obertone, bien qu'aguerri aux techniques de communication, en était ressorti secoué : cet irrespect l'avait profondément marqué tant Aymeric Caron s'était montré agressif à son encontre ne cessant de le diffamer sur la base unique d'un ressenti personnel et du jugement de valeur. Alors que l'écrivain avait apporté de multiples sources de nature administratives et policières pour étayer son propos, le chroniqueur a exigé sans relâche de lui qu'il apporte la preuve du résultat de ses recherches. En gros, Caron demandait à Obertone de produire des indices déjà fournis mais dont il refusait d'admettre la véracité parce que ses convictions de gauche ne le supportaient pas. L'attitude d'Aymeric Caron demeure un exemple-type de cette malhonnêteté qui caractérise tellement d'esprits de gauche : l'exigence de la preuve qu'eux-mêmes n'apportent jamais... et qu'ils seraient bien en mal de fournir d'ailleurs sur nombre de sujets tant ils vivent dans une bulle dogmatique. Bien sûr, ce qui existe à l'échelle des grands médias existe aussi à l'échelle de l'homme ordinaire : Facebook est le théâtre d'empoignades sévères entre gauchistes et droitistes où les premiers à l'instar d'Aymeric Caron affichent cette même attitude offensive gratuite uniquement parce que l'interlocuteur de droite exprime une autre conception sur un thème donné.

    En fait, la stigmatisation répétée des gens de droite ou d'autres jugés trop proche de la droite est une norme très bien admise dans la sphère idéologique de gauche. Or,  cet usage toxique empoisonne les débats publics. La gauche verrouille strictement les questions selon ses seuls points de vue et tord concepts et idées selon son seul bon vouloir. Ainsi, si la stigmatisation et les amalgames visant les immigrés et Français de culture musulmane, électorat chouchou de la gauche, sont absolument proscrits, les sympathisants et les figures de proue de gauche ne se gênent pas pour répandre à la pelle, eux, des amalgames ou exprimer des raccourcis et autres clichés délétères sur tous ceux dont elle conteste la vision des choses : la description caricaturale des électeurs du FN dressée par la gauche française en est certainement la meilleure preuve. Pour résumer, l'attitude chronique de la gauche est "Ne me faites pas subir ce que moi-même je fais subir aux autres parce que j'estime que vous n'en avez pas le droit en raison de vos idées.". C'est le règne de l'arbitraire. C'est, je crois, l'élément le plus gênant de ma relation avec les gens de gauche en général : le poids omniprésent du jugement de valeur porté sur vous pour seul fait d'opinion différente. D'ailleurs, même si beaucoup de mes relations de gauche m'ont gardé en ami ou en connaissance, je remarque toutefois que certaines ont pris quelques distances avec moi : l'échange s'est raréfié sans s'être interrompu. C'est un signe évident que je suis devenu suspect à cause de mes idées. Cet éloignement est un acte totalitaire en soi. Le fascisme ordinaire commence toujours ainsi : les grands dictateurs se sont toujours appuyé sur cette tendance de la majorité du peuple à exclure la différence quelle qu'elle soit, et surtout celle d'opinion.

    Bien sûr, si une personne droitiste se permettait de tels comportements discriminants, immédiatement, elle serait sujette aux remarques désobligeantes habituelles selon les bons vieux cliché sur les gens de droite : "facho"... avec toute la série des termes qui finissent en "phobe" et les références sempiternelles à Vichy, Pétain, nazi, raciste, etc. Bref, la litanie psycho-rigide bien connue de la gauche qui dénonce ce qui est "mal" selon elle. Cette réaction outrée est toujours disproportionnée et surtout inadaptée. Si parfois, elle sombre dans le ridicule, par contre, elle blesse toujours : la personne visée, souvent en position minoritaire voire seule, ressort rarement indemne des jugements publics des cerbères de la gauche, connus ou anonymes, y compris d'amis qui vous font sentir que vous "dérapez", joli terme novlangue pour vous inviter à rester sur les voies de la pensée convenue... socialiste, communiste ou "insoumise". La toute-puissance politico-sociale contemporaine de la gauche fait mal : elle heurte les âmes, les cœurs. Parfois, le coup est porté par maladresse. Mais le plus souvent, c'est délibéré : l'esprit de gauche veut avoir le dessus parce que pour lui, il a FORCEMENT raison. Il incarne l'esprit des Lumières devant l'obscurantisme que vous, le non-gauchiste, personnifiez. A mon avis, et selon mon expérience, la racine du mal est là. L'incompréhension réside entre les individus de gauche et les autres à cause de la primauté que se donne la gauche dans la représentation du peuple par son lien historique avec les Lumières dont elle revendique être le messager principal depuis la Révolution Française. Cette référence constante aux encyclopédistes du XVIIIè siècle est omniprésente parmi les représentants de la gauche officielle : Jean-Luc Mélenchon est certainement celui qui s'y réfère le plus, relayant fidèlement le dogmatisme quasi-fanatique des idées révolutionnaires nourries par l'Encyclopédie. Cette légitimité républicaine, logique au demeurant, nuit cependant à la clarté et la richesse du débat collectif sur bien des sujets : la gauche moderne se sent investie d'une mission de rééclairer les esprits contemporains et de chasser l'obscurantisme que la droite ou d'autres représentent pour elle.

     

    31. MA "PUNCHLINE" - penser différemment dans un contexte de gauche

     

    Au terme de ce texte qui peut-être en indisposera certains, je tenais à dire que mes idées ici exprimées n'ont aucune intention polémique : elles évoquent un constat et les émotions qui l'accompagnent. Vivre dans un environnement qui vous manifeste au mieux de la condescendance ou ne vous prend guère au sérieux en jugeant vos idées et valeurs désuètes et qui parfois tient absolument à vous montrer que vous soutenez une pensée oppressive parce que non-démocratique vous place dans un statut particulier : j'ai bien vu que le fait d'afficher mes opinions politiques royalistes plus ouvertement me rendait inclassable, comme en stand-by, dans l'esprit de certains. En effet, je ne correspond pas au cliché poussiéreux du monarchiste que se dessine habituellement le républicain de gauche : mes références morales dont une partie viennent du bouddhisme soka, mon ouverture d'esprit sur de nombreux thèmes, mon empathie naturelle, mes origines familiales ouvrières ainsi que ma douceur si féminine ne s'accordent pas avec l'image que beaucoup ont des royalistes, celle de "vieux croûtons" pédants à la nostalgie fascisante. Evidemment, l'erreur de jugement est magistrale : je suis l'opposé d'un tel cliché. Mes idées politiques sont ce qu'elle sont. Si je suis responsable de la manière dont je les exprime publiquement, par contre, je ne suis pas responsable de la façon dont elles sont reçues. L'autre a son histoire personnelle : il reporte sur moi la trame de son existence à un moment donné. Après tout, si j'ai eu des échanges houleux avec certains gauchistes, j'ai eu et je continue d'avoir de bons liens avec d'autres. Chaque personne est unique. La présentation publique de mes idées a sans doute déçu quelques-uns mais la question n'est pas que j'étouffe mes convictions pour plaire aux gens. La question est que ceux qui peuvent me respecter restent en lien avec moi même s'ils ne partagent pas du tout mes valeurs et mes convictions. Quant aux autres, nos chemins se sépareront sans doute : je ne me saborderai pas pour adopter une image conforme à celle qu'on espère de moi ou croyait être mienne.

    Je suis royaliste, profondément. L'esprit de la royauté est en plus étonnamment moderne, accueillant pour mes origines ouvrières : notre république a largement repris, sans l'avouer, des mesures sociales 2 mises en place par certains de nos anciens rois. Cette position éthique et politique s'harmonise parfaitement avec mes valeurs sociales : c'est même un véritable retour aux sources de la grande tradition solidaire française, depuis que le très saint roi, Louis IX, décida d'avoir une politique d'aide publique volontaire envers le peuple. N'en déplaise aux esprits de gauche les plus sectaires, l'histoire a prouvé que "social" et "socialisme" sont deux mots qui renvoient à des concepts pouvant être complètement séparés. Nul besoin d'adopter une structure idéologique particulière pour adopter les valeurs propres à créer des moyens qui apaisent les tourments du petit peuple. La gauche n'a pas l'apanage du cœur et du social. La valeur individuelle est le facteur essentiel qui fait la valeur des idées exprimées par quelqu'un et de l'action qui les concrétise.

     

     

     NOTES & CRÉDITS :


    (1) : Pour démontrer les nombreuses falsifications qui polluent l'histoire de France, le mieux est de relayer les auteurs, historiens, économistes ou biographes, qui ont décidé d'en revenir aux faits et d'affronter l'idéologie sociale-capitaliste dominante au lieu de s'y soumettre comme une majorité de leurs confrères. Ainsi, l'économiste Benoît Malbranque dit à propos de son essai historique Le socialisme en chemise brune (2012, DV Editions) sur le blog Prêchi-Prêcha :

    "La plupart des historiens n’ont pas voulu prendre l’idéologie nazie au sérieux et ont prétendu, sans même le prouver, que le nazisme n’avait rien à voir avec le socialisme. Pourtant, Hitler se disait lui-même socialiste, Joseph Goebbels qualifiait son idéologie de « socialisme national », l’ancien numéro deux du parti, Gregor Strasser, disait travailler à une « révolution socialiste », et dans ses mémoires, Adolf Eichmann expliqua même que sa « sensibilité politique était à gauche ». Ce sont des éléments troublants, et cela pose question."

    Le jeune économiste reprend même dans son essai une citation d'Adolf Hitler :

    "Nationalisme et Socialisme sont deux conceptions identiques. Ce n’est que le Juif qui a réussi, en falsifiant l’idée socialiste et en la transformant en Marxisme, non seulement à séparer l’idée socialiste de l’idée nationaliste, mais surtout à les présenter comme éminemment contradictoires. Et il a effectivement atteint ce but. A la fondation de ce Mouvement nous avons pris la décision que nous exprimerions notre idée de l’identité de ces deux conceptions : malgré tous les avertissements, nous avons choisi, à partir de nos croyances et de par la sincérité de notre volonté, de l’intituler National-Socialisme. Pour nous, être nationaliste signifie avant tout agir en étant motivé par un amour sans limite et total pour le peuple, et être prêt, si nécessaire, à mourir pour lui. De la même façon, être socialiste signifie bâtir l’Etat et la communauté des hommes de manière à ce que chaque individu agisse dans l’intérêt de la communauté des hommes, et qu’il soit convaincu de la bonté et de la clairvoyance de cette communauté d’hommes, au point d’être prêt à mourir pour elle." (cf. discours de Munich, 12 avril 1922)

    Beaucoup d'esprits avec une sensibilité de gauche ont tenté et tentent toujours de minimiser la portée de ces propos en affirmant que le dictateur autrichien ne pensait pas ses mots et manipulait la foule... sauf que Mein Kampf où une véritable idéologie socialiste est développée sera rédigé puis publié au cours des trois années suivantes et qu'Hitler s'y référera sans cesse. Ce n'est pas parce que le socialisme nazi était particulier qu'il n'était pas un socialisme. Au lieu de parler d'un socialisme unique, mieux vaudrait préciser les diverses façons d'appliquer cette idéologie au sein d'une société, ce serait plus juste et réaliste.


    (2) : Voici des informations et sources à propos des œuvres et actions publiques au profit du peuple sous l'Ancien-Régime et qui prouvent qu'avant l'avènement des dites Lumières et de leur Révolution consécutive la France n'était pas un pays délaissant ses habitants les plus modestes :

    Sur les hôpitaux : L'hôpital sous l'Ancien-Régime : un lieu de charité, vu sur Accueillir, soigner, guérir. Archives départementales de l'Yonne.

    Sur le contexte social général sous la royauté française : Royalisme : la civilisation d'Ancien-Régime et ses bienfaits, vu sur démocratie.royale.org.

    Sur le contexte socio-professionnel général :

    Du Moyen Age à l’Ancien-Régime, les communautés de métiers créées par Saint-louis et le compagnonnage sont un vecteur principal de protection sociale dans le royaume de France : "L'exercice d'une même profession rapproche encore les hommes. Le compagnonnage se développe plus particulièrement sous l'Ancien Régime. Chaque corps de métiers (boulangers, serruriers, charpentiers, couvreurs…) s'organise pour défendre les intérêts des travailleurs, mais aussi créer une caisse commune visant à aider les plus démunis de leurs camarades."

    Bien sûr, en raison de son 'influence sur la royauté française, l'Eglise romaine joue un rôle majeur dans l'accueil social des plus démunis : "Sous l'Ancien Régime, la charité est d’inspiration religieuse organisée à partir de la paroisse, ou alors il s’agit d’entraide corporatiste ou familiale, parfois de l’intervention du pouvoir royal.". Toutefois, il convient d'ajouter que si le roi intervient peu dans l'action de secours elle-même, ce dernier gère le cadre général dans lequel s'établit la prise en charge sociale religieuse ou corporatiste grâce à de nombreux décrets qui font autorité. Le pouvoir royal ne se désintéresse donc pas du sort de ses sujets les moins bien lotis.

    Sous la royauté française, "seule l'Eglise assiste le pauvre, tandis que le reste de la société s'efforce de l'oublier, le cacher, ou le réprimer, à travers un arsenal juridique qui le met en demeure de s'extirper de sa propre misère. Le premier effort social est constitué par des mesures d'assistance. L'assistance sociale ou publique se développe pour contrer le phénomène de la pauvreté, en se fondant sur la division entre :

    - "pauvres valides", pour lequel il n'est nullement question, jusqu'à la fin du XIXème siècle, de procéder à une quelconque forme d'assistance                financière ou économique,

    - les « pauvres invalides », dont le sort en revanche est considéré comme une volonté divine et à qui, en conséquence, la société doit fournir un           moyen de subsistance...

    Cette distinction entre pauvres provient de la dimension de responsabilisation personnelle inhérente à l'approche chrétienne de la vie : elle avait tout son sens dans une société profondément croyante et pratiquante à la différence de la notre où la spiritualité est réduite au minimum en raison de la laïcité et d'un matérialisme exacerbé. Aussi, notre notion de justice sociale est-elle différente de celle conçue sous l'Ancien-Régime mais elle ne lui est pas supérieure objectivement. Regarder le système social sous l'Ancien-Régime selon notre regard actuel est anachronique et subjectif.

    (Source des citations : Cours de droit de la sécurité sociale. Les dates clé de l'histoire de la sécurité sociale. CNAM du Centre, année 2007/2008)

    Sur les œuvres de Louis IX de France dit Saint-Louis :

    Ce souverain est connu pour son humanité. Cependant, un moralisme rigide l'a conduit parfois à outrepasser certaines limites éthiques (châtiments exagérés envers les voleurs et persécutions envers les Juifs), conduite que l'Eglise lui a reprochée. Le roi a fini par refréner ce rigorisme malvenu et à imposer la facette la plus charitable de sa personnalité, gravant ainsi une image presque iconique dans le marbre de l'Histoire : 

    "Il est incontestable cependant que Saint Louis eut à cœur d'être un roi « très chrétien ». On sait par exemple qu'il lui arrivait fréquemment de recevoir à sa table certains pauvres et, après leur avoir servi lui-même la viande et le pain, de les reconduire en leur faisant don de quelques deniers. On sait aussi qu'il assistait quotidiennement aux offices religieux, s'habillait toujours simplement et que, afin de soulager la misère des aveugles, il fit construire pour eux l'hôpital des Quinze-Vingt."

    "Son sens de la justice et de la droiture de son jugement firent choisir Saint-Louis pour arbitre dans les conflits opposant rois et princes. Lorsqu'on lui reprochait sa trop grande générosité à l'égard des plus démunis, il se contentait de répondre : « Si je dépense quelquefois beaucoup d'argent, j'aime mieux le faire en aumônes pour l'amour de Dieu que pour mes frivolités et choses mondaines. »"

    (Vu sur L'Histoire de France - Saint-louis)

    Saint-Louis fut le roi qui conçut le système corporatiste qui dura jusqu'à la promulgation de la loi le Chapelier à la fin du XVIIIè siècle qui l'abolit au profit d'une vision plus libérale du monde de l'entreprise et de l'artisanat, ce qui transforma l'ouvrier compagnon en prolétaire au service d'un patron, l'opposant ainsi à ce dernier. Le système corporatiste permettait une prise en charge globale du salarié par son employeur : aide au logement, aide et secours en cas de chômage. Une fois embauché, l'ouvrier n'avait pour ainsi dire plus aucune inquiétude à se faire pour sa protection sociale : sa corporation lui apportait un soutien matériel intégral.

    Sur l'oeuvre sociale importante de Louis XVI dont des preuves ont récemment été mises à disposition des chercheurs :

    Depuis le début des années 2010, un réajustement éthique et factuel a lieu sur le règne de Louis XVI, roi souvent présenté comme un personnage falot et attaché égoïstement à tous ses privilèges monarchiques, sans aucune considération pour son peuple. Or, peu à peu, est révélé un tout autre visage de ce monarque bien plus fin et courageux qu'on ne l'a cru... et surtout vraiment concerné par la cause de "ses" peuples (celui de métropole et ceux des colonies) comme il aimait à le répéter. Ces démarches de réhabilitation sont fondées sur l'exigence d'exactitude et d'objectivité qui est celle de tout historien honnête et intègre. (vu sur Alliance royale de Nièvre (2011). Pour ceux qui l'ignorent : mesures de Louis XVI pour son peuple)

    Sur l'enseignement et l'instruction en France sous l'Ancien-Régime :

    Sous la royauté française, aucun système scolaire structuré et totémique comme celui républicain n'existait. Par contre, l'enseignement scolaire était une réalité... assez désordonnée. Cependant, la croyance apportée par une restitution fallacieuse de l'histoire de France qui voudrait que les enfants du peuple (paysans, ouvriers) sous l'Ancien-Régime n'aient en majorité aucune instruction ou une instruction très réduite est contredite par les faits : les enfants de condition modeste savaient lire et écrire pour la plupart une langue à un niveau élémentaire sinon plus. Le discours qui prétend que l'homme du petit peuple signait tout registre d'une croix au lieu de son nom est par conséquent faux. Ce fait a été rapporté dans plusieurs émissions historiques consacrées à l'enseignement en France avant la Révolution que j'ai pu écouter. Par ailleurs, l'historien François de Dainville a publié un ouvrage L'Education des jésuites (XVIè - XVIIIè siècles) en 1978. L'auteur y démontre que les jésuites avaient réussi à créer sur le territoire français un réseau d'établissements scolaires appelés "collèges". Ces établissements offraient une instruction et une éducation de qualité ; ils étaient de surcroît gérés selon une éthique démocratique qui permettait aux élèves de familles très modestes voire pauvres de pouvoir obtenir une instruction élémentaire par le biais d'une redistribution financière : les familles les plus riches payaient des frais scolaires plus élevés, ce qui permettait l'accueil d'élèves de milieu moins favorisé. Quelques historiens et sociologues ont relayé l'étude de Dainville tel Mohamed Cherkaoui, chercheur au CNRS :

    "Cette étude statistique est complétée par une remarquable analyse de la répartition des élèves selon le statut social du père (...). L'auteur établit que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, la clientèle des collèges jésuites n'est nullement limitée à la noblesse et aux couches supérieures de la bourgeoisie : les premiers, en fait, ne constituent que 4 à 6 % des effectifs. L'étude sur plus de cent ans sur l'origine sociale des élèves du Collège de Châlon-sur-Marne montre que plus de 80 % d'entre eux étaient issus de familles d’artisans, laboureurs, marchands, ce qui traduit bien l'ambition des rangs inférieurs du Tiers-Etat de permettre à leurs enfants l'accès aux "petits offices" : cette démocratisation, on le sait, est une étape de la transformation séculaire de la société française d'ancien régime." (cf. Cherkaoui Mohamed. Dainville François de, L'éducation des Jésuites (XVIe-XVIII siècles).. In: Revue française de sociologie, 1980, 21-2. pp. 298-302.)

    Sur leur site internet, les Editions de Minuit qui ont publié le livre de François Dainville le présentent ainsi : :

    "Détruisant le mythe selon lequel le collège jésuite serait un espace clos sur lui-même, la préoccupation majeure de l'auteur consiste à rendre compte de la réalité éducative, réalité par définition multiple et se satisfaisant mal de théories globales. S'opposant à la théorie de Durkheim selon laquelle le collège jésuite était exclusivement réservé à la noblesse et aux classes dirigeantes, François de Dainville montre qu'au XVIIe siècle la population scolaire française qu'il évalue à 40 000 élèves des seuls jésuites, était loin de ne comprendre qu'une élite restreinte et que les fils d'artisans des villes et de laboureurs étaient nombreux alors sur les bancs des collèges."

     

    Crédits photo : IXième

     

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