• 30. L'IMPLANTATION D'UNE MÉDIOCRITÉ ALIÉNANTE DANS L'ESPRIT DU PEUPLE

     

    Un pouvoir politique illégitime éthiquement assoit toujours son autorité par une déculturation du peuple en maintenant ce dernier dans la médiocrité intellectuelle. C'est le meilleur moyen pour lui d'aliéner la liberté populaire. Abaisser le niveau de l'enseignement scolaire et détourner l'école de ses véritables missions, la transmission d'un savoir et la formation à l'analyse critique efficace, sont la base de l'aliénation des individus. Aujourd'hui, des années de déstructuration et reconstruction idéologique de l'édifice scolaire laissent voir leur résultat : le niveau de maîtrise du français a diminué, au point qu'un décalage linguistique existe désormais entre individus d'un même pays censés se fédérer autour d'un idiome national commun. J'ai vécu ce fait concrètement à travers une mésaventure sur Facebook et j'en analyse les conséquences dans cet article. 

     

    Lorsqu'on pense à la soumission d'un peuple à un pouvoir politique qui l'exploite à son profit, on imagine très vite une oppression brutale à travers la violence policière ou militaire. On omet toujours de voir que d'autres moyens plus insidieux existent dont la dépossession de la compétence linguistique, autrement dit, l'accès à un langage suffisant pour exprimer ses idées et pouvoir échanger efficacement avec les autres, et surtout ceux avec qui on est en désaccord. En effet, seul un partage des opinions de qualité assure la bonne santé d'une citoyenneté vécue pleinement et garantit la vigilance de l'homme ordinaire pour conserver sa liberté. Sinon, l'aliénation intervient... et les signes négatifs en sont déjà bien visibles au plus près de nous, sur les réseaux sociaux particulièrement. A l'ère d'une école française défaillante dans ses missions fondamentales et du téléphone mobile au poing, la pensée citoyenne de France révèle sa piètre qualité générale. Un cas précis où j'ai été directement concerné m'a montré ce fait au plus près : l'incapacité à maîtriser sa propre langue nationale nuit à la clarté du débat interpersonnel, et par là au jeu démocratique, pour la population d'un pays, au risque de l'incompréhension mutuelle voire de l'exclusion réciproque.

     

     1. L'exclusion de la modération et des nuances dans la pensée publique

    Récemment, je participais à un fil de discussion sur le thème de l'arrêt-maladie. Une amie avait posté un lien vers un article de presse sur sa page Facebook. Alors que des avis s'échangeaient de manière catégorique, j'ai rappelé que ce thème n'échappait pas à un fait certain : notre subjectivité nous interdisait de tout cerner sur une question. Seule la somme des opinions sur un thème précis pouvait en permettre une approche plus complète et juste. C'est tellement évident que j'ai bien du mal à comprendre qu'on ne saisisse pas ce point de relation avec la réalité. Seuls, nous développons une vision biaisée de notre environnement : c'est uniquement la confrontation avec des points de vue divergents qui nous permet d'ajuster notre opinion sur ce que nous vivons... si bien sûr, nous sommes suffisamment honnêtes et humbles pour modifier notre analyse des choses. En effet, beaucoup, même placés devant l'évidence contradictoire, par orgueil, refusent de reconnaître leur erreur de jugement ou même que leur perception d'un fait est simplement incomplète. Ce type d'attitude jusqu'au-boutiste me laisse toujours pantois tant j'ai du mal à comprendre comment on peut croire avoir absolument raison à propos d'une question donnée. C'est tellement prétentieux ! Surtout que la vie se charge souvent de faire vaciller de telles certitudes. Je n'affirme pas qu'avoir complètement raison sur un sujet est impossible : je fais simplement remarquer que l'immense majorité des situations que nous traversons au cours de notre existence possèdent un fond hétérogène et multifactoriel, ce qui implique du coup qu'une myriade de solutions sont possibles selon le contexte du moment, notre schéma psychique sur l'instant et la période. Chaque vécu subjectif possède sa perception particulière du réel. En se confrontant à d'autres vécus, il réajuste sa vision des choses en la complétant et la corrigeant si nécessaire. Toutefois, mon argumentation mesurée a été rejetée par tous les autres protagonistes de la discussion. Le désir d'avoir raison, de se placer arbitrairement du côté du bien est viscéral chez la plupart des gens, en particulier de nos jours où l'immédiateté des échanges et l'exposition publique renforce les mécanismes d'autovalorisation. Ce fait est récurrent. Mais je n'en ai cure : je sais que pour beaucoup, avoir raison est l'unique moyen de garder leur propre système de croyances et de valeurs debout. En outre, le thème discuté était de nature sociale. Or, de tels sujets amènent la plupart des gens à se scinder très vite en camps idéologiques parfois radicalement opposés, l'adversaire devenant un ennemi à soumettre sinon abattre.

    Un homme jeune, manifestement politisé à gauche, ce qui du coup le plaçait dans un schéma de pensée au simplisme très manichéen, n'a pu supporter la modération de mes propos qui invitaient à écouter les opinions divergentes, ce qui m'a surpris sur le moment. Mais au lieu de s'attaquer au fond, il a surtout visé la forme de mon discours, le jugeant affecté... et langue de bois, m'accusant ainsi de dissimuler ma véritable pensée. En gros, à ses yeux, je me cachais derrière les mots pour ne pas exprimer honnêtement mon avis. Je n'en suis pas revenu. Ma démonstration était pourtant structurée, rédigée en termes courants dans une syntaxe correcte. Or, mon interlocuteur a tout interprété d'une manière qui était à mille lieues de mes intentions : j'étais, selon lui, un homme méprisant l'ayant pris de haut en noyant l'essentiel dans un style prétentieux digne d'un politique ou d'un spécialiste qui étale sa science. Il me signifiait avec une ironie agressive qu'il n'accordait aucun crédit à mes propos parce que la syntaxe et le style ne correspondaient pas à sa conception de ce qu'était un langage clair, immédiatement accessible. Selon ses termes, j'aurais cherché à le décrédibiliser en le rabaissant par l'emploi d'une pensée complexe et du vocabulaire correspondant au lieu de me placer d'égal à égal avec lui. Je suis resté stupéfait devant la folie interprétative subite de cet homme : l'ego conduit parfois l'être humain à tomber dans des élucubrations intellectuelles les plus déconnectées de la réalité. Concrètement, la forme de mon discours était jugée négativement en même temps que ma position médiane. Bref, la subtilité de ma pensée et de son expression dérangeait ce type qui démontrait son incapacité à écouter un point de vue différent du sien, même simplement nuancé, alors que lui-même exigeait une complète attention de ma part. C'est toujours singulier de voir combien on reproche finalement à d'autres ses propres manques et défauts. Mon discours était simple et correctement rédigé, c'est tout. Je n'ai employé aucun langage savant, conscient justement du public et du contexte. Aussi, la remise en cause de propos à la forme commune voire banale interroge tout de même sur le lien particulier qu'entretiennent de plus en plus de Français avec leur idiome national dont ils sont censés maîtriser au moins les bases : l'appauvrissement du vocabulaire et de la syntaxe éloigne les gens les uns des autres, enfermant chacun dans ses conviction propres. De plus en plus d'individus évoluent dans un système de pensée simpliste qui exclut ainsi toute pensée divergente en raison justement d'une incapacité sémantique : l'accès à la réflexion alternative est interdit autrement que par les seuls "bons" sentiments et la seule émotivité. C'est la mise en place graduelle d'un système d'échanges intellectuel des plus médiocres : l'ego y est tellement flatté que les interlocuteurs en présence sont placés dans un accueil factice de l'altérité.

     

     2. L'apparition d'un décalage linguistique propice à l'exclusion selon un préjugé de classe dogmatique

    Cette mésaventure n'est pas grave en soi d'un point de vue strictement humain. Par contre, elle démontre un fait qui, lui, est beaucoup plus dérangeant : la discordance syntaxique. A force d'avoir abaissé le niveau de formation des élèves à l'école, en particulier en primaire et au collège, un nombre considérable d'individus quittent le système scolaire sans pouvoir utiliser leur langue maternelle pleinement. Cette incompétence linguistique creuse un écart certain entre personnes d'une même collectivité à la longue : elle DÉSUNIT. Cette différence de niveau était particulièrement visible entre mon interlocuteur agressif et moi : des fautes d'orthographe et de syntaxe basiques témoignaient chez lui d'une mauvaise assimilation du français... par un francophone. De telles lacunes me laissent interrogatif, désemparé. En effet, le fossé qui existe entre les individus maîtrisant mal la langue de Molière et moi empêche finalement une communication qui, si le niveau linguistique avait été équivalent, aurait pu déboucher sur un échange courtois même si les opinions avaient été antagonistes. On a du mal à mesurer combien ce décalage linguistique nuit à la fluidité des rapports sociaux : le cœur et les bons sentiments ne suffisent pas pour traduire nos émotions. Les mots clarifient nos messages : nous ne pouvons nous en passer. Nous sommes dans la transmission d'informations basique, l'essentiel de la communication humaine. D'un point de vue anthropologique, l'homme a éprouvé le besoin de complexifier sa manière d'échanger avec ses congénères pour être mieux compris grâce à la transmission de nuances dans son ressenti et l'observation de son environnement : les dessins, les hiéroglyphes puis les lettres regroupées en éléments sémantiques ont été ses outils au fil des siècles. Certes, les mots ne peuvent tout traduire mais ils constituent une base incontournable qui structure notre relation avec les autres humains. Se désengager d'un véritable travail sur soi pour bien utiliser le langage à l'écrit comme à l'oral, c'est déjà se séparer des autres et se maintenir dans un entre-soi social : c'est une forme de rejet de l'autre parce qu'il ne s'exprime pas comme nous et qu'on lui suppose ainsi des attitudes avant même d'en avoir vérifié l'existence. C'est ni plus ni moins qu'un "racisme" social. Et c'est tout à fait ce qui est advenu : mon interlocuteur a rejeté ma pensée parce qu'il n'avait pas le code d'accès culturel pour y accéder alors que moi, j'ai pu intégrer sans difficulté son système argumentaire. En gros, il associait un bon niveau de culture générale à l'appartenance obligatoire à la classe bourgeoise, celle vue comme dominante et exploiteuse des classes dites inférieures, ce qui en justifiait le rejet purement et simplement. J'ai ressenti cette exclusion comme une posture illégitime, infondée objectivement, surtout que je suis un fils d"ouvrier. Mon niveau de connaissance du français doit avant tout à mon travail scolaire, des parents attentifs et ma curiosité. J'ai compris que bien parler français vous expose désormais à être mal perçu et à voir votre discours remis en cause : vous n'êtes pas assez "peuple", vous êtes perçu injustement comme un prétentieux qui cache le vide ou la malhonnêteté d'une pensée derrière un vocabulaire jugé abscons. Le jeune homme m'a reproché textuellement d'adopter la langue de bois des politique, ce qui signifiait que selon lui, je parlais pour ne rien dire ou en dire peu afin de semer la confusion dans le débat et d'imposer une idée creuse ou impopulaire. D'ailleurs, dans cet échange, je suis passé pour le traître à la cause populaire au profit de la haute bourgeoisie puisque je défendais une position intermédiaire ou plutôt parce que je montrais divers aspects contradictoires d'une même situation. Je prouvais que le sujet débattu ne pouvait être tranché radicalement et que seule une approche complexe pouvait apporter la solution la plus juste. Concrètement, l'impossibilité d'exprimer avec subtilité leur avis pousse une part croissante d'individus à radicaliser l'expression de leurs opinions... et à juger suspecte toute vision nuancée.

     

    3. Le recours à une réflexion manichéenne et médiocre qui stigmatise l'emploi d'un français correct

    Le point crucial de cette histoire est qu'elle montre combien un simplisme sémantique délétère a fini à la longue par polluer les échanges humains, en particulier sur Internet. L'impossibilité d'accéder à un niveau de réflexion suffisant lors d'une conversation sur un thème donné rend beaucoup de gens agressifs car ceux-ci se sentent infériorisés même si rien ne vient objectivement légitimer leur comportement. Du coup, on dénie à l'autre le droit d'avoir une position naturellement plus élevée dans son appropriation d'un sujet. C'est le règne absolutiste de l'égalitarisme imbécile si cher aux politiques de gauche qui tend les rapports humains publics désormais. Tout se passe comme si, à l'instar du niveau social matériel, la valeur des individus devait être égalisée à tout prix sur le plan de la connaissance et du maniement des concepts. C'est ce biais cognitif qui doit être supprimé : tous les individus n'ont pas les mêmes capacités intellectuelles, ce qui ne signifie pas que leur valeur intrinsèque soit différente. Un écart de niveau dans quelque domaine que ce soit n'implique pas un écart de valeur humaine. L'idéologie sociale-capitaliste que nous subissons depuis les années 1960 a durablement corrompu le concept de justice sociale. L'uniformisation est son objectif et le nivellement par le bas sa méthode : elle exclut totalement la notion d'instruction pourtant impérative en milieu scolaire pour lui substituer des pratiques dites éducatives relayant un fond dogmatique insidieusement totalitaire. Ainsi, au fil des ans, le relais de concepts idéologiques divers a supplanté la transmission de connaissances variées en diverses matières, en particulier les plus fondamentales, et surtout l'apprentissage du français. La mission première de l'école est carrément passée au second plan, livrant le terrain scolaire et le cerveau des élèves aux délires des pédagogistes et aux expériences purement politiques. Bref, la manipulation des esprits est devenue la tâche principale de l'école républicaine plutôt que la formation à l'intelligence et à une maîtrise d'un savoir libérateur. Mais comment en serait-il autrement vu les fondements maçonniques et idéologiques de notre république ? La libération du peuple n'est pas l'objectif de l'oligarchie bourgeoise aux commandes de la France depuis la Révolution française de 1789, la révolution des FINANCIERS et des penseurs physiocrates des (prétendues) Lumières. 

    L'abêtissement généralisé programmé auquel nous assistons a complètement faussé le rapport à la réalité de nombreux Français : la vision du monde du peuple devient simpliste et fortement manichéenne. Il y a moi et ceux qui pensent comme moi ou à peu près et puis, il y a tous les autres, mes adversaires voire mes ennemis. La nuance n'appartient (presque) plus au débat public et si vous l'exprimez, vous êtes aussitôt critiqué sinon lynché. La tempérance, vertu cardinale, est perçue comme un défaut à une époque où la démesure égotique est vue comme le summum de l'expression publique. Désormais, on est pour ou contre, progressiste ou réac, jeune ou vieux, homo ou hétéro, faible ou puissant... bon ou méchant, etc. Tout se divise en éléments antagonistes jugés intrinsèquement incompatibles mais inséparables. Ce qui compte, c'est que ses idées personnelles l'emportent à tout prix et que le camp d'en face perde, disqualifié. Le Bien et le Mal chrétiens, concepts historiques et philosophiques précis, ont cédé la place à l'acceptable et son opposé, l'inacceptable, avec toute l'imprécision subjective qui se cache derrière ces deux mots. La déliquescence linguistique du peuple aggrave cette tendance égocentrique individuelle ou communautaire. Sans l'aide d'un vocabulaire adéquat, nombre d'individus se condamnent à vivre dans un univers relationnel pauvre, relativement fermé : c'est le diktat de l'uniformité de pensée. La diversité d'opinion et culturelle affichée en public cache mal l'assurance qu'on trouve à rester entre soi. La simple divergence d'opinion vous rend suspect de compromission avec le camp adverse. Et si en plus, vous vous exprimez bien, dans une langue plus que correcte, au-dessus de la moyenne, vous êtes "grillé" : vous êtes jugé et condamné. Parler vrai, c'est de nos jours parler "peuple". Et parler "peuple" signifie parler en termes simples dans une syntaxe approximative. L'effort sur la forme est perçu comme une perte de temps, comme accessoire, inutile. Parler "simple" veut dire aller droit au but, sans ornements verbaux : on confond sobriété et simplisme vulgaire. A cause des personnalités politiques et médiatiques en vue qui maintiennent depuis des années la majorité du peuple endormie avec leurs discours ronflants, même la langue ordinaire fondée sur l'utilisation d'une syntaxe correcte est dorénavant mal perçue. Si vous parlez un langage châtié ou même simplement normal, vous donnez aujourd'hui l'image d'appartenir au camp des dominants. On vous soupçonne d'en faire trop, d'être dans l'affectation : vos intentions sont jugées obligatoirement mauvaises et l'emploi d'une langue soutenue n'aurait pas d'autre objectif que de les dissimuler. En somme, la forme et le fond sont associés en une combinaison abusivement jugée trompeuse au sein d'un procès d'intention envers tout locuteur au parler riche et élégant. Par contre, les deux éléments sont dissociés dès qu'il s'agit de définir ce qu'est un locuteur jugé authentique et "ami" : seul le fond est pris en compte mais il se retrouve limité dans son expression en raison d'une syntaxe et d'un vocabulaire insuffisants. Ce que nous voyons à l'oeuvre est une véritable stigmatisation du locuteur compétent linguistiquement. Pour avoir travaillé quelques années au sein d'établissements scolaires et de centres sociaux dans des zones urbaines délaissées et sinistrées socialement, j'ai vu combien les jeunes au comportement difficile, en situation d'échec et sans repères moraux, faisaient pression sur leurs comparses bons élèves de leur classe ou talentueux dans un domaine afin qu'ils se sabordent et évitent de se distinguer positivement. La médiocrité joue clairement la fonction d'un liant social imposé par les plus forts physiquement ou grâce au poids du nombre.

     

    30. L'IMPLANTATION DE LA MÉDIOCRITÉ DANS L'ESPRIT DU PEUPLE

     

    Finalement, de cet échange tendu entre moi et un individu complexé par son niveau intellectuel, j'ai retenu qu'une pensée durablement médiocre s'était bien installée dans l'esprit de nombreux citoyens ordinaires. Si beaucoup de gens abordent les thèmes d'actualité ou des questions complexes , ils le font mal parce qu'ils ne s'informent pas ou très peu : ils en restent à ce qu'ils entendent ici et là, se soumettant davantage à leurs émotions qu'à une authentique rigueur dans l'analyse. L'obstacle à l'accès à une pensée construite vient toujours d'une inaptitude à manier avec soin la langue orale ou écrite, mais surtout écrite, ce qui nuit à la lecture, moyen fondamental pour rechercher des informations supplémentaires. L'école est bien entendu la première responsable de cet état de fait, ayant délaissé depuis longtemps sa fonction originelle d'instruction pour celle d'éduquer les esprits, c'est-à-dire de formater les cerveaux à l'idéologie sociale-capitaliste. N'oublions pas que c'est toujours par l'enseignement scolaire que les régimes totalitaires imposent le plus efficacement leur mode de pensée et leurs valeurs. L'apparence démocratique de notre république ne doit leurrer personne : l'individu ordinaire est peu à peu dépossédé de ce qui lui reste d'humanité à travers des réformes sociales et sociétales diverses mais aussi par la mise en place dans les cerveaux d'une impossibilité à penser avec justesse, profondeur, rigueur, finesse. Ce constat amer n'est pas idéologique : il est objectif et chacun peut le constater honnêtement s'il possède l'art de la pensée complexe... sinon bien sûr, vous serez incapable de le voir, ni même d'en prendre conscience puisque votre manière de penser sera en elle-même le problème. La maîtrise de la langue d'un pays par sa population conditionne en grande partie l'accès de celle-ci à la liberté en général. Ne pas saisir ce lien évident, c'est s'aliéner pour longtemps à son oppresseur qui fera tout pour empêcher le peuple d'accéder à la complexité d'analyse et à la dimension conceptuelle. 

     

    Crédits photo : Superprof / Philippe Geluck

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 20 Octobre à 11:27

    Bonjour Pierre-Laurent,

    J’ai lu très attentivement votre texte. Je l’ai trouvé très intéressant et votre analyse de la situation pertinente à plus d’un titre.  

    Je comprends parfaitement votre ressenti, croyez-moi. Pourquoi les gens qui ne partagent pas vos idées se croient-ils autorisés à défendre les leurs d’une manière aussi agressive lorsqu’ils se sentent eux-mêmes agressés ? Car la plupart du temps, lorsque l’on réagit par l’agressivité, c’est que l’on se sent soi-même agressé. Il s’agit là d’une réaction de défense par rapport à une parole, une action, ou une situation ressentie comme une attaque. Or, pour ce qui vous concerne et vous connaissant maintenant un peu par vos écrits, je ne pense pas que votre intention ait été d’agresser qui que ce soit. Seulement voilà, cela a pourtant été perçu comme tel.

    Aussi le fond du sujet, objet de la discussion, s’est tout « naturellement » laissé voler la place par la forme, c’est-à-dire votre manière d’écrire en bon français, vous qui veillez à ne faire aucune faute d’orthographe, de grammaire ou de syntaxe, ceci étant, selon moi une forme de respect vis-à-vis du lecteur, et non pas, comme certains préfèrent le penser et le prétendent, de la pédanterie à la forme écrite.

    Seulement le nivellement par le bas a lentement opéré son travail de sape, de génération en génération, ce qui fait que la normalité – écrire en bon français – est devenu l’anormalité, que beaucoup se croient, de plus, autorisés à défendre à grand coups de mots agressifs – parfois même orduriers – sur les réseaux sociaux, bien cachés derrière leur pseudo.

    Selon mon avis, le langage est le reflet de la réflexion. Non pas de l’intelligence mais de la réflexion. Ne plus faire d’effort de langage, que ce soit à l’écrit ou à l’oral, est une forme de paresse intellectuelle. Elle est souvent l’apanage de ceux et celles qui se contentent de leurs acquis, emmagasinés à l’école, au collège, au lycée, à l’université, mais jamais entretenus ni approfondis ensuite de manière individuelle. De ceux qui sont un jour entrés dans un cadre et ont décidé de ne pas en sortir. Par peur et soumission à l’autorité, issue de leur éducation judéo-chrétienne, ou par simple paresse intellectuelle.

    Bien sûr que cette situation est voulue et qu’elle arrange bien les politiques ! – tous les politiques, depuis des lustres –, puisqu’un citoyen qui ne réfléchit pas est un citoyen qui obéit. À tous les diktats. Mais il s’agit avant tout, d’un choix individuel. On peut choisir de s’élever intellectuellement, comme on peut choisir de se contenter du minimum vital de la culture.

    J’avais un grand oncle, ouvrier modeste, par ailleurs très cultivé. Il n’était pas allé très longtemps à l’école, mais il était d’une grande curiosité intellectuelle. Pendant toute sa vie, il n’a cessé d’apprendre, sur tous les sujets. Tout l’intéressait. Tout le passionnait. Il était un autodidacte aussi convaincant que convaincu. Et un esthète des mots.

    J’aimais beaucoup me retrouver en sa compagnie. Il s’exprimait toujours dans un excellent français, à l’écrit comme à l’oral. J’aimais l’écouter parler. J’avais l’impression d’écouter une jolie musique. C’était très agréable. Apaisant. Il m’a communiqué, toute petite, cet amour des beaux mots échangés et cette passion pour la littérature, la musique, la peinture, qui selon moi, en sont à l’origine. Sa passion était tellement grande qu’il achetait en cachette des livres et des disques de musique classique, au grand dam de ma grand-tante qui elle-même ne travaillait pas et essayait vainement de rassembler quelques économies. Mais sa passion était tellement forte qu’il lui aurait été impossible de sacrifier aux simples moyens de subsistance, ceux de son accès à la culture intellectuelle.

    Tout ceci pour dire que le langage, tout comme la culture dont il est le reflet, est un choix. On a toujours le choix entre l’élévation de l’esprit et la paresse intellectuelle. Chacun d’entre nous a le choix, mais personne n’a le droit de nous imposer son propre choix.

    Lorsque vous n’entrez pas dans le cadre, avec tous ceux qui s’y trouvent eux-mêmes, volontairement ou contraints, vous êtes considéré comme le trublion de service qu’il faut à tout prix convaincre d’y entrer. Pourquoi ? Parce que celui qui n’a pas envie d’entrer dans ce cadre leur démontre à tous qu’il peut exister d’autres vérités que la leur, des vérités qui pourraient remettre totalement en question leurs propres croyances. Mais par simple paresse intellectuelle, ils ont décidé de ne même pas les envisager.

    En ce qui me concerne, je préfèrerais être la seule hors du cadre et rester libre, plutôt que d’y entrer et pénétrer ainsi, du même coup, la médiocrité intellectuelle, laquelle, de tous temps a été le socle privilégié de l’esclavage.

    Je n’ai évidemment pas de conseils à vous donner, mais voilà ce que moi je fais lorsque quelqu’un tente de m’imposer sa vérité par la force et l’agressivité gratuite : je ferme la porte. Je m’enferme à l’extérieur ;). 

    Pour terminer, je tiens à vous dire, qu'en ce qui me concerne, j'aime beaucoup votre manière d'écrire, avec un style élégant et un vocabulaire riche, recherché mais accessible, absolument pas empesé. Le tout nous offrant le plaisir de lectures fort agréables. Surtout, ne changez rien ! 

    Amitiés,

    Martine

     

     

      • Vendredi 20 Octobre à 18:57

        Eh bien quel commentaire ! Et je ne parle pas de la longueur ou de la forme mais du fond ! Vos propos complètent merveilleusement mon article. Je n'ajouterai rien donc. Tout est en accord parfait et dans la continuité. En fait, ce commentaire m'a subjugué par son excellente compréhension du sujet mais surtout il m'a fortement interpellé. Une de vos phrases résume tout sur le sujet analysé : "Seulement le nivellement par le bas a lentement opéré son travail de sape, de génération. en génération, ce qui fait que la normalité – écrire en bon français – est devenu l’anormalité (...).". Ces tout derniers mots disent tout. Bien parler sa langue, être à un niveau qui devrait être celui de tous, est devenu encore trop pour la masse. On en reste... déconcerté mais surtout déçu ! Le peuple est bien le principal fautif dans la dureté de son sort : sa complaisance dans la paresse et son absence de curiosité pour l'excellence, la complexité, l'empêchent de vraiment agir pour son profit.

        Beaucoup n'ont pas compris ou dénient la nécessité de l'effort pour atteindre un haut niveau de liberté. Et là, j'ouvre vers une autre problématique à développer peut-être ultérieurement : l'effort, depuis 1968, a été vu comme un vecteur d'arbitraire et un moyen de coercition sur l'individu, une façon d'exploiter l'autre. L'effort est devenu aux yeux de certains esprits dogmatiques un élément anti-égalitaire & discriminant pour beaucoup. C'est d'ailleurs d'un tel postulat qu'est né le pédagogisme avec toutes ses dérives dont l'abaissement du niveau de langage général ! A une ère du "tout égalitaire" totalitaire, forcément, le fait qu'il faille se bouger pour obtenir quelque chose déplaît. En effet, ça montre comme vous le dites que chacun est d'abord le maître de jeu dans sa propre vie. Rien que pour une telle idée, les socialistes et autres nombreux sympathisants de gauche vous voueront aux gémonies.

        La seule excuse que je trouve aux gens communs qui se laissent aller à cette paresse intellectuelle est qu'ils sont issus de ce système scolaire dont le but est de formater les esprits à être dominés via un appauvrissement culturel. Avec de telles références, difficile de s'extirper d'un moule formaté selon les canons de la bêtise & de la facilité hédoniste : c'est tellement imprégné dans le cerveau.

        Merci de votre contribution et des compliments sinon. smile

    2
    Mardi 24 Octobre à 14:50

    Bonjour,


    Pour la nième fois, j'ai (beaucoup) hésité à laisser un commentaire, le problème n'étant pas tellement de pouvoir évaluer l'intérêt/l'apport de ma réponse (quoique), mais d'être à la hauteur de ton écrit (justement). Mais bon. A force d'hésiter, allez ! zou ! j'y go !

    Parce que je cautionne à trois mille pour cent ( oui, j'ai écrit trois mille et pas 3000, parce que ce n'est pas la même chose ! ), je plussoie un milliard de fois (ça, c'est l'effet facebook puisqu'il en est question)(et là, j'écris un milliard parce que 1/je suis nulle en chiffres dès qu'ils dépassent le million et 2/ parce que je suis nulle en chiffres et je ne sais pas ce qui vient après les millions, sans quoi j'aurais écrit un nombre bien supérieur encore), enfin je valide tout bonnement !

    Je ne sais pas si mon commentaire ajoutera une quelconque réflexion supplémentaire, compte tenu que ton texte, parfaitement élaboré a tout évoqué.Je l'ai parfaitement compris, j'en comprends tous les mots, sans avoir besoin d'ouvrir mon Larousse (ou wikipédia, puisque, encore une fois c'est aussi ce dont il est question finalement aussi).

    Donc : je ne reviendrai pas sur ce raisonnement que je partage au plus haut point. J'ai vu comment mes enfants, d'un bon niveau, ont été soumis à des brimades diverses durant leurs scolarités respectives, parce qu'ils s'exprimaient correctement à contrario de certains de leurs camarades pourtant eux aussi élevés dans un milieu socio-culturel de " bon niveau ", même s'il y " avait de tout " .
    Mes enfants ... nés d'un père d'un très bon niveau social, pratiquant un langage " châtié " comme tu l'écris, et d'une mère plus " populaire " mais qui pourtant est sortie de sa fange et qui, sans le pratiquer à tout va, connait le bon vocabulaire, le comprend et est capable de le pratiquer quand il le faut obligatoirement et bien qu'elle ne le fasse pas systématiquement par ... je ne sais pas trop pour quoi (et pas pourquoi). Par paresse ? par histoire familiale ? par peur de passer pour ce qu'elle ne serait pas ?

    Aucune idée. On pourra toujours dire que le terreau familial a son influence, rien (à mes yeux ou à mon entendement) ne justifie la chose, dans la mesure où j'ai su m'extraire très aisément de la fange dont je parlais. J'ai pourtant ressenti très vite l'envie et la nécessité vitale de sortir de mon jus et je n'ai pourtant jamais eu envie de revenir d'où je venais, même si je l'assume totalement.

    Je suppose, si je dois me trouver des excuses, que c'est peut-être parce que je n'ai jamais rien connu d'autre que la violence des mots de zéro à dix-sept ans et que, du coup, cette formation me donne peut-être l'impression que ce sont ceux qui m'ont formée qui vont à l'essentiel, que ce sont ceux que l'on comprend le plus aisément. Et il est vrai que lorsque mon entourage utilise une syntaxe, une réthorique, un vocabulaire à l'identique de ce que tu évoques, quand bien même je les comprends et serais capable de faire de même, je complexe. Je ne me sens pas à ma place. J'ai l'impression de tricher. De " prendre les autres de haut ". Risible, non ? Alors, je me mets à la portée des " autres ".

    Ce qui, pas plus tard que la semaine dernière, ne m'empêche pas de me faire traiter de snob. " Vous me prenez de haut " , c'est exactement ce que m'a dit le chaumier auprès duquel je protestait pour un travail accompli il y a huit ans et qui menace de ne pas tenir très longtemps compte tenu des dégradations survenues depuis son installation. J'avais pourtant utilisé un vocabulaire très simple : " Je suis déçue ". " Mon toit précédent à tenu quarante ans sans aucune intervention mais celui-ci n'atteindra pas les dix ans sans réfection ". " Vous vous targuez d'avoir 1500 clients, mais monsieur X, la quantité n'est pas la qualité ". " Vous dites que vous n'avez jamais eu de problème en vingt ans d'activité mais quand je vous écris pour vous exprimer mon problème, vous ne prenez même pas la peine de me répondre et me laissez courir après vous sans jamais pouvoir vous joindre depuis plus de deux mois , parce que, prétendez-vous, vous m'avez oubliée ... Un seul client mécontent ne s'oublie pas " etc ...

    J'ai été très affectée qu'il pense que je le prenait " de haut ". Je n'ai rien compris. J'en tremble encore au point que je me demande sous quels auspices le rendez-vous prévu ce samedi va démarrer. J'ai fini par lui répondre que je n'étais pas une parisienne, que je vivais chez moi toute l'année, et qu'il ne devait pas me traiter par dessus la jambe (il travaille avec les bourgeois de la côte). Il n'a pas compris. Evidemment.

    Parce qu'à un moment donné, vocabulaire ou pas, il y a une question d'empathie.

    Je me suis sentie contrainte de lui expliquer que moi aussi j'étais " artisan ", que moi non plus, je n'avais jamais rencontré à ce jour, de problème avec mes interlocuteur, mais que souvent, je me demandais ce que je ferais si untel ou untel revenait vers moi déçu par mon travail. " L'empathie, lui ai-je dit, c'est la faculté de s'imaginer à la place de l'autre dans une situation donnée et de s'imaginer ce qu'il ressentirait dans ladite situation, afin de répondre au plus près de sa demande. "

    Car je crois qu'il y a ton sujet ici ET l'empathie. Pour être empathique, certes, le vocabulaire joue son rôle puisqu'il faut être capable de comprendre un message pour comprendre/ressentir une émotion. Mais il y a aussi l'intérêt véritable que l'on porte (ou pas) à autrui, l'envie (ou pas) de le comprendre, d'être à sa portée ...

    Sinon, mon (gros) problème à moi, c'est la concentration. Quel que soit le contenu du texte. J'ai une capacité très faible en ce domaine et je t'avoue que j'ai fait un gros effort pour parvenir à la fin de ton texte sans tricher, sans sauter de ligne. Et cela n'a rien à voir avec toi. C'est juste que passé un délai que je ne peux pas mesurer, je n'arrive tout simplement plus à suivre. Je me laisse distraire par la moindre chose, je papillonne, je m'évade ...

    Aurais-tu par hasard un lien vers le fil de discussion dont il est question ici ?

    Tu vois, ma concentration est si minable que je vais m'arrêter ici alors que j'aurais tant de choses à échanger sur ce sujet. Et c'est ce qui explique, je crois, que je serais incapable de rédiger mes pensées de la façon dont tu le fais. Il me manque simplement les moyens intellectuels. 
    Il me semble que ton analyse sur cette expérience particulière est bonne mais je crois que l'apprentissage scolaire n'est pas tout (et je suis pourtant la première à taper sur le système). Se mettre à la place de l'autre, sans faire du social pour autant, me parait être une priorité égale.

    Merci d'avoir eu la patience de lire et pardon pour avoir squatté ton espace. 

    Bonne journée.

     

      • Jeudi 16 Novembre à 14:33

        Bonjour ! Je réponds tardivement à ton commentaire : les études, la confusion parfois due à la dépression et parvenir à mener sa vie malgré ce syndrome qui épuise et ralentit notre action quand on en est atteint, tout ça me prend de l'énergie. Et quand on est n'est pas au top de ses capacités, c'est un peu plus dur.

        Pour en revenir au texte, nous sommes d'accord sur l'essentiel : les efforts, la rigueur personnelle, des parents attentifs et puis la curiosité forment le cocktail du progrès individuel en bien des domaines et surtout dans l'acquisition de connaissances. Parfois, oui, un des éléments manque dans la vie d'une personne et c'est le résultat qui en pâtit. Ça perdure à l'âge adulte. 

        Quant à l'empathie, ce n'est pas un problème pour moi : c'est une qualité naturelle et c'est très fort, trop même, ce qui me joue quelques tours parfois. Le problème n'est pas là en ce qui me concerne. Je sais m'adapter lorsque je vois une personne avec un mauvais niveau de français et essaie d'être dans ce cas synthétique et sobre dans le vocabulaire. Et comme souvent, ça se passe dans des contextes paisibles, l'info passe. Et du coup, j'ose un mot ou une tournure de phrase plus complexe. Souvent, j'anticipe la non-compréhension du mot par l'autre quand je sens que ça va poser problème : j'explique le terme et c'est bien reçu. Je ne suis pas dans le jugement : les gens le sentent. Si je sens que la personne peut l'entendre, je lui conseille de travailler son vocabulaire et sa grammaire. Mais souvent, je préfère me taire : les gens ne sont pas prêts à l'entendre. C'est une déformation mentale due à l'égalitarisme dans lequel nous vivons : tout se vaut, donc pourquoi devrai-je faire plus d'efforts qu'un autre pour obtenir un même résultat ? A cause d'un tel biais de pensée collectif, beaucoup dénient ce qu'ils sont et là où ils en sont réellement. C'est un manque d'humilité et de sagesse qui se paie lourdement chaque jour. En cause : le dogmatisme voire un certain fanatisme politique personnel, souvent à gauche. Quant aux gens rencontrés dans des contextes tendus ou pas sympas, je ne tente rien d'emblée : les tensions relationnelles éliminent en moi l'envie de montrer une correction linguistique à l'autre alors. Pas la peine d'en rajouter dans ce cas-là.

        Ce qui ressort tout de même, c'est l'enfermement de la plupart des gens dans leur insuffisance voire une franche médiocrité comme je le rappelle, en en étant même fiers ou en la mettant en avant afin de se valoriser face  à un autre plus talentueux, compétent ou doué. Ce renchérissement dans la présence de lacunes et même la paresse provient de la complaisance excessive envers soi : faire des efforts exige de... travailler par définition. Or, nous vivons dans une société qui promeut le plaisir à toute heure et tous les jours. Ce qui conduit les individus brillants à culpabiliser : on les stoppe dans leur élan afin de les rabaisser au niveau des très moyens. En fait, nous vivons dans la société du moyen moyen en permanence à cause du dogme égalitaire qui est un nouveau totalitarisme. L'égalité est l'opposé de la liberté. Rabaisser celui qui veut s'en sortir ou qui a plus de moyens intellectuels (cf. tes enfants dont on se moque à l'école) interdit à toute la société de s'élever en empêchant le plus doué ou le plus travailleur d’utiliser ses compétences à plein. C'est irrespectueux et antidémocratique. Tout totalitarisme (et nous y sommes de façon diffuse) a besoin d'avoir une masse d'individus maintenus dans la moyenne ou plus bas : ils sont ainsi plus facile à manipuler. Il faut savoir que tout régime totalitaire manipule en premier la langue et s'attaque au savoir intellectuel pour imposer son influence : c'est une constante historique. Cet abaissement de l'enseignement du français ne doit rien au hasard.

    3
    Jeudi 26 Octobre à 11:16

    Bonjour,
    Flutalor ! Alors que je relisais ce texte qui ne peut qu'interpeler, et l'on s'étonne, une fois encore, que si peu de commentaires suivent, je tombe sur celui que j'ai laissé, justement, et qui est ... bourré de fautes !!!! Je sais pourtant bien faire la différence entre un conditionnel et un futur, entre la première et la troisième personne du singulier ...
    On mettra cela sous le coup de l'émotion.

    (J'ai honte ouch. Ceci sera mon dernier commentaire)

    4
    Dimanche 29 Octobre à 17:57

    Belle analyse de la situation..........désastreuse.Pour illustrer cette bêtise de l’humain,je raconterai un fait datant de plusieurs années maintenant.En Bretagne ,je crois,un Monsieur originaire d'Afrique fut élu maire d'un bourg.Pour ne pas faire trop de bêtises dans sa gestion de la commune,il créa comme dans son pays d’Afrique d'origine le conseil des anciens du village.Cela dura.......un certain temps.Et bien vite ce brave homme fut chassé de sa fonction.....Il était surement trop honnête.Il écoutait les conseils des "vieux"......Par exemple ne pas bâtir sur une zone inondable et j'en passe.Moralité.....L’homme est un égoïste........Ou le devient aux grès des divers événements qui balisent sa vie.

    5
    Jo le condor
    Mardi 31 Octobre à 08:53

    Hello Bonjour

    Voilà un article brillant par sa verve et sa coloration. Je ne suis pas de culture littéraire mais de culture scientifique, ceci m'a obligé

    à n'employer que des phrases courtes pour aller à l'essentiel. La littérature scientifique étant hélas surtout rédigée en anglais ce n'est que par un glissement progressif que j'en suis venu à raccourcir mes textes. La langue française étant une merveilleuse langue " diplomatique" l'anglais s'est imposé dans le monde scientifique justement par sa pauvreté en mots et nuances pour apporter plus de précision et de concision dans les textes.

    Je ne voudrais pas opposer la pensée scientifique à la pensée littéraire car pour moi il n'y a qu'une seule façon de penser et elle n'est pas forcément verbale. Il y a cependant plusieurs façons de s'exprimer par les mots, je vais proposer un exemple:

    Imaginez un scientifique qui s'exprimerait dans son jargon de scientifique devant un non-scientifique, celui-ci se sentirait frustré de ne rien comprendre. Nous devons donc faire l'effort d'adapter notre langage en fonction du niveau culturel de nos interlocuteurs.

    Je ne veux pas me présenter ici en donneur de leçons mais je précise que je n'ai pas de compte facebook, mon seul blog et celui d'Ekla où je m'exprime plus en images qu'en texte, comprenne qui pourra. 

    Amitiés

    Jo 

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