• 27. MÉTHODE SYLLABIQUE V/S MÉTHODE GLOBALE - le bon sens d'un ministre

     

    Notre actuel ministre de l'Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé quelques nouvelles mesures lors d'un récent entretien pour L'Obs. Une des mesures en faveur d'une présence plus importante de la méthode d'apprentissage de la lecture dite syllabique me ravit. J'explique pourquoi dans cet article qui n'est pas toutefois un texte d'étude comparative entre méthodes globale et syllabique. Je m'en tiens à décrire ma satisfaction de voir le pragmatisme et une once de sagesse revenir dans ce sanctuaire idéologique qu'est le monde scolaire français où le pluralisme démocratique a bien du mal à exister.

    Alors que je suis un fervent opposant au président de la France, M. Macron, l'honnêteté m'oblige à reconnaître une attitude positive de son ministre de l'éducation qui se fonde ici sur la réalité : la supériorité de la méthode syllabique pour l'apprentissage de la lecture et de la conceptualisation des mots a été scientifiquement démontrée. Hahahaha !!! Certains de mes amis ou contacts "macroniens" vont apprécier !

    Article dédicacé à Anne "du Rhône"

     

    Le nouveau ministre de l'Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, a donné une longue interview publiée ce jeudi 24 août 2017 dans L'Obs 1. Il y a fait plusieurs annonces dont l'une m'a particulièrement plu :

    « A propos de l'enseignement de la lecture : "On s'appuiera sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie explicite, de type syllabique, et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet aujourd'hui qu'elle a des résultats tout sauf probants." »

    Cette annonce est pertinente car elle est en phase avec le développement psycho-affectif de l'enfant. Dans mes études de psychologie, au cours de l'année écoulée, j'ai dû faire des recherches en psychologie cognitive sur la manière dont notre cerveau fonctionnait pour intégrer des informations complexes sur les plans visuel et intellectuel. J'ai dû étudier des rapports de recherche scientifique récents sur ce thème 2 : à l'évidence, la méthode syllabique respecte le mieux le processus d'intégration global du cerveau humain avec d'autres éléments à prendre en compte (police, couleur et taille du lettrage, couleur de fond d'un document, etc.). C'est démontré de manière rigoureuse. C'est sans appel. Et dire que les pédagogistes type Philippe Meirieu et d'autres perdus comme ce dernier dans l'abstraction égotique des années durant ont nié ce fait évident polluant la perception du réel de millions d'élèves par pure idéologie pendant plus de 30 ans ! Bien sûr, rien n'aurait été possible si le dogmatisme si inflexible qui soude une majorité d'enseignants n'avait existé. Je me souviens dans les années 1990 de l'irritation de nombreux instituteurs face aux résultats d'études faites pour la plupart à l'étranger confirmant déjà nettement la supériorité de la méthode syllabique d'apprentissage de la lecture sur l'autre approche dite globale. Actuellement, les syndicats d'enseignants sont en colère envers M. Blanquer à cause de ses propos relatés ci-dessus : ils l'accusent d'exagérer et soutiennent que la méthode globale n'a plus cours depuis des années en primaire. Or, c'est faux puisque des professeurs des écoles que je connais m'ont avoué employer une version mixte mêlant les approches syllabique et globale. Ils ont également rajouté que c'était même la tendance générale adoptée par les enseignants dont la plupart éduqués à lire avec la méthode globale dans les années 1970/80 se refusaient à l'abandonner complètement.

    Toutefois, ce recours simplement partiel à la méthode globale n'augmente pas l'efficacité de façon probante. J'ai été juré de bac en 2014. J'ai encadré dans mon ancien travail des stagiaires dont je devais parfois superviser la rédaction des rapports de stage. Et j'ai repris des études universitaires. Ces 3 contextes m'ont permis de constater les niveaux orthographique et de grammaire des jeunes soumis à l'approche pédagogiste. J'ai pu voir les dégâts de l'usage de la méthode globale, même à travers la version mixte. A l'université, comme j'étais plus âgé que les autres étudiants, certains professeurs m'ont livré leur inquiétude sur ce sujet avec moi. Deux particulièrement m'ont dit être très déçus de voir le système scolaire français se complaire dans la boue de la médiocrité intellectuelle alors que les études de psychologie exigent une vraie maîtrise de la syntaxe française : le métier de psychologue, toutes spécialités confondues, oblige à écrire des rapports d'études ou cliniques régulièrement, des documents professionnels qui véhiculent des informations cruciales sur un sujet d'études ou les troubles d'un patient, quand même ! Personnellement, j'ai eu parfois des difficultés à lire les écrits rédigés par quelques étudiants avec lesquels j'ai dû travailler : la répétition des fautes empêchait une compréhension aisée du fond. Par ailleurs, lorsque j'occupais encore mon ancien emploi, une ex-collègue africaine, soucieuse de donner une bonne instruction à sa fille, m'avait expliqué avoir acheté un Bescherelle et quelques livres de grammaire pour augmenter le niveau de français plutôt médiocre de son enfant : l'objectif était d'utiliser à domicile la seule méthode syllabique et non plus la méthode mixte. Cette initiative lui avait été conseillée par l'enseignante même de sa fille qui lui avait avoué ne pas avoir le temps d'optimiser son enseignement en français pour le rendre profitable à tous ses élèves. Cette institutrice reconnaissait explicitement la meilleure efficacité de la méthode syllabique seule sur celle globale ou sur la méthode mixte qu'elle utilisait en classe. Par la suite, ce genre d'attitude m'a été rapporté maintes fois autour de moi et je l'ai lu dans la presse où quelques journalistes avaient eu ce même conseil de la part de l'enseignant s'occupant de leur progéniture. La question de la pertinence d'un enseignement du vocabulaire français par une méthode mixte se posait à tout le monde. Les (très) rares fois autour de moi où des gens ont soutenu la méthode globale avec conviction, c'était toujours des professeurs idéologues et fortement politisés à gauche qui promouvaient le modernisme, enfin la vision socialiste de la modernité plus exactement. L'objectivité de l'observation factuelle et de l'observation scientifique sur la question ne les effleurait même pas : seuls comptait l'enfumage idéologique des "chercheurs" pédagogistes : le bien-être scolaire de l'élève était avant tout le domaine d'application de dogmes où l'abstraction règne en maître.

     

    27. MÉTHODE SYLLABIQUE V/S MÉTHODE GLOBALE - le bon sens d'un ministre

     

    Comme cet article n'a pas vocation à démontrer en quoi la méthode syllabique est plus efficace que celle globale, je n'irai pas plus loin aujourd'hui, ce qui explique pourquoi je ne donne pas de référence d'étude comparative et pourquoi je ne m'en tiens qu'à des exemples vécus qui sont loin toutefois d'être anecdotiques. En effet, le sujet de ce texte est de simplement rapporter le plaisir que j'ai eu à voir enfin un ministre de l'Education Nationale montrer du bon sens parce qu'il en revient au CONCRET, ce qui fonctionne ! Dans l'enseignement scolaire, c'est le pragmatisme qui devrait être à l'origine des méthodes éducatives et non les idéologies, en particulier celles fortement politisées. Cette annonce faite par M. Blanquer est d'autant plus intéressante qu'elle vient d'un homme issu lui-même du milieu éducatif scolaire et non d'un énarque ou d'un philosophe idéologue, ce qui la rend bien plus crédible. Ceci dit, le ministre a face à lui des instances très conservatrices pour lesquelles le mot "évolution" ne se conçoit que si on va dans le sens de leurs idées : les syndicats d'enseignants et le Conseil supérieur des programmes scolaires actuellement présidé par Michel Lusseau, très actif dans la mise en place des méthodes pédagogistes en France... et plutôt ancré à gauche éthiquement. Bref, l'arbitraire des dogmes risque fort de s'opposer au respect de la réalité, lutte récurrente de l'abstraction contre le concret, une lutte inutile et coûteuse en perte d'énergie si chère à la France. Les prochaines semaines vont nous renseigner rapidement sur la manière dont le ministre va collaborer avec des adversaires qui ne lui laisseront qu'une infime marge de manœuvre comme à l'accoutumée.

     

     

    NOTES & RÉFÉRENCES  :

    (1) : Lecture : Jean-Michel Blanquer veut revenir à la méthode syllabique (vu sur www.bfmtv.com)
           Jean-Michel Blanquer veut revoir la pédagogie de la lecture (vu sur www.lefigaro.fr)
           Lecture : Jean-Michel Blanquer veut privilégier la méthode syllabique (vu sur www. europe1.fr)

    (2) : Quand les neurosciences enterrent la méthode globale (vu sur www.scilogs.fr)

     

    Crédits photo : Mame & Fils

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 27 Août à 09:51

    Bonjour,

    Pour ma part, je n'ai jamais eu aucun problème ni avec la méthode globale ni avec la semi-globale, puisque je n'y ai tout simplement jamais adhéré. Lorsque mes enfants ont commencé à faire l'apprentissage de la lecture et de l'écriture à l'école, je les ai suivis et accompagnés l'un après l'autre, lors des séances de devoirs à la maison, armée de mes connaissances et de mes livres sur la bonne vieille méthode syllabique, laquelle avait fait ses preuves pendant des décennies. Ce qui m'a d'ailleurs valu de me disputer avec l'enseignant de mon cadet qui me reprochait de "saboter" son travail. Mais je lui ai tenu tête et j'ai continué à "saboter" (il s'agissait quand-même de donner de bonnes bases à mon enfant !), ce dont mon fils me remercie aujourd'hui, car parmi tous ses amis, c'est l'un des seuls à savoir écrire une lettre sans faute d'orthographe, de grammaire ou de syntaxe. Ce qui n'est pas négligeable lorsque l'on souhaite trouver un emploi, sachant que la première étape pour postuler est la lettre de motivation.

    D'une manière générale, je n'ai jamais compris pourquoi certains se croient toujours investis du devoir de changer les méthodes qui fonctionnent …??? Leurs "innovations" ont la couleur du progrès, le parfum du progrès, mais ont la forme de sabotages... Mais ceci est un autre sujet.

    Tout ceci pour dire que je suis tout à fait d'accord avec ce qui est dit dans votre article et je me réjouis également que quelqu'un préconise enfin de revenir à l'ancienne méthode. Voudrait-on rendre le peuple plus intelligent ? Ce serait une bonne chose, n'est-ce pas ?

    En revanche, je ne comprends pas très bien ce que la politique vient faire là-dedans. Pour ma part, je pense plutôt que l'orgueil humain, ainsi que la résistance, non pas au changement mais au retour en arrière, sont les deux véritables causes du désastre. Et ceci n'est pas l'apanage d'un parti politique ou d'un autre. L'orgueil humain cherche à toute force à imposer à la collectivité ce qui a toutes les chances de rapporter quelques lauriers à une ou quelques personnes privilégiées. Accepter un retour en arrière pour aller de l'avant plus intelligemment n'est pas un aveu d'échec. C'est savoir reconnaître avec humilité que personne n'est infaillible et que l'on a pu se tromper ou se laisser tromper. L'orgueil et la résistance au retour en arrière sont les deux mamelles nourricières d'une société anesthésiée qui a oublié la signification du verbe "résister". Et elles sont toutes les deux inhérentes à tous les partis. Il suffit de revenir sur ce qui a été fait et défait au cours des dernières années pour en être convaincu.

     

    Ceci étant, je suis ravie également que l'on veuille en revenir à une méthode sensée qui a fait ses preuves depuis des lustres et qui a tout de même, ne l'oublions pas, enfanté quelques grands romanciers, poètes et dramaturges français. 

    Merci pour cette belle opportunité de réflexion. C'est toujours un plaisir pour moi de découvrir vos articles.

    Bon week-end.

    Amicalement,

    Sérénita 

     

      • Samedi 9 Septembre à 07:13

        Bonjour Sérénita !

        J'ai souri en lisant la fin de votre commentaire. Vous expliquez que la politique n'a pour vous rien à voir dans ces multiples interventions de nos ministres & députés dans l'éducation scolaire mais vous parlez d'orgueil ! Ben... je crois que l'orgueil & la politique font très bon ménage en général. Fort peu de nos représentants officiels montrent une authentique modestie. Je crois que nous avons tous deux raison.

        En fait, je parlais de politique parce que de facto, ces décisions de changement de méthode sont politiques puisqu'elles viennent de politiques en poste. C'est comme un médecin encore en exercice qui vous donnerait un traitement, selon la loi & même par nature, l'acte serait médical alors que si le médecin est à la retraite, ce n'est plus un acte médical au sens légal. En outre, les pédagogistes, intellectuels & autres philosophes qui réfléchissent sur l'éducation et l'instruction le font toujours selon un schéma éthique personnel, et ce schéma est le fond où s'enracinent des valeurs propres à ces personnes. Or, vous le savez, nos valeurs intimes nous rapprochent plus de tel ou tel courant politique de pensée, que nous le voulions ou non. Et cela crée en nous des sympathies ou des répulsions immédiates face à certaines courants idéologiques. Les réformes sont forcément portées par des valeurs philosophiques personnelles qui deviennent ainsi un substrat politique de référence. C'est pourquoi on rapproche certaines valeurs plus de la droite ou de la gauche si on fait une différence nette entre les deux bords.

        Ces valeurs qui amènent un ministre & une équipe gouvernementale à décider de nouvelles mesures dans un domaine deviennent par essence collective, donc publiques : on est déjà concrètement dans le politique. Par conséquent, la politique a beaucoup à voir avec l'éducation scolaire. Je dirais même que c'est sans doute de domaine de notre vie où le politique fait le plus sentir son influence tant l'enjeu est capital : l'histoire a prouvé que les programmes scolaires sont un excellent moyen pour influer sur la pensée des élèves, futurs adultes & donc citoyens... électeurs.

      • Lundi 11 Septembre à 15:26

        Bonjour Pierre-Laurent, 

        En lisant votre réponse à mon commentaire, Je me dis que finalement vous pourriez bien avoir raison, surtout à la lecture de votre dernière phrase. Oui, hélas, vous avez sûrement raison.

    2
    Lundi 28 Août à 15:18

    Bonjour.

    Ancien enseignant puis inspecteur, je puis comprendre le retour à l'ancienne méthode, pourtant moins bonne.

    MAIS, j'ajoute illico que la majorité des instits ne la pratiquaient pas correctement, car elle demande beaucoup de préparation et de travail pour l'appliquer à bon escient !

    Je profite de ce petit mot pour te donner les url de mes deux blogs.

    http://coyotus-erudicus.blog4ever.com/

    et

    http://coyotus-humoristicus.eklablog.com/

    Bonne fin de journée.

      • Lundi 11 Septembre à 18:47

        Bonjour Coyotte !

        En relisant votre commentaire, j'essaie de comprendre. L'ancienne méthode, je suppose, est celle syllabique, celle que vous jugez moins bonne. Est-ce celle-là qui demandait beaucoup de préparation & était mal appliquée ?

        En ce qui concerne ensuite la comparaison entre les deux méthodes, je sais qu'après l'évincement de la méthode syllabique pour celle globale uniquement à partir de la fin des années 1970, on a fini par la réintroduire face à l'émergence d'un illettrisme au collège (l'environnement social n’explique pas tout) & à l'incompétence de nombreux élèves pour lire & surtout écrire. Du coup, on a utilisé une méthode mixte qui perdure toujours malgré les dires de professeurs peu honnêtes sur ce point qui reprochent au ministre de rappeler l'usage en cours de cette méthode double. J'ai même entendu une responsable de service au ministère de l'Education Nationale en rappeler l'usage dans une interview. Des profs que je fréquente dans ma vie m'ont confirmé que la méthode globale reste employée mais associée à l'autre, même si son usage tend à se réduire face à l'hécatombe orthographique et grammaticale constatée. Mon frère, prof de physique, matière où on doit rédiger des démonstrations, m'a décrit l'état lamentable côté langue des copies de terminale : il retire des points pour inaptitude à manier la langue. Et bien qu'homme de gauche, il ne souscrit pas à ce vent idéologique en permanence en train de souffler pour aller dans le sens d'une pensée qui voit toute nouveauté comme un progrès alors que les faits démontrent l'inverse. Le conservatisme est aussi une forte caractéristique de la gauche : il n'appartient à aucun camp en particulier... sauf celui opposé à ces idées. Le conservateur dans l'âme, le méchant, c'est toujours l'autre, c'est bien connu. Reste surtout à savoir si tout progrès dans les mots & sur le papier est un réel progrès sur le terrain. C'est là que le pragmatisme a toute son utilité : constater & corriger ce qui doit l'être voire supprimer si nécessaire une mesure inefficace... & dès lors coûteuse pour la collectivité qui la finance.

        Moi-même comme je le rappelle dans l'article, j'ai constaté dans 3 contextes que je cite, puis à travers une expérience de 7 ans (1986/1993) plus d'un an (2000) en milieu scolaire (collège & lycée professionnel) que graduellement le niveau de capacité linguistique diminuait : les professeurs s'en faisaient également l'écho. Et ça date des années 1990 ! La plupart des gens autour de moi ou que j'ai pu rencontrer étaient des parents attentionnés soucieux de voir leur progéniture réussir : tous complétaient l'enseignement de l'école par un enseignement exclusif à l'aide de la méthode syllabique. Et certains de ces parents étaient eux-mêmes enseignants, sans compter les profs qui conseillaient aux parents ce complément éducatif à domicile afin de pallier le déficit en cours à l'instar de cette ex-collègue africaine citée dans mon article.

        Vous semblez mieux apprécier la méthode globale. Toutefois, en psychologie cognitive (je suis étudiant en psychologie), je me suis trouvé à travailler sur des études & des textes montrant les moyens d'intégration de l'enfant & du cerveau humain. J'ai même fait tout un travail sur la conception d'une affiche d'information de sécurité routière selon les rappels des neurosciences afin que le lecteur jeune ou moins jeune "percute" tout de suite. Ce sont ces mêmes paramètres cognitifs qui jouent lors de l'apprentissage en primaire dont l'un est l'amalgame progressif de données en partant toujours du + simple au + complexe. Et l'élément le + simple du langage écrit est d'abord la lettre suivi immédiatement de la syllabe : la notion de progression régulière dans la complexité est fondamentale pour l'intégration par le cerveau humain. Le contexte global ne vient que dans un second temps quand on sait de quoi on parle. Si l’œil voit un signe & son contexte ensemble, l'intégration intellectuelle, le déchiffrage de l'information véhiculée, n'est pas simultanée. C'est le jeu perpétuel entre induction & déduction, deux processus cognitifs importants & complémentaires que nous utilisons en permanence pour intégrer toute information en tout domaine.

        J'ai été éduqué à la méthode syllabique qui m'a apporté une excellente orthographe & une compréhension facile des mécanismes grammaticaux qui se fondent sur les mêmes principes que l'acquisition de la lecture : l’élément simple (mot) au départ puis sa relation au tout (phrase). Le sens s'ajoute très vite, dès que le son est associé à ce qu'il représente. Mes études de linguistique en lettres modernes confirmaient déjà en leur temps l'apprentissage séquentiel du cerveau humain malgré le plein développement de l'approche globaliste alors. La méthode syllabique est concrète : elle part de l'outil, la lettre. Celle globale est + abstraite & part du résultat, de l'idée ou chose illustrée par un mot. La cristallisation idéologique qui s'est faite autour de chaque méthode vient du fait qu'on a voulu substituer complètement l'approche globale à la syllabique au lieu d'emblée de proposer une méthode mixte. Celle-ci n'est apparue qu'à cause de la chute de niveau dans l'acquisition du langage écrit. Et c'est là, à mon avis, l'énorme source du conflit idéologique qui perdure sur l'apprentissage de l'écriture, ce qui, du coup,  a laissé le champ libre à un dogmatisme inflexible des deux côtés au détriment des élèves... & certainement de leurs enseignants. 

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