• 20. FACE A LA DÉPRESSION QUI SE RÉVÈLE

     

    Elle couvait depuis des années, la dépression. Je la sentais, de loin, latente, diffuse, mais ne la vivais pas. Tant de choses interféraient entre elle et moi : des moments de joie fugace, d'autres épreuves et des temps d'efforts prolongés pour concrétiser de trop nombreux rêves déçus. Oui, trop nombreux ces projets pourtant viables et sérieux. Les fissures internes ont grandi jusqu'à mon projet actuel, un autre, dont des études de psychologie sont une partie et vont être le vecteur de fracture. Cette fois, les fêlures se sont agrandies presque jusqu'au point de rupture. Je n'en peux plus tout simplement de vivre une vie à côté de mon chemin, de mon vrai Moi. Ma dépression qui se démasque au fil des jours me dit de penser à moi et de revoir ma relation avec les autres où ceux-ci ont beaucoup d'importance... trop d'importance. Le moment est venu de changer.

     

    Depuis 5 mois maintenant, je vais mal. J’ai sombré intérieurement telle une épave en eaux peu profondes : je vois toujours la lumière solaire à la surface. Mais je peux couler plus. Il aura suffi d’une mauvaise note obtenue dans une matière de mon cursus universitaire à cause d’un oubli (celui d'ouvrir un email avec une partie de cours que je n’ai pas révisée du coup) pour que se déclenche tout un processus d’auto-sabotage et d’insécurisation. Je sais que cet oubli est la traduction consciente d’autre chose : il est aussi la conséquence d’un autre processus, un burn-out, que j’ai dû gérer durant 3 ans. Avoir des échéances serrées avec une pression constante m’est devenu insupportable si ça se répète souvent, ce qui est le cas en faculté de psychologie : beaucoup de travaux de groupe nous sont donnés à faire et la pression collective pèse sur vous alors en permanence car la note donnée à la fin est commune. Forcément, vous avez intérêt à travailler pour éviter une baisse de cette note sinon les autres vous mènent la vie dure à coup de rappels plus ou moins explicites et fermes mais fréquents. Cette situation a fait écho à ce que j’ai subi dans mon ancien travail de façon beaucoup plus insidieuse et qui allait me mener à l’épuisement psychique. Cette répétition a fragilisé mon état mental en deux mois… et créé une résistance implicite. Mon énergie n’a pu être mise à fond dans mes études. Toutefois, je ne m’en suis pas trop mal sorti pour mon premier semestre : je n’ai eu que 3 mauvaises notes dont une vraiment basse. Toute le reste est plutôt bon voire excellent. Par contre, la deuxième moitié de mon cursus de licence se passe nettement moins bien.

    Le second semestre a commencé avec cette fatigue morale qui était revenue, fatigue amplifiée par l’anniversaire de la mort de mon père en janvier. Papa était décédé depuis un an alors. Malgré mes efforts pour ne pas perdre pied, le courant m’a éloigné du bord et j’ai coulé peu à peu… pas trop profond, comme je l’ai dit. En fait, ce que je sentais monter en moi et qui restait sous-jacent, latent, depuis des années, était un immense désespoir, un désespoir que j’ai toujours ressenti de façon plus ou moins diffuse selon les instants mais toujours là comme un kyste. Finalement, mes études ont eu la fonction d’un révélateur qui m’oblige à affronter la partie de moi qui a perdu foi en la vie depuis des années, c’est-à-dire depuis l’automne 2004, période qui allait signer mon entrée dans une crise existentielle de 4 ans. Depuis 2008, je pensais avoir géré le plus gros. En fait, si peu à peu, j’ai su retrouver plus de solidité mentale, tout au fond, les failles n’ont pas disparu et n’ont pas été colmatées. C’est en cours de Psychopathologie du jeune adulte à l'université que j’ai obtenu une réponse fortuite qui allait résonner en moi intensément et m’apporter une information déterminante.

    C’était en novembre 2016, en amphi : une professeure, psychologue clinicienne, nous faisait un cours sur la schizophrénie et d’autres maladies mentales graves. Elle a insisté sur le facteur temps et parfois la soudaineté de l’émergence d’une psychose : une personne peut se comporter de façon tout à fait normale pendant des années et un jour, à cause d’un facteur déclenchant (personne, situation, objet), la maladie apparaît brusquement détruisant l’équilibre de l’individu concerné et mettant son entourage face à une réalité aussi pénible qu’inattendue. L’enseignante avait alors utilisé une image parlante et fort belle, celle d’un vase en cristal. Elle avait expliqué que notre psyché, une fois que nous étions nés, était comme du cristal à partir duquel on allait fabriquer un objet. Le cristal, même le plus pur, contient toujours des lignes de faille naturelles, presqu’invisibles pour certaines. C’est aussi le cas pour la psyché humaine : au fur et à mesure de notre vie d’enfant, certains événements vécus traumatiquement vont engendrer des lignes de fêlure subtiles que l’esprit va intégrer tandis qu’il emmagasine la situation dérangeante dans un coin inaccessible de notre espace psychique. Ainsi, les années passant, l’équilibre mental de l’individu est préservé et ça peut rester ainsi jusqu’à la mort. Toutefois, pour certaines personnes, un événement, une parole, une action ou la répétition d’une action, etc., va un jour induire un choc psychologique dont les répercussions seront désastreuses pour l’équilibre mental global de la personne. Celle-ci va alors sombrer dans la folie. Le contexte qui apparaît soudainement ou se met en place graduellement est un écho au traumatisme ancien et refoulé : l’équilibre de la personne est déstabilisé. C’est comme un vase de cristal : les fêlures microscopiques du matériau n’apparaissent pas à l’œil nu mais un jour, il suffit d’un choc un peu plus violent ou d’un énième petit choc, celui de trop, bien des années après la fabrication de l’objet pour que ce dernier se brise exactement selon ses lignes de fissure internes. Cette image que je trouve très bien choisie montre à quel point notre équilibre psychologique est ténu malgré les ressources que nous possédons pour le conserver et combien ce que nous vivons dans l’enfance peut engendrer des conséquences terribles pour nous-mêmes et notre entourage une fois adultes. De nombreuses affaires de meurtre sordides ont montré que la structure mentale des coupables s’était mise en place dans leur prime jeunesse jusqu’à la situation déclencheuse du premier acte criminel. C’est ce que j’appelle selon mes propres termes l’effet de contexte. Cet effet peut exister indépendamment de la responsabilité de la personne qui reste tout de même consciente de faire du mal à un tiers. C’est pourquoi ces affaires sont si difficiles à juger : on ne peut apporter une sentence équitable si on ne tient pas compte du passé mental du coupable, en particulier dans le cas des meurtriers psychopathes qui comme leur nom l’indique sont d’authentiques psychotiques ayant tué.

     

    20. FACE A LA DÉPRESSION QUI SE RÉVÈLE

     

    Bien sûr, selon la manière dont l’événement traumatisant aura été ressenti, l’individu concerné développera un fond psychologique plus ou moins tourmenté : sa base de fonctionnement global sera soit névrotique, la majorité des cas, soit psychotique, ce qui est l’état indubitablement pathologique. La dépression n’est pas une psychose fort heureusement même si elle peut être la porte vers une vraie pathologie mentale : elle appartient aux troubles psychiques qui naissent de nos lignes de fêlure internes, de nos névroses, petites ou grandes, légères ou sérieuses. Je ne sais pas exactement ce qui a provoqué une ou des fissures en moi mais les effets sont là et je dois maintenant les gérer. Je comprends aussi que je vis le solde de ce que je n’ai pas résolu à la fin de ma crise existentielle en 2008 et les années suivantes. Le côté positif cette fois est que j’ai vu le mal venir ou disons que je le vois apparaître progressivement au grand jour. Je constate que j’ai un état dépressif plus ou moins latent depuis longtemps et que cet état se dévoile peu à peu depuis fin 2016. Le positif est aussi de se dire qu’un mal n’est guérissable que s’il apparaît et devient atteignable sinon il reste caché mais n’en empoisonne pas moins notre vie.

    Fin avril, j’ai rencontré la psychologue du service médico-social de mon université. Elle m’a dit des choses qui ont fait tilt en moi dont une phrase qui a résonné plus fortement : « Vous parlez beaucoup d’efforts, constamment d’obligations. Mais dans tout ça quand est-ce que vous pensez à vous, que vous lâchez la pression ? ». Elle m’a ensuite renvoyé vers le centre médico-psychologique (CMP) de mon quartier dans ma ville de résidence où je me suis rendu plus tard. Ca y est, je prends en charge ma dépression que j’accepte et reconnais : j’ai deux rendez-vous pour fin mai, dont un pour me diriger vers le thérapeute, psychologue clinicien ou psychiatre, le plus adapté à mon cas dans mon CMP de quartier. Je serai reçu par deux infirmières pour un entretien d’évaluation médicale et psychologique. Voilà, les choses s’enclenchent… L’important est de rester connecté au terrain en affrontant la situation telle qu’elle est. Moi qui voulais être un étudiant non pas idéal mais performant, c’est raté !

    Au vu de ma souffrance psychique intense et de toute l’énergie que je déploie pour ne pas sombrer, il est évident que je ne peux tout donner à mes études. Ce second semestre est une vraie débâcle. Hormis dans trois matières, je suis en retard avec des lacunes à peu près partout. J’ai donc décidé avec sagesse de faire ma 3è année de licence en deux ans : redoublement volontaire. Ca me fait moins de pression sur le dos… et mon corps me dit déjà merci (moins de problèmes digestifs depuis ce choix). Du coup, je vais sélectionner quelles matières je valide cette année et celles que je laisse pour l’an prochain. Evidemment, mon projet professionnel, déjà un plan B, en prend un coup. Le contexte socioéconomique sera différent dans un an et je devrai m’adapter à ce qui est et non plus au fruit de mes projections. C’est pourquoi j’ai cessé de croire définitivement aux sornettes des grands pontes du développement personnel qui à grands coups de généralisation simpliste m’ont mené à expérimenter une frustration sans limite (et pas que moi d’ailleurs !) : j’ai essayé leurs méthodes et ça n’a pas marché. Pourquoi ? Parce que nous sommes tous DIFFÉRENTS, UNIQUES. La vie n’aime pas l’universalité dans l’apport à chacun : chaque être humain reçoit CE qui lui CONVIENT, pas une solution standardisée. Désolé pour Anthony Robbins et toutes ses copies ! Ce qu’ils professent est juste valable pour eux et seulement pour eux. Ils trompent les gens en voulant rendre leur message universel. Et ça, c’est mal. La sagesse me fait me tenir à distance de leurs billevesées désormais.

    Aujourd’hui, je suis plus en phase avec la réalité de la vie : je suis plus au clair sur le fonctionnement réel de l’univers dans notre environnement terrestre. J’admets dorénavant que seul comptent vraiment le présent et d’une moindre manière le passé qui influe sur le présent par l’effet de causalité. L’avenir, lui, n’existe pas par définition : il n’est que la création de ce que nous pensons à chaque instant et de notre action. Aussi, ce qui se passe aujourd’hui pour moi est la réalité. Demain, dans un an, ce que je récolterai sera le fruit des mon action présente : ce que j’imaginais n’aura jamais existé ou n’existera qu’en partie. Mais rien ne sera fidèle à mes attentes, RIEN ! L’humilité est bien avec l’honnêteté le premier grand pas vers la sagesse et le respect de soi authentique. En outre, ces deux vertus permettent une détente intérieure incroyable ! Ca fait un bien fou !

    Voilà où j’en suis en cette mi-mai 2017 ! La dépression n’implique pas que vous restiez à être apathique chez vous. Elle n’empêche pas de la part d’un malade une prise en charge bien déterminée et une attitude positive. La joie n’est certes pas le sentiment dominant mais demeure accessible de temps à autre. C’est le chemin qui va être le mien durant plusieurs mois. Je ne sais si un jour, je serai vraiment heureux de vivre mais je sais que j’aurais tout fait pour l’être. En témoignent ces mots et leur message.

     

    Crédits photo : X / ebburuu.blogspot.com

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Mai 2017 à 23:08

    Bonsoir, 

    C'est un texte courageux que nous vous nous offrez en lecture. Il faut être courageux, croire en soi et en l'avenir pour oser se mettre à nu. Il faut aussi beaucoup de générosité pour offrir aux autres sa propre expérience, avec cette intuition que je ressens chez vous (dites-moi si je me trompe) que cette expérience individuelle peut servir la cause d'autres personnes traversant également une période de crise existentielle.

    Je ressens également chez vous beaucoup de perfectionnisme, et c'est sans doute l'une des raisons qui vous a amené à ce que vous nommez un début de dépression et que je serais tentée de nommer, quant à moi, une prise de conscience. Une rupture avec certains vieux mécanismes, sans doute issus de votre enfance, qui surgissent aujourd'hui, alors que, justement, ce nouveau choix de vie que vous avez fait, peut vous mener à votre vrai moi. 

    Ce courage, cette volonté et cette générosité qui sont les vôtres vont vous permettre de mener à bien cette épreuve que vous traversez en ce moment, et à en sortir victorieux. Cela ne fait aucun doute pour moi. Et c'est ce que je vous souhaite bien sincèrement. Croyez-moi, en poursuivant vos études de psychologie, vous êtes sur la bonne voie. Cela prendra le temps qu'il faudra (ne soyez plus trop perfectionniste, prenez aussi du temps pour vous, pour apprécier la vie et l'instant présent :)) et cela sera payant. Pour vous-même et pour ceux et celles que vous aiderez. 

    Bien sincèrement,

    Sérénita

     

      • Lundi 15 Mai 2017 à 18:03

        Bonjour Sérénita !

         

        Je vous réponds avec un peu de retard. Comme Angel dans un autre commentaire,  vous me ramenez à moi-même sur la MÊME problématique mais avec un mot différent. Lui a utilisé le mot « exigeant », vous, c’est « perfectionniste ». Tous deux, vous me rappelez que ce dont je souffre est d’un excès de contrôle sur moi, ce qui est en effet le propre de tout perfectionniste. Dans notre société capitaliste qui recherche l’efficacité, ce trait psychologique est bien vu. Mais en fait, il est en désaccord avec la vie s’il est trop prononcé. On n’admet plus que l’imperfection est, elle, le pas naturel de l’univers.  La vie aime l’imprévisibilité, la souplesse, l’inattendu, ce qui en fait aussi tout l’intérêt et le charme. L’obstacle, la déviation, le ralentissement, sont la coutume. Et si l’échec survient : il a toujours un sens. Soit les efforts ont été insuffisants par rapport au but, soit nous avons commis une ou plusieurs erreurs importantes ou soit ce but ne nous convient pas vraiment pour l’instant ou définitivement.

        Cette dépression va effectivement me permettre de dialoguer avec moi, de M’ECOUTER vraiment, c’est-à-dire de reconnaître qu’une ou des parties de moi souffrent de n’avoir jamais été entendues et respectées comme d’autres.  Ca va être un chemin au long cours. Mon trouble psychique n’est pas vraiment le début d’un processus : il n’est qu’une étape sur ma voie. Le voyage a commencé en 2008. La dépression était déjà là, je m’en rends compte. Mais elle était masquée par d’autres choses. Maintenant, plus fort, je peux regarder en face cette dépression et la transformer en une énergie positive avec le temps.

         

        Merci pour votre encouragement !

    2
    Mercredi 3 Mai 2017 à 12:22

    Bonjour Pierre Laurent,

    Je viens de lire ton texte et...je me dépêche à t'écrire car je suis un peu inquiet..et pas. En lisant tes articles depuis déjà quelque temps, j'ai toujours apprécié ton honnêteté intellectuelle et émotive. Nul doute que tu est quelqu'un de très exigent avec toi même. Nul doute que tu aimes la Vie profondément et, de ce fait tu est aussi quelqu'un d'hypersensible.

    Je te souhaite du courage et de la force, peut être un peu de recul aussi avec les grandes exigences que tu t'infliges à toi même.

     

    Amicalement

    Angel

      • Mercredi 3 Mai 2017 à 15:56

        Comme quoi, ça transparaît malgré moi : l'exigence à mon égard ! Ton commentaire rejoint parfaitement la phrase de la psychologue qui m'a reçu et qui me disait en substance mais "Où êtes-vous dans tout ça ? Quelle place vous laissez-vous ?". Une partie du travail intérieur à faire sera liée à cette question : accepter enfin d'être imparfait et que l'imperfection appartient à la vie plus naturellement que son contraire, ce qui la rend belle naturellement. En effet, nos faiblesses, nos défauts, parfois gros, participent aussi à nous rendre uniques et à faire de nous qui nous sommes. Le chemin sera difficile, il me faudra bien saisir qu'accepter son imperfection ne signifie pas se laisser aller au pire de soi mais n'est que reconnaître l'impossibilité de ne jamais défaillir en quoi que ce soit. Avoir cette souplesse compatissante envers soi est une des grandes portes du bonheur de vivre.

    3
    Mercredi 3 Mai 2017 à 21:05

    bonsoir pierre laurent

    en lisant ton témoignage que j'apprécie à sa juste valeur pour sa justesse , cela me fait penser à ce que je traverse et cette prise de conscience que j'ai eu en écoutant cette vidéo.  Je te met le lien qui exprime bien ces multiples aspects intérieurs qui s'opposent en nous ... j'ai mis un moment à te répondre car je dois trouver les mots justes mais en aucun cas appuyer dans un sens où un autre, car ton questionnement sur ta vie, trouvera écho dans l'ambiance feutrée et douillette de la psy que tu rencontres simplement souligner le fait que dans nos sensibilités il existe des conflits internes qui peuvent jusqu'à remettre en question le fondement même du choix ou de la voie que l'on s'est donné (cette frustration vis à vis du spirituel un peu laissé de coté peut être en ce moment au profit du psychologique ?? cela ou autre chose que le spirituel ?  ) c'est à ce moment précis que le travail intérieur commence, j'espère que tu trouveras LA bonne personne pour cela

    https://www.youtube.com/watch?v=eESZarfGvic

    mes amitiés cool

    tchina

     

     

      • Vendredi 5 Mai 2017 à 23:12

        Merci pour ce commentaire revivifiant !

        Je regarde la vidéo par séquence. Ceci est une 1ère réponse. je pense que j'en ferai une autre lorsque j'aurai tout vu. En effet, une chose m'a interpellé immédiatement dans le discours de Mme Padovani : la partie de soi qui ne veut pas vivre ou quine croit pas plus exactement que ses besoins seront satisfaits en cette vie. C'est ça, je crois. Toute une part de moi ne veut pas rester incarnée et la mort me tente beaucoup surtout que mon père est mort (choix délibéré de se laisser aller) et que l'homme que j'ai le plus aimé jusqu’à maintenant s'est suicidé en 2000. Sa mort m'a laissé inconsolable : chagrin atténué avec les ans mais toujours présent. On est quand même avec deux êtres chers qui sont allés vers la mort de façon délibérée, ce qui pour moi agit comme un exemple : fermer la porte au vivant de cette terre quand tout devient pénible et sans issue. Je vais réfléchir sur ce point. Ma dépression m'impose de dialoguer avec cette ou ces parties de moi qui ont dû se taire face aux desiderata de la société. Retrouvailles douloureuses mais nécessaires. A suivre...

        Je remets le lien vers la vidéo en ligne afin que les gens puissent y accéder si ça les intéresse aussi :

        Une part de moi n'a pas envie de vivre (Isabelle Padovani)

        A + tard Tchina !

    4
    FAUSTINE
    Vendredi 5 Mai 2017 à 21:24

    Bonsoir,

    Je ne te ferai pas de longs discours, je ne sais pas comme toi, trouver les mots justes.

    Ton texte est formidable de vérité. J'ai fait cette traversée du désert, et il va falloir t'accrocher pour t'en sortir... Mais tu vas en sortir, sans aucun doute.

    Je te souhaite de trouver le bon professionnel... avant d'en devenir un à ton tour ; un superbe métier...  Tu as pris la juste décision de passer ta licence en deux ans. Prends soin de toi.

    Donne nous régulièrement de tes nouvelles. Je pense bien à toi...

    FAUSTINE.

      • Vendredi 5 Mai 2017 à 22:54

        Merci Faustine !

        Vu le côté concret de ton commentaire, je vais en rester là. Pour le thérapeute, ça va être la recherche... jusqu'au bon. Soit ce sera immédiat, soit je devrai en essayer plusieurs jusqu'à la bonne rencontre. Pour le passage du diplôme, j'ai pris la meilleure décision : je n'ai plus de problèmes digestifs et de transit. Ça a été immédiat d'ailleurs. Bon signe donc ! Le point négatif est par rapport au futur contexte socio-professionnel : mon projet pro doit normalement m'amener à suivre des études à l'étranger et à monter ensuite mon entreprise hors de France. Je ne veux surtout pas devenir entrepreneur dans notre pays : trop d'impôts pour nourrir nos politiques fainéants et anti-peuple. C'est là-dessus que je suis interrogatif. Mais bon, dans l'immédiat, je vais en rester à ce qui doit être pris en compte : ma santé mentale et les matières que je veux valider cette année en licence. En tout cas, une chose m'a plu : les profs de psychopathologie psychanalytique, spécialité que j’ai choisie, sont très compréhensifs et révèlent une humanité qui rend honneur à leur savoir-faire thérapeutique (tous sont psy à côté) et leur savoir-être. Je me sens compris.

        Merci de ton intervention ! wink2

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    5
    Samedi 28 Avril à 12:52

    Bonjour Pierre-Laurent,

    C'est important de se sentir compris ! J'ai été voir deux psys qui ne valaient rien : Je voyais que ne n'était que l'argent qui les intéressait. Une demie-heure sans dire un mot ! Je parlais seule. C'était aberrant ! Pour le premier, je me suis levée lui faisant comprendre que je n'étais pas contente de sa prestation. Je lui ai demandé combien je lui devais, et je lui ai dis ce que je pensais de lui, et qu'en cette demi-h, qu'il ne me reverrais plus, car les gens qui aiment l'argent à ce point, me dégoûtent ! Il a eu un air moqueur et j'ai bien saisis qu'il se fichait pas mal de ce pourquoi j'étais venu à une séance de psychothérapie. Le deuxième ne valait pas mieux : il m'a fait payer une demie-heure, alors que je ne suis restée qu'un quart d'heure, tout au plus, et le même procédé que le premier !

    Bien qu'à cette époque j'en avais besoin car j'étais en dépression, Symptômes de ménopause dû mes quarante huit ans qui faisait que j'étais mal dans ma peau, amplifiaient les révoltes et rancœurs qui m'empêchaient de vivre sereinement... Je n'ai plus jamais mis les pieds dans le cabinet d'un psychiatre, les considérant tous comme des charlatans !

    Je vous souhaite de vous en sortir et de réussir votre vie telle que vous la désirez ! Amicalement, Ghislaine.

      • Dimanche 13 Mai à 15:55

        Bonjour Ghislaine !

        Votre réponse me fait réagir vu que je suis le cursus qui amène à devenir psychologue clinicien. Je vais lister les points qui m'interpellent. 

        1°. il faudrait savoir quel type de psys vous avez consulté : psychologues cliniciens, psychiatres, psychothérapeutes ou psychanalystes. En effet, les approches diffèrent. Seuls le psychologue et le psychiatre ont une formation d'état chapeautée par le ministère de la santé : elles mènent à deux métiers qu'on ne peut exercer sans une accréditation officielle (numéro d'enregistrement + autoristation d'exercice). Ces deux professions réglementées (sous contrôle de l'État donc) appartiennent au domaine de la santé et s'exercent autant en institution publique ou privée qu'en cabinet privé. Ce n'est pas le cas pour les psychanalystes et les psychothérapeutes qui n'exercent qu'à la ville, hors secteur soignant officiel. Le grand public mélange tous les types de psys : c'est la grande confusion. Beaucoup de gens se retrouvent face à un professionnel inadapté à leurs besoins réels quand ils consultent la 1ère fois. A mes yeux, votre expérience sent l'erreur d'aiguillage à plein nez. Vous vous êtes trompée de praticien.

        2°. Deux personnes ne représentent pas une profession. Notre expérience personnelle est subjective : ce que nous vivons, surtout sur un plan humain ne peut donner une représentation exhaustive de la réalité dans un domaine précis. Heureusement, des clients patients, nombreux, satisfaits de leur psychologue ou psychiatre-psychanalyste existent aussi. Aussi, dire que tous les psys sont des charlatans est irrecevable : la psychologie est la discipline qui a mis à jour la maladie mentale et permis qu'on traite plus décemment les déficients intellectuels et toute personne en inadaptation sociale à cause de troubles psychiques. Avant le développement de la psychologie moderne, le sort réservé aux gens atteints de troubles psychologiques était terrible : effacés de la vie sociale complètement avec tout le mépris qui va avec.. et les mauvais traitements (psychiques comme physiques). Les progrès en psychologie ont permis de reconnaître la valeur humaine des patients en détresse mentale moyenne et profonde. La société n'a malheureusement pas toujours suivi : les moyens alloués aux hôpitaux psychiatriques sont si insuffisants que l'accueil des malades est indigne de notre époque qui se prétend si avancée. 

        3°. Vous êtes simplement tombée sur des gens avec lesquels vous n'avez pas trouvé ce que vous attendiez, le type d'approche que vous vouliez. D'où ma conviction que vous vous êtes trompée de praticien. Apparemment, vous êtes allée voir deux psychanalystes ou psychiatres-psychanalystes : le fait de rester avec eux sur un temps court sans réaction (apparente) de leur part durant la séance est spécifique de cette méthode thérapeutique psychanalytique. Et c'est d'ailleurs ce qui la rend déstabilisante dans les 1ers temps pour un nouveau patient. On aime ou pas. Et quand on déteste, c'est souvent fort et définitif. C'est aussi d'ailleurs le point qui rend cette pratique douteuse selon ses détracteurs : comment peut-on évaluer l'apport réel sur un patient au fil des mois ? En outre, l'écart énorme qui existe entre la brièveté de la séance et son coût important est souvent le fait des psychanalystes, en particulier ceux de type lacanien. Personnellement, cet écart me dérange également : quelle en est la justification précise ?

        4°. Il aurait mieux valu aller voir un psychologue clinicien de type cognitiviste (TCC) ou de type clinicien analytique si vous vouliez avoir un entretien digne de ce nom : aucun n'est psychanalyste, même si le second a une connaissance de la psychanalyse. Leur mode d'intervention est souvent la discussion en face à face avec pour le psy TCC des propositions de réapprentissage psychologique afin d'acquérir de nouvelles méthodes de vie. Pour ce qui est du coût, chaque ville moyenne à grande possède un centre médico-psychologique (CMP) où on peut consulter des psychologues clinicien gratuitement. Malheureusement la liste d'attente est souvent longue même si les praticiens sont nombreux. 

        Voilà les points sur lesquels je voulais revenir. Ils me permettent au regard de votre réaction à cette expérience mal vécue de rappeler qu'en France particulièrement la formation académique des psychologues et psychiatres, les deux formations sous contrôle de l'Etat, doivent encore faire des efforts pour inclure le facteur humain dans le cursus d'études de leurs étudiants. L'accent est trop mis sur les résultats aux examens et peu finalement sur les réelles implications humaines des étudiants. 

        Sinon, je consulte moi-même une psychologue clinicienne au CMP de ma ville pour soigner mon trouble psychologique dont je décris l'apparition dans le présent article : rien à dire. Thérapie verbale à ma demande... et qui porte ses fruits. En plus, ça ne me coûte rien.

        Merci de votre réaction.

    6
    Lundi 14 Mai à 15:36

    Bonjour à vous, Paul-Laurent.

    ( Je ne sais pas si votre prénom et Pierre-Laurent ou Paul Laurent ? Pardonnez-moi si je ne suis trompée  ! )

    Vous avez raison : mais les personnes qui m'ont conseillé, se faisaient suivre, eux mêmes, et m'ont guidé vers leur psychiatre. Ne connaissant personne pouvant m'aider à  cette époque, je suis aller voir ce psychiatre soit disant très bon. J'étais en pleine pré-ménopause et débutais une dépression qui n'était, pour moi, qu'un dommage collateral dû à cette pré-ménopause qui est arrivée beaucoup trop tôt : 48 ans.

    Après tout ce que j'ai vécu dans ma petite enfance, mon enfance et mon adolescence, tout ce que j'avais jusque là conservé au fond de moi, refaisait surface. Mes enfants devenus grands, avaient quitté le nid et avec un mari pompier, je me retrouvais seule 24 heure sur 48. J'avais tout le temps de ruminer, seule, dans ma grande villa, et n'ayant jamais obtenu justice par rapport à tout ce que j'avais subis, ma colère m'a mené à un ressentiment contre la société.  La colère,la haine me rongeait. Je passais des jours à pleurer de rage lorsque j'étais seule. Mon mari était au courant de tout ce que j'avais subit enfant, mais malgré tout, je me sentais incomprise.

    Je ne dis pas que les psychologues / psychanalystes / diplômés en psychiatrie, avec un diplôme certifié par un grand hôpital de Paris ou bien d'ailleurs, ne connaissent pas leur métier ; mais pour celui-là, l'argent était son principal but, et cela se sentait. Je suis allée à plusieurs séances, (4 ou 5) voulant pousser plus loin ma curiosité en allant, mine de rien, moi-même jusqu'à le psychanalyser à ma manière, et je n'en ai rien sortis de positif, sauf la certitude que j'avais raison sur son compte.

    Ayant un QI de 118. Il me manque : c'est sûr, de l'instruction : Je m'estime juste un peu plus au dessus de la moyenne des personnes de la société : pas une surdouée, et j'aurais pu continuer des études ; mais les chemins de mon existence se sont dessinés de différentes manières, ne me laissant aucune chance d’aboutir à ce que je voulais faire de ma vie.

    ( j'en veux assez à mes parents pour m'avoir semé aux quatre vents, sans se soucier de ce que je pourrais bien devenir sans leurs aide, ne pensant qu'à eux. Ma mère à semé aux quatre coins de la planète des enfants qui sont tous et toutes : mes frères et mes sœurs que je ne connais pas et que je n'ai pas envie de connaître un jour : il n'y a pas d'amour filial entre nous !  J'ai essayé avec deux de mes sœurs et cela n'a rien donné. J'ai essayé avec mon frère : pareillement.)

    Pour en revenir à ce Psychiatre avec tous ses diplômes accrochés aux mur de son bureau, et qui, selon moi, il ne les mérite pas : Je l'ai piégé, et m'en suis allée sans même payer la dernière consultation : il m'avait arnaqué d'un quart d'heure tout en me facturant 650 fr pour une demie-heure... Je me suis levée, en colère, et lui ai lancé à la figure que j'avais besoin d'avoir confiance dans le praticien que je consultais, et qu'avec lui, ce n'était pas le cas, surtout pour ce genre de consultation ! Jusque maintenant, il ne m'avait aucunement aidé dans ma démarche pour aller mieux. A chaque visite, il me laissait parler sans sortir un mot : il écrivait sur un carnet jusqu'au moment ou il m'annonçait la fin de la séance, tout en me demandant le prix de la consultation. J'étais hors de moi la dernière fois où je suis aller le voir, privée de ma dernière demie-heure coupée en deux. Je lui ai dis ce que je pensais de lui.

    Il ne s'est nullement démonté, encaissant mon jugement envers lui, ( Je ne me suis pas privée de le juger, car il le méritait ), et il m'a rétorqué, lorsque je lui ai tourné le dos pour m'en aller, que je n'avais pas besoin d'être psychanalysée : que j'étais intelligente et très fine dans mes jugements pour me débrouiller seule. Ce que j'ai fais, estimant que je n'allait par perdre de l'argent avec ce genre de charlatant.

    Je sais bien qu'ils ne sont pas tous fait dans le même gabarit que ces deux gugusses que j'ai été voir! Mais comment trouver le bon?  J'ai été dégoûtée et furax, portant un jugement plus que défavorable pour ce métier, et n'ai pas voulu me risquer à aller voir d'autres praticiens pour tomber sur le même genre de paillasses. Tant bien que mal, je m'en suis sortie et j'ai décidé de tout révéler au grand jour sur le blog amitié. Il fallait que ça sorte !

    Je souffre encore car mes blessures affectives qui forment un grand vide au fond de moi, de mes désillusions, mes déboires, la vache enragée que la vie m'a fait "bouffer", mes déconvenues, le manque d'attention des mes parents, de reconnaissance, ce qui m'a rendu agressive si l'on m'attaque. J'ai, je vous l'avoue, une dent contre certains hommes car j'ai été abusée par un vieux salopard de 55 ans environs, dans une des familles d'accueil ou l'état m'avait placé alors que je n'avais que huit ans, et ensuite, par des flics représentant la loi, alors que je n'avais que 15 ans, et que je m'étais sauvée d'un foyer pour jeune filles ou je n'étais pas bien. On ne peut parler avec toutes les intimidations que cela comporte dans des situations pareilles parce que l'on ne vous croie pas. Et ça, je ne le digère pas ! Je n'ai jamais obtenue justice et mes plaintes sont restées sans suite.

    Je suis féministe en ce sens que je me sent l'égale de l'homme en ce qui concerne mon droit de vivre pareillement à eux. La politique me dégoûte telle qu'elle est pratiquée depuis des décennies ! Si un homme me traite comme son égale, je suis très sociable ; mais si  un homme me montre ouvertement du mépris, alors j'explose et le met KO en paroles : qu'il y est des témoins... ou pas ! Il y a une phrase qui déclenche ma fureur et peut importe les témoins : s'il y en a. Cette phrase est " Moi, je ne parle pas aux femmes ! " alors que je leur adresse la parole pour des raisons bien précises.

    Je suis désolée pour ce long texte qui dévoile, là, des passages de ma vie intime que je trouve nécessaire de vous confier afin que vous puissiez mieux comprendre les raisons que cache mon caractère. Je suis une battante et n'accepte aucun compromis venant d'un homme qui m'est antipathique au premier abord ! aussi bien d'une femme ! C'est ma force !

    Je n'ai aucun préjugés sur qui que ce soit. Chacun à le droit de vivre sa vie comme il l'entend. Je m'efforce de ne pas juger. C'est, je l'avoue, quelque fois très dur : surtout lorsque je suis hors de moi... Je n'aime pas l'injustice, ayant été, moi même, privée de justice. Je n'aime pas que l'on blesse les gens par plaisir ! etc.

    J'aurais encore beaucoup à dire ; mais je m'arrête là.  C'est déjà pas mal long ! (rire) J'espère que je ne vous ennuierai pas en me lisant ? Cordialement, Ghislaine.

     

      • Lundi 14 Mai à 21:20

        Votre texte est très bien Ghislaine ! Il est long et alors ! Il est CLAIR ! Vous confirmez bien que vous êtes allez voir un psychiatre-psychanalyste, donc, vous étiez bien en psychanalyse ! Cette méthode thérapeutique ne vous convient pas : il vous faut du répondant, une discussion, une thérapie verbale... ou une reprogrammation cognitive. Donc, selon moi, un psychologue clinicien de type TCC ou analytique est le mieux pour vous. Vous pouvez demander alors à avoir un suivi thérapeutique par échange verbal régulier. Ainsi, vous aurez une réponse de suite, un aiguillage immédiat de votre thérapeute. Pour le reste, à savoir la réaction du praticien que vous avez consulté, n'étant pas présent, je ne dirai rien de plus. Trop d'éléments me manquent pour juger la situation.

        A + tard !

    7
    Jo le condor
    Lundi 14 Mai à 18:09

    Hello Bonjour

    J'ai fait l'effort de tout lire.

    La seule chose que je m'autorise a dire c'est que je suis heureux que vous alliez mieux.

    Toute autre remarque de ma part ne serait que subjective comme tout ce qui comporte le vocable psy.

    Bonne chance pour vos études.

    Amitiés

    Jo

    8
    Mardi 15 Mai à 14:49

    Bonjour Paul-Laurent,

    Merci pour votre réponse. C'est exacte : j'aimerais avoir en face de moi, si je me décidais à aller en psychanalyses, un praticien avec lequel je pourrais discuter tout en prenant en compte ses conseils, son savoir, sa bienveillance, sa compréhension, etc. pas un tiroir caisse et après : "Au suivant ! "

    Vous rendez-vous compte que je ne connais personne de ma famille existante, de ma petite enfance ?

    Je suis une orpheline de la vie ?  En apparence, j'ai réussi ma vie ! Mais je trimbale l'énorme poids de mon passé sur mes épaules...

    Ce qui m'est arrivé dans mon jeune temps, même en ayant tout révéler de mon passé à mon mari, avant même que l'on se marie, est toujours présent dans mes souvenirs qui sont à la surface de tout ce que je vis parce que je n'ai jamais obtenu justice et mon mari en a assez que je revienne sans arrêt sur ce passé qui est du passé ! Moi, je veux bien ! Mais ce passé à bel et bien existé, et laissé des marques indélébiles ! Je ne peux regarder les films mettant en cause la maltraitance d'enfants sans remettre sur le plateau ce que j'ai souffert, moi même, parce que je l'ai vécu mo aussi ! J'ai besoin que l'on reconnaisse mon vécu. J'ai besoin de reconnaissance ! Que tout est superficiel ! Qu'en fait, tout ce qui m'est arrivé, n'est pas important par rapport à ce que vivent d'autres personnes. J'ai tout mes membres, je suis en vie ! Alors, je n'ai qu'à (en gros, me la fermer, et arrêter de parler de mon passé ). L'on me fait sentir que je rabâche sans cesse mes malheurs passés. Ce qui me donne l'impression d'être atteinte d'une une forme d'égoïsme en ne pensant qu'à moi... Mais c'est moi qui ai vécu tout ce qui m'est arrivé ! Ce n'est pas  Pierre, Paul, Jacques ! Mes traumatismes sont les miens ! Pas ceux de la voisine !  Je suis certaine que vous comprenez ce que je veux dire.

    Ecrire ? Depuis mes neuf ans, j'ai commencé par des petits carnets personnels. Mais lorsque je suis partie de chez ma mère séparée de mon père, toutes mes affaires sont restées chez elle. Je n'ai pas de photos de ma petite enfance, et peut-être deux de mon adolescence ? Je n'ai jamais eu de camarades dans toutes les écoles ou je suis passée, pour la bonne raison, que je ne finissais jamais l'année scolaire en entier dans les même écoles. C'est un ressentit qui ne me quitte pas. Dans les maisons que l'on nommait de "redressement" alors que je n'en avais pas besoin, On ne m'a jamais remis mes diplômes ! J'ai écris à l'académie et ils m'ont répondu que l'on ne me retrouvait pas. Vous trouvez cela normal ?

    Je ne sais pas si vous avez été lire : " http://poesies-et-chansons.eklablog.com/enfance-volee-adolescence-gachee-1-a119807892 " Là, je dévoile tout ; mais mon mari ne le sais pas. Mes enfants connaissent mon histoire, mais ils s'en fichent pas mal. Je me sens incomprise, et quand je partirais de l'autre côté, s'il y en a un ? Je ne sais pas si l'on se souviendra de moi ? Je serai passée dans ma vie sans avoir eu l'impression d'exister vraiment. En fait, je suis seule dans ma peau.

    Je ne suis pas venu me plaindre ! Oh ! NON ! Mais je sais que pour moi, c'est trop tard pour la psychanalyse. Comme je vous l'ai dis : je suis au commencement de l'hiver de ma vie. Ma seule thérapie est l'écrit ou je peux déverser mes peines, mes ressentis, mes rancœurs, mes regrets, etc. Je fus lâchée à ma majorité, par les responsables de ma jeune vie, dans la jungle de ce monde inhumain, égoïste, indifférent, individualiste, cupide, plein  de cruauté, de vices et j'en passe... Depuis, je suis rébarbative à toutes formes d'autorité, de lois, d'ordres, " faites ce que je dis ; mais ne faites pas ce que je fais! " Je n'apprécie pas du tout ce genre de réprimande qui n'est valable que pour les grands de ce monde : les nantis !

    Avec ma cordiale amitié,

    Ghislaine.

     

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