• 20. FACE A LA DÉPRESSION QUI SE RÉVÈLE

     

    Elle couvait depuis des années, la dépression. Je la sentais, de loin, latente, diffuse, mais ne la vivais pas. Tant de choses interféraient entre elle et moi : des moments de joie fugace, d'autres épreuves et des temps d'efforts prolongés pour concrétiser de trop nombreux rêves déçus. Oui, trop nombreux ces projets pourtant viables et sérieux. Les fissures internes ont grandi jusqu'à mon projet actuel, un autre, dont des études de psychologie sont une partie et vont être le vecteur de fracture. Cette fois, les fêlures se sont agrandies presque jusqu'au point de rupture. Je n'en peux plus tout simplement de vivre une vie à côté de mon chemin, de mon vrai Moi. Ma dépression qui se démasque au fil des jours me dit de penser à moi et de revoir ma relation avec les autres où ceux-ci ont beaucoup d'importance... trop d'importance. Le moment est venu de changer.

     

    Depuis 5 mois maintenant, je vais mal. J’ai sombré intérieurement telle une épave en eaux peu profondes : je vois toujours la lumière solaire à la surface. Mais je peux couler plus. Il aura suffi d’une mauvaise note obtenue dans une matière de mon cursus universitaire à cause d’un oubli (celui d'ouvrir un email avec une partie de cours que je n’ai pas révisée du coup) pour que se déclenche tout un processus d’auto-sabotage et d’insécurisation. Je sais que cet oubli est la traduction consciente d’autre chose : il est aussi la conséquence d’un autre processus, un burn-out, que j’ai dû gérer durant 3 ans. Avoir des échéances serrées avec une pression constante m’est devenu insupportable si ça se répète souvent, ce qui est le cas en faculté de psychologie : beaucoup de travaux de groupe nous sont donnés à faire et la pression collective pèse sur vous alors en permanence car la note donnée à la fin est commune. Forcément, vous avez intérêt à travailler pour éviter une baisse de cette note sinon les autres vous mènent la vie dure à coup de rappels plus ou moins explicites et fermes mais fréquents. Cette situation a fait écho à ce que j’ai subi dans mon ancien travail de façon beaucoup plus insidieuse et qui allait me mener à l’épuisement psychique. Cette répétition a fragilisé mon état mental en deux mois… et créé une résistance implicite. Mon énergie n’a pu être mise à fond dans mes études. Toutefois, je ne m’en suis pas trop mal sorti pour mon premier semestre : je n’ai eu que 3 mauvaises notes dont une vraiment basse. Toute le reste est plutôt bon voire excellent. Par contre, la deuxième moitié de mon cursus de licence se passe nettement moins bien.

    Le second semestre a commencé avec cette fatigue morale qui était revenue, fatigue amplifiée par l’anniversaire de la mort de mon père en janvier. Papa était décédé depuis un an alors. Malgré mes efforts pour ne pas perdre pied, le courant m’a éloigné du bord et j’ai coulé peu à peu… pas trop profond, comme je l’ai dit. En fait, ce que je sentais monter en moi et qui restait sous-jacent, latent, depuis des années, était un immense désespoir, un désespoir que j’ai toujours ressenti de façon plus ou moins diffuse selon les instants mais toujours là comme un kyste. Finalement, mes études ont eu la fonction d’un révélateur qui m’oblige à affronter la partie de moi qui a perdu foi en la vie depuis des années, c’est-à-dire depuis l’automne 2004, période qui allait signer mon entrée dans une crise existentielle de 4 ans. Depuis 2008, je pensais avoir géré le plus gros. En fait, si peu à peu, j’ai su retrouver plus de solidité mentale, tout au fond, les failles n’ont pas disparu et n’ont pas été colmatées. C’est en cours de Psychopathologie du jeune adulte à l'université que j’ai obtenu une réponse fortuite qui allait résonner en moi intensément et m’apporter une information déterminante.

    C’était en novembre 2016, en amphi : une professeure, psychologue clinicienne, nous faisait un cours sur la schizophrénie et d’autres maladies mentales graves. Elle a insisté sur le facteur temps et parfois la soudaineté de l’émergence d’une psychose : une personne peut se comporter de façon tout à fait normale pendant des années et un jour, à cause d’un facteur déclenchant (personne, situation, objet), la maladie apparaît brusquement détruisant l’équilibre de l’individu concerné et mettant son entourage face à une réalité aussi pénible qu’inattendue. L’enseignante avait alors utilisé une image parlante et fort belle, celle d’un vase en cristal. Elle avait expliqué que notre psyché, une fois que nous étions nés, était comme du cristal à partir duquel on allait fabriquer un objet. Le cristal, même le plus pur, contient toujours des lignes de faille naturelles, presqu’invisibles pour certaines. C’est aussi le cas pour la psyché humaine : au fur et à mesure de notre vie d’enfant, certains événements vécus traumatiquement vont engendrer des lignes de fêlure subtiles que l’esprit va intégrer tandis qu’il emmagasine la situation dérangeante dans un coin inaccessible de notre espace psychique. Ainsi, les années passant, l’équilibre mental de l’individu est préservé et ça peut rester ainsi jusqu’à la mort. Toutefois, pour certaines personnes, un événement, une parole, une action ou la répétition d’une action, etc., va un jour induire un choc psychologique dont les répercussions seront désastreuses pour l’équilibre mental global de la personne. Celle-ci va alors sombrer dans la folie. Le contexte qui apparaît soudainement ou se met en place graduellement est un écho au traumatisme ancien et refoulé : l’équilibre de la personne est déstabilisé. C’est comme un vase de cristal : les fêlures microscopiques du matériau n’apparaissent pas à l’œil nu mais un jour, il suffit d’un choc un peu plus violent ou d’un énième petit choc, celui de trop, bien des années après la fabrication de l’objet pour que ce dernier se brise exactement selon ses lignes de fissure internes. Cette image que je trouve très bien choisie montre à quel point notre équilibre psychologique est ténu malgré les ressources que nous possédons pour le conserver et combien ce que nous vivons dans l’enfance peut engendrer des conséquences terribles pour nous-mêmes et notre entourage une fois adultes. De nombreuses affaires de meurtre sordides ont montré que la structure mentale des coupables s’était mise en place dans leur prime jeunesse jusqu’à la situation déclencheuse du premier acte criminel. C’est ce que j’appelle selon mes propres termes l’effet de contexte. Cet effet peut exister indépendamment de la responsabilité de la personne qui reste tout de même consciente de faire du mal à un tiers. C’est pourquoi ces affaires sont si difficiles à juger : on ne peut apporter une sentence équitable si on ne tient pas compte du passé mental du coupable, en particulier dans le cas des meurtriers psychopathes qui comme leur nom l’indique sont d’authentiques psychotiques ayant tué.

     

    20. FACE A LA DÉPRESSION QUI SE RÉVÈLE

     

    Bien sûr, selon la manière dont l’événement traumatisant aura été ressenti, l’individu concerné développera un fond psychologique plus ou moins tourmenté : sa base de fonctionnement global sera soit névrotique, la majorité des cas, soit psychotique, ce qui est l’état indubitablement pathologique. La dépression n’est pas une psychose fort heureusement même si elle peut être la porte vers une vraie pathologie mentale : elle appartient aux troubles psychiques qui naissent de nos lignes de fêlure internes, de nos névroses, petites ou grandes, légères ou sérieuses. Je ne sais pas exactement ce qui a provoqué une ou des fissures en moi mais les effets sont là et je dois maintenant les gérer. Je comprends aussi que je vis le solde de ce que je n’ai pas résolu à la fin de ma crise existentielle en 2008 et les années suivantes. Le côté positif cette fois est que j’ai vu le mal venir ou disons que je le vois apparaître progressivement au grand jour. Je constate que j’ai un état dépressif plus ou moins latent depuis longtemps et que cet état se dévoile peu à peu depuis fin 2016. Le positif est aussi de se dire qu’un mal n’est guérissable que s’il apparaît et devient atteignable sinon il reste caché mais n’en empoisonne pas moins notre vie.

    Fin avril, j’ai rencontré la psychologue du service médico-social de mon université. Elle m’a dit des choses qui ont fait tilt en moi dont une phrase qui a résonné plus fortement : « Vous parlez beaucoup d’efforts, constamment d’obligations. Mais dans tout ça quand est-ce que vous pensez à vous, que vous lâchez la pression ? ». Elle m’a ensuite renvoyé vers le centre médico-psychologique (CMP) de mon quartier dans ma ville de résidence où je me suis rendu plus tard. Ca y est, je prends en charge ma dépression que j’accepte et reconnais : j’ai deux rendez-vous pour fin mai, dont un pour me diriger vers le thérapeute, psychologue clinicien ou psychiatre, le plus adapté à mon cas dans mon CMP de quartier. Je serai reçu par deux infirmières pour un entretien d’évaluation médicale et psychologique. Voilà, les choses s’enclenchent… L’important est de rester connecté au terrain en affrontant la situation telle qu’elle est. Moi qui voulais être un étudiant non pas idéal mais performant, c’est raté !

    Au vu de ma souffrance psychique intense et de toute l’énergie que je déploie pour ne pas sombrer, il est évident que je ne peux tout donner à mes études. Ce second semestre est une vraie débâcle. Hormis dans trois matières, je suis en retard avec des lacunes à peu près partout. J’ai donc décidé avec sagesse de faire ma 3è année de licence en deux ans : redoublement volontaire. Ca me fait moins de pression sur le dos… et mon corps me dit déjà merci (moins de problèmes digestifs depuis ce choix). Du coup, je vais sélectionner quelles matières je valide cette année et celles que je laisse pour l’an prochain. Evidemment, mon projet professionnel, déjà un plan B, en prend un coup. Le contexte socioéconomique sera différent dans un an et je devrai m’adapter à ce qui est et non plus au fruit de mes projections. C’est pourquoi j’ai cessé de croire définitivement aux sornettes des grands pontes du développement personnel qui à grands coups de généralisation simpliste m’ont mené à expérimenter une frustration sans limite (et pas que moi d’ailleurs !) : j’ai essayé leurs méthodes et ça n’a pas marché. Pourquoi ? Parce que nous sommes tous DIFFÉRENTS, UNIQUES. La vie n’aime pas l’universalité dans l’apport à chacun : chaque être humain reçoit CE qui lui CONVIENT, pas une solution standardisée. Désolé pour Anthony Robbins et toutes ses copies ! Ce qu’ils professent est juste valable pour eux et seulement pour eux. Ils trompent les gens en voulant rendre leur message universel. Et ça, c’est mal. La sagesse me fait me tenir à distance de leurs billevesées désormais.

    Aujourd’hui, je suis plus en phase avec la réalité de la vie : je suis plus au clair sur le fonctionnement réel de l’univers dans notre environnement terrestre. J’admets dorénavant que seul comptent vraiment le présent et d’une moindre manière le passé qui influe sur le présent par l’effet de causalité. L’avenir, lui, n’existe pas par définition : il n’est que la création de ce que nous pensons à chaque instant et de notre action. Aussi, ce qui se passe aujourd’hui pour moi est la réalité. Demain, dans un an, ce que je récolterai sera le fruit des mon action présente : ce que j’imaginais n’aura jamais existé ou n’existera qu’en partie. Mais rien ne sera fidèle à mes attentes, RIEN ! L’humilité est bien avec l’honnêteté le premier grand pas vers la sagesse et le respect de soi authentique. En outre, ces deux vertus permettent une détente intérieure incroyable ! Ca fait un bien fou !

    Voilà où j’en suis en cette mi-mai 2017 ! La dépression n’implique pas que vous restiez à être apathique chez vous. Elle n’empêche pas de la part d’un malade une prise en charge bien déterminée et une attitude positive. La joie n’est certes pas le sentiment dominant mais demeure accessible de temps à autre. C’est le chemin qui va être le mien durant plusieurs mois. Je ne sais si un jour, je serai vraiment heureux de vivre mais je sais que j’aurais tout fait pour l’être. En témoignent ces mots et leur message.

     

    Crédits photo : X / ebburuu.blogspot.com

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Mai à 23:08

    Bonsoir, 

    C'est un texte courageux que nous vous nous offrez en lecture. Il faut être courageux, croire en soi et en l'avenir pour oser se mettre à nu. Il faut aussi beaucoup de générosité pour offrir aux autres sa propre expérience, avec cette intuition que je ressens chez vous (dites-moi si je me trompe) que cette expérience individuelle peut servir la cause d'autres personnes traversant également une période de crise existentielle.

    Je ressens également chez vous beaucoup de perfectionnisme, et c'est sans doute l'une des raisons qui vous a amené à ce que vous nommez un début de dépression et que je serais tentée de nommer, quant à moi, une prise de conscience. Une rupture avec certains vieux mécanismes, sans doute issus de votre enfance, qui surgissent aujourd'hui, alors que, justement, ce nouveau choix de vie que vous avez fait, peut vous mener à votre vrai moi. 

    Ce courage, cette volonté et cette générosité qui sont les vôtres vont vous permettre de mener à bien cette épreuve que vous traversez en ce moment, et à en sortir victorieux. Cela ne fait aucun doute pour moi. Et c'est ce que je vous souhaite bien sincèrement. Croyez-moi, en poursuivant vos études de psychologie, vous êtes sur la bonne voie. Cela prendra le temps qu'il faudra (ne soyez plus trop perfectionniste, prenez aussi du temps pour vous, pour apprécier la vie et l'instant présent :)) et cela sera payant. Pour vous-même et pour ceux et celles que vous aiderez. 

    Bien sincèrement,

    Sérénita

     

      • Lundi 15 Mai à 18:03

        Bonjour Sérénita !

         

        Je vous réponds avec un peu de retard. Comme Angel dans un autre commentaire,  vous me ramenez à moi-même sur la MÊME problématique mais avec un mot différent. Lui a utilisé le mot « exigeant », vous, c’est « perfectionniste ». Tous deux, vous me rappelez que ce dont je souffre est d’un excès de contrôle sur moi, ce qui est en effet le propre de tout perfectionniste. Dans notre société capitaliste qui recherche l’efficacité, ce trait psychologique est bien vu. Mais en fait, il est en désaccord avec la vie s’il est trop prononcé. On n’admet plus que l’imperfection est, elle, le pas naturel de l’univers.  La vie aime l’imprévisibilité, la souplesse, l’inattendu, ce qui en fait aussi tout l’intérêt et le charme. L’obstacle, la déviation, le ralentissement, sont la coutume. Et si l’échec survient : il a toujours un sens. Soit les efforts ont été insuffisants par rapport au but, soit nous avons commis une ou plusieurs erreurs importantes ou soit ce but ne nous convient pas vraiment pour l’instant ou définitivement.

        Cette dépression va effectivement me permettre de dialoguer avec moi, de M’ECOUTER vraiment, c’est-à-dire de reconnaître qu’une ou des parties de moi souffrent de n’avoir jamais été entendues et respectées comme d’autres.  Ca va être un chemin au long cours. Mon trouble psychique n’est pas vraiment le début d’un processus : il n’est qu’une étape sur ma voie. Le voyage a commencé en 2008. La dépression était déjà là, je m’en rends compte. Mais elle était masquée par d’autres choses. Maintenant, plus fort, je peux regarder en face cette dépression et la transformer en une énergie positive avec le temps.

         

        Merci pour votre encouragement !

    2
    Mercredi 3 Mai à 12:22

    Bonjour Pierre Laurent,

    Je viens de lire ton texte et...je me dépêche à t'écrire car je suis un peu inquiet..et pas. En lisant tes articles depuis déjà quelque temps, j'ai toujours apprécié ton honnêteté intellectuelle et émotive. Nul doute que tu est quelqu'un de très exigent avec toi même. Nul doute que tu aimes la Vie profondément et, de ce fait tu est aussi quelqu'un d'hypersensible.

    Je te souhaite du courage et de la force, peut être un peu de recul aussi avec les grandes exigences que tu t'infliges à toi même.

     

    Amicalement

    Angel

      • Mercredi 3 Mai à 15:56

        Comme quoi, ça transparaît malgré moi : l'exigence à mon égard ! Ton commentaire rejoint parfaitement la phrase de la psychologue qui m'a reçu et qui me disait en substance mais "Où êtes-vous dans tout ça ? Quelle place vous laissez-vous ?". Une partie du travail intérieur à faire sera liée à cette question : accepter enfin d'être imparfait et que l'imperfection appartient à la vie plus naturellement que son contraire, ce qui la rend belle naturellement. En effet, nos faiblesses, nos défauts, parfois gros, participent aussi à nous rendre uniques et à faire de nous qui nous sommes. Le chemin sera difficile, il me faudra bien saisir qu'accepter son imperfection ne signifie pas se laisser aller au pire de soi mais n'est que reconnaître l'impossibilité de ne jamais défaillir en quoi que ce soit. Avoir cette souplesse compatissante envers soi est une des grandes portes du bonheur de vivre.

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    3
    Mercredi 3 Mai à 21:05

    bonsoir pierre laurent

    en lisant ton témoignage que j'apprécie à sa juste valeur pour sa justesse , cela me fait penser à ce que je traverse et cette prise de conscience que j'ai eu en écoutant cette vidéo.  Je te met le lien qui exprime bien ces multiples aspects intérieurs qui s'opposent en nous ... j'ai mis un moment à te répondre car je dois trouver les mots justes mais en aucun cas appuyer dans un sens où un autre, car ton questionnement sur ta vie, trouvera écho dans l'ambiance feutrée et douillette de la psy que tu rencontres simplement souligner le fait que dans nos sensibilités il existe des conflits internes qui peuvent jusqu'à remettre en question le fondement même du choix ou de la voie que l'on s'est donné (cette frustration vis à vis du spirituel un peu laissé de coté peut être en ce moment au profit du psychologique ?? cela ou autre chose que le spirituel ?  ) c'est à ce moment précis que le travail intérieur commence, j'espère que tu trouveras LA bonne personne pour cela

    https://www.youtube.com/watch?v=eESZarfGvic

    mes amitiés cool

    tchina

     

     

      • Vendredi 5 Mai à 23:12

        Merci pour ce commentaire revivifiant !

        Je regarde la vidéo par séquence. Ceci est une 1ère réponse. je pense que j'en ferai une autre lorsque j'aurai tout vu. En effet, une chose m'a interpellé immédiatement dans le discours de Mme Padovani : la partie de soi qui ne veut pas vivre ou quine croit pas plus exactement que ses besoins seront satisfaits en cette vie. C'est ça, je crois. Toute une part de moi ne veut pas rester incarnée et la mort me tente beaucoup surtout que mon père est mort (choix délibéré de se laisser aller) et que l'homme que j'ai le plus aimé jusqu’à maintenant s'est suicidé en 2000. Sa mort m'a laissé inconsolable : chagrin atténué avec les ans mais toujours présent. On est quand même avec deux êtres chers qui sont allés vers la mort de façon délibérée, ce qui pour moi agit comme un exemple : fermer la porte au vivant de cette terre quand tout devient pénible et sans issue. Je vais réfléchir sur ce point. Ma dépression m'impose de dialoguer avec cette ou ces parties de moi qui ont dû se taire face aux desiderata de la société. Retrouvailles douloureuses mais nécessaires. A suivre...

        Je remets le lien vers la vidéo en ligne afin que les gens puissent y accéder si ça les intéresse aussi :

        Une part de moi n'a pas envie de vivre (Isabelle Padovani)

        A + tard Tchina !

    4
    FAUSTINE
    Vendredi 5 Mai à 21:24

    Bonsoir,

    Je ne te ferai pas de longs discours, je ne sais pas comme toi, trouver les mots justes.

    Ton texte est formidable de vérité. J'ai fait cette traversée du désert, et il va falloir t'accrocher pour t'en sortir... Mais tu vas en sortir, sans aucun doute.

    Je te souhaite de trouver le bon professionnel... avant d'en devenir un à ton tour ; un superbe métier...  Tu as pris la juste décision de passer ta licence en deux ans. Prends soin de toi.

    Donne nous régulièrement de tes nouvelles. Je pense bien à toi...

    FAUSTINE.

      • Vendredi 5 Mai à 22:54

        Merci Faustine !

        Vu le côté concret de ton commentaire, je vais en rester là. Pour le thérapeute, ça va être la recherche... jusqu'au bon. Soit ce sera immédiat, soit je devrai en essayer plusieurs jusqu'à la bonne rencontre. Pour le passage du diplôme, j'ai pris la meilleure décision : je n'ai plus de problèmes digestifs et de transit. Ça a été immédiat d'ailleurs. Bon signe donc ! Le point négatif est par rapport au futur contexte socio-professionnel : mon projet pro doit normalement m'amener à suivre des études à l'étranger et à monter ensuite mon entreprise hors de France. Je ne veux surtout pas devenir entrepreneur dans notre pays : trop d'impôts pour nourrir nos politiques fainéants et anti-peuple. C'est là-dessus que je suis interrogatif. Mais bon, dans l'immédiat, je vais en rester à ce qui doit être pris en compte : ma santé mentale et les matières que je veux valider cette année en licence. En tout cas, une chose m'a plu : les profs de psychopathologie psychanalytique, spécialité que j’ai choisie, sont très compréhensifs et révèlent une humanité qui rend honneur à leur savoir-faire thérapeutique (tous sont psy à côté) et leur savoir-être. Je me sens compris.

        Merci de ton intervention ! wink2

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