• 17. MERCI GUILLAUME ! - le doux présent de l'empathie, un soir...

     

    Une fin d'après-midi à l'université... Je suis démoralisé. Je quitte le cours de statistiques où je suis en difficulté pour celui d'anglais que j'adore. Je me sens très mal. Je m'attends à ne pas profiter de mon cours préféré. En quelques minutes, je me renferme sur moi bien décidé à ce qu'on me fiche la paix. Mais c'était sans compter avec mon voisin de table, Guillaume, bien décidé à me faire retrouver le sourire...

    Texte dédicacé à Guillaume M. évidemment. wink2

     

    Mon précédent article vous a décrit combien l'excitation de la reprise d'études universitaires s'accompagnait pour moi d'un taux d'angoisse accru et d'une résurgence de mes symptômes d'épuisement mental (burn-out). Je suis en fait très inquiet de mon faible niveau en statistiques. Un coup, j'ai l'impression que je vais arriver à avancer un peu, un autre coup, tout redevient extrêmement confus. Concrètement, je suis perdu. 

    Un jeudi soir, après que j'eus quitté mon cours de travaux dirigés (TD) en statistiques, je me suis rendu en cours d'anglais. Dans ce cours, nous avons une place précise. Mon voisin de table est un jeune homme de 32 ans prénommé Guillaume, ostéopathe, lui aussi en reprise d'études. Il est en 2è année de licence alors que moi, je suis en 3è année. En raison de mon inscription tardive, tous les TD d'anglais de 3è année de licence de psychologie ayant un horaire compatible avec mes autres cours étaient complets. J'ai dû me rabattre sur un TD en "licence 2". C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Guillaume. J'en suis ravi car c'est une personne plus mature que les autres étudiants et avec un vécu fondé sur nombre de valeurs, de principes et de centres d'intérêts communs avec moi : l'attention à l'autre, les soins de santé alternatifs, la solidarité (bien comprise), etc, etc... et l'Australie ! Guillaume a en effet passé un an sur le pays-continent en compagnie de son ex-amie française avec laquelle il a voulu alors découvrir de nouveaux espaces et une autre culture. Evidemment, ça nous a rapproché. Vraiment, l'univers nous met en contact avec qui nous ressemble sur le fond au-delà même de notre propre opinion sur nous : synchronicité des rencontres et équivalence qualitative des liens humains

    Ce soir-là, comme souvent, je suis arrivé en avance à mon cours d'anglais. J'ai eu le temps de m'installer tranquillement... sauf que cette fois, je me sentais très mal : malgré la compétence et la gentillesse de mon professeur de statistiques, la prise de conscience de la faiblesse de mes connaissances m'a littéralement "plombé" le moral. Vu l'importance de l'enjeu que représente dans mon projet professionnel et à l'âge que j'ai l'obtention d'une licence en psychologie, je me sentais au sens propre désespéré. Au bout d'un quart d'heure, la plupart des étudiants du TD d'anglais étaient à leur place tandis que le professeur, une femme, commençait son cours. Guillaume est arrivé un peu tard : il avait été retenu un peu plus longtemps dans un autre TD. Il s'est installé à mes côtés, m'a dit bonjour et demandé comment j'allais. Je lui ai répondu que je me sentais vraiment mal et que je serais en sous-régime, "en dedans", peu disponible pendant le cours. Guillaume m'a dit qu'il voyait bien que j'étais très perturbé et m'a demandé pourquoi. Je lui ai alors décrit mon inquiétude par rapport à mon niveau en statistiques et de mes chances d'obtenir la licence du premier coup en juin prochain. "C'est incroyable !, s'est-il exclamé, tu n'arrêtes pas de me parler des 'stats' depuis que je te connais ! Franchement, ça en devient vraiment inquiétant.". Guillaume n'était pas la première personne autour de moi à faire ce constat : ma prise de conscience tournait à l'obsession  à mon insu.

    Puis tandis que le cours d'anglais commençait, mon cher et charmant voisin a continué de m'encourager. Il m'a conseillé d'élargir mon angle de vision. Les statistiques appartiennent à un groupe de 3 matières où à la fin, les notes se compensent entre elles pour donner une moyenne globale. Il a fortement insisté  sur la nécessité d'adopter des stratégies pour simplement avoir 10 sur 20 à ce bloc en mettant la gomme sur les 2 autres matières... et en faisant ce que je pourrais pour les "stats". Tandis que Guillaume me disait ces mots, j'ai immédiatement ressenti l'authenticité avec lesquels il les prononçait et l'intention intense qui l'animait : j'avais en face de moi un jeune homme quasi-inconnu de moi il y avait encore 3 semaines qui me portait secours intérieurement avec une vraie conviction et sans même se poser de question. Il ne me connaissait pas beaucoup mais que j'aille mieux lui importait, c'était évident. Effectivement, au bout de quelques minutes, le désespoir profond qui habitait mon cœur s'est apaisé et j'ai pu suivre le cours même si je suis moins intervenu que les autres fois. Guillaume sait que j'adore l'anglais et que c'est ma matière préférée. Du coup, il a tout fait pour que j'en retire un profit pour mes études et les examens à venir.

    17. MERCI GUILLAUME ! - le doux présent de l'empathie, un soir...Plus tard, une fois sorti du cours, il est resté m'attendre alors que j'avais insisté pour qu'il aille déjà vers la station de RER : j'avais envie d'aller aux toilettes et j'avais proposer de le rattraper lui disant que s'il était pressé, il pouvait partir sans moi. Or, il a préféré rester : il m'a avoué avoir senti que c'était important pour moi ce soir-là d'avoir du réconfort. Il a aussi ajouté que pour lui, cette attention qu'il me portait était tout à fait normale : il n'aimait pas voir les gens qu'il appréciait et ses amis dans la peine. J'ai alors réalisé qu'il m'avait déjà donné une certaine place dans sa vie : je comptais pour lui... comme il comptait pour moi, je m'en étais aperçu. Bref, l'amitié naissait entre nous. Je recevais d'un quasi-inconnu toute l'empathie que moi-même, je distribue autour de moi régulièrement. Comment ne pas être touché du fonctionnement merveilleux (et strict) de l'univers qui nous met face à face à chaque seconde avec l'être que nous sommes réellement tout au fond de nous ! La gratitude, sentiment sublime qui m'anime depuis plus d'un an, a tout à coup augmenté en moi. Je me sentais bien, protégé, soutenu. Guillaume était sans le savoir le délégué de l'univers pour m'aider dans ce moment difficile et crucial.

    Peu après, une fois assis dans le RER qui nous ramenait sur Paris et la banlieue-est où tous deux nous résidons, Guillaume et moi avons longuement échangé comme à chaque fois que nous nous retrouvons ensemble. Il a insisté en m'expliquant que dans ses relations passées, un homme avait beaucoup compté pour lui et lui avait dit que les problèmes n'importaient pas tant qu'une solution était recherchée pour les résoudre. En somme, tout obstacle peut être supprimé, contourné ou retourné à son avantage. Guillaume m'invitait à revoir ma position, à être créatif et à ne plus voir ce problème de mon niveau en statistiques comme un obstacle rédhibitoire. Il m'a invité à me faire du bien, à élargir ma vision de la situation... insistant à nouveau sur le fait de me voir être mieux bientôt et plus souriant comme lors de nos premières rencontres. Au moment de nous quitter alors que j'allais descendre du train à Nation, il a ajouté, espiègle : "Détends-toi bien ce soir, repose-toi et bois un verre de vin rouge !". J'étais content qu'il se souvienne d'un tel détail alors que nous nous étions très peu vus depuis mon entrée en faculté : ma passion pour les vins rouges. C'était une autre preuve que Guillaume m'accordait vraiment une importance, que je l'avais marqué en tout cas. Il est vrai qu'entre nous deux, le contact est immédiatement passé, dès les premiers mots échangés. J'ai très vite compris que je venais de rencontrer une belle âme comme on dit.

    Après avoir quitté Guillaume, je suis rentré chez moi bien plus apaisé que je ne l'aurais pensé. J'ai pu me détendre, savourer mon dîner avec un Sainte-Agathe, vin rouge du sud-ouest de la France, qui accompagne souvent mes repas lorsque, seul, je veux manger dans un contexte un peu plus sophistiqué, chaleureux, où le goût prime, sans me ruiner. Le plaisir est tel que je le fais durer : je sirote le précieux nectar toujours à toutes petites gorgées en pensant à tout et à rien. Ce soir-là, les arômes finement capiteux du Sainte-Agathe faisaient écho à la chaleur humaine que Guillaume m'avait apportée grâce à sa forte empathie. Je buvais lentement mon vin, le cœur en paix, léger. L'univers sait panser les blessures que nous créons par nos maladresses et nos attitudes plus ou moins nocives. Il suffit simplement de savoir écouter, d'accepter un point de vue différent du sien qu'il vienne d'une personne précise ou d'une situation particulière. Il faut juste rester ouvert à la vie : j'aurais pu me murer dans mon mal-être, signifiant une fin de non-recevoir à mon nouvel ami. Cependant, j'ai appris à mieux écouter et accepter les réponses de l'univers, surtout lorsqu'elles ne correspondent pas à ma vision du moment. Je sais que derrière l'apparent désaccord, un point de liaison positif existe toujours. En fait, l'empathie de Guillaume a pu porter ses fruits parce qu'en face, elle a pu dialoguer avec ma propre humilité à cet instant précis. En effet, j'ai immédiatement baissé la garde face à l'autre qui venait à moi au lieu de demeurer dans mon trouble de façon égocentrique.

    Finalement, ma rencontre avec Guillaume est une des belles surprises de ma vie présente. Le détail insolite est que nous ne nous voyons qu'au cours d'anglais : nous ne nous sommes jamais rencontrés ailleurs sur le campus pendant la semaine pour le moment en raison de nos emplois du temps très différents. Qui sait, ça arrivera peut-être ? Entre-temps, lors de nos échanges, nous avons évoqué l'idée de nous retrouver autour d'un bon repas hors de la fac, au restaurant. Nous verrons bien.

    Je vous souhaite à vous aussi de rester en connexion complète avec ceux autour de vous. Parmi eux, il existe certainement une personne ou quelques-unes qui vous témoignent un intérêt authentique même si elles vous connaissent peu. En effet, le grand pouvoir de l'empathie est que ce sentiment n'a pas besoin de la durée et de la profondeur d'une relation pour s'exprimer pleinement : il est là ou pas. Alors, restez à l'écoute !  yes

     

    Crédits photo : X

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 30 Avril à 06:05

    magnifique témoignage de vie comme je les aimes ... de votre façon de l'exprimer, cela demande de l'humilité (reconnaître que l'on est en difficulté) et une bonne antenne pour sentir ce qui ne se discerne pas de prime abord ... à mon sens, une loi fondamentale s'il en ai une c'est qu'il y a un lien étroit entre donner et recevoir ...j'ai pu m'en rendre si je veux recevoir quelque chose il faut en amont, avoir impulser ce souhait ... comme dirait l'autre donnes et tu recevras ! vôtre témoignage fait la lumière en ce sens ... beau partage

    tchina 

      • Vendredi 19 Mai à 16:40

        Bonjour Tchina !

        L'équilibre subtil et profond entre le don et la réception... Que n'a-t-on écrit sur ce thème éternel ! Parfois le don semble modeste de l'extérieur mais il est conséquent dans le fond ou alors, l'accumulation de petits dons aboutit à un gros retour un jour. Ce qui m'est arrivé ce jour-là, c'était ça ! Habituellement, je suis plutôt du genre à aider, secourir facilement. Là, j'ai eu le retour sans rien demander, parce que l'autre a été attentif et prévenant. Guillaume est resté une simple connaissance. Je ne sais pas si nous serons jamais amis à l'avenir. Toutefois, il m'a sur le moment accordé une attention sincère et entière. C'est tout ce qui comptait alors. La vie, ce jour-là, m'a fait un beau cadeau : c'était à mon tour d'être soutenu. smile

        Merci et à + tard !

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