• 13. UN MOMENT D'EVEIL A SOI, LIBRE ET ABSOLU - se voir avec les yeux du bouddha

     

    Cet article raconte une expérience de pratique bouddhique qui m'est arrivée récemment. J'étais en pleine méditation. Ce moment a été décisif pour moi : il m'a permis d'avoir, ou plutôt de comprendre non plus avec des mots mais avec le cœur de tout mon être, la réponse que me destinait mon Grand Soi, l'enfant intérieur qui vit en moi, mon Je-Âme comme j'aime à l'appeler parfois, mon essence de vie à un moment où je me posais beaucoup de questions sur mon avenir. Le bouddha qui veille en mon for intérieur m'a conseillé... en silence : j'ai ressenti son intention, absorbé sa bienveillante fermeté. J'avais besoin d'être guidé. Ce temps de pratique a été très beau, émouvant et particulièrement régénérateur. Ce fut un magnifique moment d'éveil de conscience, tout en profondeur intime, pur, absolu. Ce jour-là, je me suis à nouveau rencontré au niveau le plus essentiel. Je sais où aller et que faire à nouveau dans un avenir à moyen et long terme... ou comment je retrouve peu à peu une détermination plus forte et régulière.

     

    C'est un matin où je me réveille anxieux, déjà las avant même d'avoir entamé ma journée. Depuis environ un mois, je suis en pleine action pour mettre en place un projet de reprise d'études universitaires : parcours éprouvant pour un homme d'âge mûr comme moi qui a quitté le circuit de l'enseignement initial depuis longtemps. Les sélections sont sévères et rien n'est gagné. Je constate que même pour un plan B, les obstacles ne s'évaporent pas : contretemps, retards, barrages des uns et des autres dont dépendent la mise en route de votre projet, etc... Je retrouve exactement les mêmes raisons de stresser que lors de la mise en place de mon grand plan A que mes amis intimes connaissent et pour lequel ils m'ont vu agir pendant trois ans avec persévérance et ténacité dans un contexte extrêmement adverse.

    Le cadre de recrutement des nouveaux étudiants impose des limites temporelles strictes et surtout serrées alors qu'en même temps, une quantité importante de documents administratifs est exigée, des documents pouvant remonter jusqu'à 30 ans en arrière dans mon cas ! Les délais de réponse sont forcément rallongés, le temps de retrouver dans les archives les plus anciennes les papiers me concernant... quand ils existent encore ! En effet, j'ai appris que parfois, les dossiers à mon sujet avaient purement et simplement été détruits il y a peu. En plus de la réponse négative et de l'impossibilité de fournir la preuve exigée par une administration, vous recevez en pleine figure le fait d'être considéré comme une "vieillerie" ambulante, un élément du passé sur lequel il est inutile de revenir même si c'est dit dans des formes polies et parfois très cordiales. Pris en étau entre des limites de dépôt de dossiers étroites et une réalité administrative qui tend à devenir cornélienne à mon sujet, j'avoue perdre un peu pied par moment. Du coup, je somatise comme à l'accoutumée : mon foie et mon système veineux se font le relais du stress qui m'intoxique.

     

    1. L'évidence d'une frustration douloureuse et malsaine durable

    13. UN MOMENT D'EVEIL A SOI, LIBRE ET ABSOLU - se voir avec les yeux du bouddhaCe matin-là, oui, je me sens mal. J'ai l'esprit brumeux, lourd. Heureusement, j'ai le réflexe de rapidement me diriger vers mon autel bouddhique afin d'éviter de gamberger. Je sais que mes idées sont bien plus claires après une bonne heure de méditation. En outre, malgré des difficultés tenaces et un épuisement mental résistant, ma pratique bouddhique est excellente et régulière depuis plusieurs mois : je reste complètement connecté à mon être profond bien que j'ai souvent l'impression du contraire.  Je vais d'ailleurs très vite réaliser à quel point cette relation avec mon moi intime est puissante et directe. Une fois assis devant l'autel bouddhique, j'ouvre doucement les portes du butsudan (1). Je me retrouve devant le Gohonzon (2)Durant environ une heure, je vais rendre hommage à ma vie et honorer l'homme que je suis en retournant puiser à la source de mon être là où mon guide intérieur réside. Tout le temps de cette pratique, je reste neutre. Je n'ai aucune obsession ou exigence par rapport à mes buts divers. Je suis simplement là. Je suis juste moi, tel que je suis à cet instant précis : je n'ai aucun jugement de valeur à mon encontre même si une douleur sourde occupe mon esprit. Je commence à méditer. Ma voix entame alors avec une douceur vaporeuse la récitation à voix haute du mantra (3) qui est le socle idéologique du bouddhisme que je pratique. Peu à peu, la musique rythmée du daimoku (3 ) a résonné de plus en plus fortement dans la pièce : mon corps vibre. C'est agréable mais mon anxiété ne faiblit pas. Au contraire, plus je médite, plus elle se renforce. Cependant, je ne m’inquiète pas. Je reste concentré. Ma voix file, rapide et régulière, tel le flot d'une rivière paisible. Graduellement, ma frustration se mue en une tristesse profonde. Ma douleur intérieure si floue devient plus précise, tangible, concrète. Je la ressens de plus en plus nettement. Tout à coup, un désespoir d'une rare profondeur surgit, brutal, intense. D'une pureté sombre, ce désespoir de vivre, immense, insondable, est absolu. Je me sens minuscule, impuissant, face aux obstacles récurrents mis devant moi. J'agis pour aller dans une direction tout en sentant bien que je dois aller ailleurs. La structure de mon existence est absurde car fondée sur la mise à l'écart fréquente de ce qui me convient et des objectifs qui me font du bien. Soudain, la problématique essentielle de ma vie depuis plusieurs années apparaît : images mentales inattendues comme un court-métrage d'illustration.

    Mon enfant intérieur, mon âme, me parle tandis que je récite daimoku avec vivacité et douceur. Je reçois un signe clair de mon guide intime, la partie de moi authentique au-delà des contingences matérielles de notre monde. Ce n'est pas un dialogue intérieur : des images, d'anciens ressentis et des sensations précises vécues quelques années plus tôt me sont envoyés. C'est le retour d'une certitude plus solide et l'encouragement bienveillant de mon Moi profond à revenir sur les rails de ma vie même si je dois gérer mon présent. Mon action actuelle ne doit pas desservir mes plans à plus long terme. Le rappel est clair et net. Les larmes me montent aux yeux lorsque je me revois à Melbourne fin 2010. Le ciel est bleu, il fait beau : c'est le printemps austral. Je suis face à la caserne des pompiers de la ville. J'admire la fresque urbaine géante qui décore le mur d'entrée du bâtiment. Je souris, Je suis bien. Simplement bien. Simplement moi. Là, soudain, effluves du passé, encore plus loin dans le temps d'avant, je me revois à Nantes, ma métropole française bien-aimée, mon chez-moi du cœur. Devant les yeux, des murs avec de petits dessins, et puis sans transition les parcs de la ville, la Loire, l'eau... Puis je me retrouve sur les berges du Yarra qui traverse Melbourne. Le temps se confond. Au présent, à l'intérieur, je suis dans l'ancienne cité des ducs de Bretagne et la capitale victorienne simultanément : écho mémoriel en surimpression. Déjà, là-bas aux antipodes, le souvenir de Nantes était alors venu m'affirmer que j'avais trouvé un nouvel endroit où je pourrais m'établir à l'avenir et exprimer mon potentiel au maximum. A Melbourne, je me sentais CHEZ MOI, at HOME, in MY city... at the right place, au BON endroit. Tandis qu'une immense joie m'anime à la résurgence de cette pensée, je réalise aussi combien je suis face à une question vitale dans ma vie alors même que j'en minimise l'importance à cause des opinions et préjugés de la société autant que d'une part de mon entourage. Je prends conscience de la situation avec la lucidité du bouddha : je comprends avec une clarté totale que ne pas réaliser mon objectif de m'établir définitivement dans la capitale du sud-est australien me mènera immanquablement à une mort prématurée (suicide ou maladie grave somatique après avoir sombré mentalement auparavant). En effet, marcher à côté de son chemin invalide au final ses pensées, ses actions, ses choix et leur résultat : vivre, être, rayonner, c'est rejeter la trahison de soi. Vivre pleinement, c'est avoir le courage de suivre SA propre route même si ça doit remettre en cause le cadre rassurant et confortable dans lequel on évolue depuis longtemps parfois. S'accomplir revient à quitter sa zone de confort : la liberté d'être a son revers.

     

    13. UN MOMENT D'EVEIL A SOI, LIBRE ET ABSOLU - se voir avec les yeux du bouddha

     

    2. L'émergence d'une réponse claire sous l’œil du bouddha intérieur

    Alors que visions du passé et sentiments présents se mêlent, j'arrête ma pratique une brève minute, le temps de sécher mes larmes. Le rappel subit de ma mortalité comme corollaire de mon échec existentiel possible vient illustrer tout le drame de ma vie depuis près de 20 ans : mon impossibilité à me créer la réalité qui me conviendrait intimement, enfin une des versions de ma vie qui m'apporterait un plein épanouissement personnel. Il ne s'agit pas pour moi d'espérer une existence sans obstacles ou de dénigrer tout ce que j'ai pu faire dans le passé mais d'aller sur une voie où je puisse m'accomplir totalement. Si j'ai été beaucoup malade ces dernières années, c'est en effet à cause de l'écart constant qui existe entre mon chemin de vie adéquat et celui sur lequel je marche depuis longtemps dorénavant. Les difficultés ne sont jamais le problème principal dès lors que vous vous êtes trouvé, dès lors que vous vous respectez et entreprenez les bonnes actions, entendre par là, les actions dont la répercussion sur votre existence a un écho positif puissant et qui vous font avancer de mille pas et non d'un millimètre ou qui vous évitent de stagner longtemps dans des situations brinquebalantes. Entre voir, sentir, réaliser où est la bonne voie pour soi tout en demeurant sur un autre chemin et s'engager à marcher pour de bon sur le sentier adéquat, la différence est de taille. La décision d'emprunter une route intérieure en harmonie avec soi-même requiert courage et ouverture d'esprit envers soi en particulier quand on choisit la voie de l'épanouissement personnel. En effet, ça fait quelques années que je sais où je dois aller mais que la peur m'empêche de me donner totalement aux objectifs correspondants. Une immense frustration m'asphyxie de plus en plus à la longue mais je ne peux m'en prendre qu'à moi-même : la vie m'a souvent ouvert des portes et montré où me diriger pour mon bonheur mais je n'ai pas su saisir l'occasion à cause du regard des autres et de craintes stupides. La plupart de mes échecs sont moins dus à l'égoïsme ou l'attitude adverse de tiers à mon encontre qu'à mes propres démissions personnelles. Notre lâcheté est avec la peur la source majeure inépuisable de notre tendance à la stagnation ou à la résignation : l'écouter revient à se préparer des lendemains qui pleurent. Ce jour-là, mes larmes sont un écho de cette éventualité qui résonne fortement : je saisis AVEC TOUTE MA VIE la pleine nature de ce constat existentiel peu réjouissant. La seule conscience des choses ne suffit plus : je dois réagir en revenant à une action plus déterminée comme autrefois dans le passé et ne plus être impressionné par l'accumulation d'échecs de ces dernières années dans ma vie. Après tout, je peux être compréhensif à mon égard : l'héritage émotionnel lourd que je trimbale en moi depuis mon enfance ne m'a guère aidé à être un adulte assuré d'emblée même si j'ai toujours fait preuve d'une grande autonomie vis-à-vis des autres.

    Cette compréhension juste et profonde des choses surgit en un instant tel un éclat de lumière intérieure. Je me vois tel que je suis, sans complaisance mais sans mépris non plus : je n'ai absolument aucun jugement de valeur à mon encontre. Je ressens au contraire une libération intense. Je VIS l'amour de moi-même ici et maintenant. J'incarne la bienveillance universelle à mon égard. Nul égoïsme : c'est le simple pardon, le doux conseil opportun... avec le rappel ferme et insistant à plus de rigueur à mon égard afin d'aller plus loin si tel est bien mon projet de vie. Vivre peut, certes, être vécu dans le plaisir mais ce n'est pas un jeu anodin où les règles peuvent être modifiées comme bon nous semble selon notre humeur de l'instant : certains paramètres échappent complètement à notre volonté quoi que nous pensions. Le temps joue toujours contre13. UN MOMENT D'EVEIL A SOI, LIBRE ET ABSOLU - se voir avec les yeux du bouddha nous lorsque nous négligeons nos promesses et les devoirs qui en découlent vis-à-vis de nous. A l'hiver de notre vie, il sera trop tard : le regret viendra hanter nos dernières heures sur terre si nous n'avons jamais ou que peu emprunté le chemin de vie adéquat pour notre bien-être. La plupart des gens redoutent la mort non par crainte de laisser derrière eux une existence bien remplie et tout ce qui l'illustre matériellement comme mentalement mais plutôt parce qu'ils s'aperçoivent tout à coup, au fur et à mesure des années, que le temps leur est limité et qu'ils n'auront pas la possibilité de faire tout ce qu'ils désirent au fond, ce qui génère en eux une énorme frustration proche de l'indignation ressentie lorsque l'injustice nous frappe. Alors, imaginez ce qui traverse le cœur d'une personne quand mécontente ou déçue de sa vie, elle espère obtenir une forme de rattrapage avant qu'elle ne meurt : la tension intérieure due à la conscience de sa propre finitude rend l'échéance mortelle encore plus difficile à accepter. Je préfère éviter ce scénario sinistre et pourtant banal. L'évocation de ma propre mort à force d'insatisfaction prolongée et de souffrance diffuse vient sonner comme un avertissement utile quoique sévère à revenir vers moi avec plus d'attention et de soin. 

    Je reprends la récitation du daimoku. J'ai le cœur rempli de gratitude. Je ressens un relâchement physique : la douleur due à une veine congestionnée depuis quelques jours s'estompe rapidement. Je sais désormais ce que j'ai à faire. Mon plan B, les études, n'est pas remis en cause mais je dois le faire coïncider au plus près avec mon véritable objectif de vie, mon plan initial : vivre définitivement en Australie tel que je me l'étais promis en 2011 lors d'un séminaire d'études bouddhiques. Dans l'immédiat, j'ai tout de même un pied sur l'étrier : la pratique de l'anglais est omniprésente dans mon quotidien à travers mes lectures, l'écriture, mes liens récurrents avec des anglophones et nombre d'autres occasions de me faire plaisir sur ce plan. En outre, j'agis toujours pour ce but personnel. Actuellement, de façon discrète, je joue un va-tout, ma dernière carte, puisque la voie officielle classique m'est fermée. Quand l'obstacle est infranchissable, autant faire comme l'eau : contourner le rocher et continuer sa route. Savoir s'adapter au moment présent est crucial pour gagner : le temps, lui, n'a en soi AUCUNE importance lorsque la détermination y est. Seul, le courage de persévérer importe en fait. La qualité du voyage compte au final bien plus que d'atteindre la destination : quelle valeur réelle peut avoir une victoire obtenue au bout d'un parcours rempli de plaintes, de récriminations sinon celle de la souffrance auto-infligée et d'un long calvaire ? Le temps de concrétiser notre objectif, il nous faut bien vivre au présent, avec ce qui le constitue au jour le jour. Savoir composer avec ce qui est sans se trahir devient alors indispensable. Être sage revient à gérer sans cesse les divers paramètres qui nous permettent de remplir nos devoirs vis-à-vis de notre présent et de notre futur simultanément : un bouddha parvient à CRÉER ce subtil équilibre instantanément sans même y penser. C'est notre ego qui vient souvent mettre la pagaille dans nos plans par peur, orgueil ou impatience. Quelques minutes plus tard, j'entame la lecture du gongyo (4) puis reprends la récitation du daimoku durant un bref moment. J'achève ma méditation, l'esprit apaisé, calme, plus léger qu'au début. Mon corps, lui, est détendu : ma congestion veineuse a beaucoup diminué et n'est plus du tout douloureuse.

     

    13. UN MOMENT D'EVEIL A SOI, LIBRE ET ABSOLU - se voir avec les yeux du bouddha

     

    3. La restauration d'une auto-responsabilisation active et déterminée

    Depuis cette pratique, j'ai constaté que j'étais naturellement plus concentré sur la qualité de mon action quotidienne. Je ne suis pas au top chaque jour mais j'essaie réellement de donner le meilleur de moi-même de façon bien plus régulière, ce qui n'était pas le cas depuis des mois où j'avançais par à-coups. Je veux vraiment harmoniser mon présent et mon futur, que le premier soit bien la source du second tel que je l'imagine dans ses grandes lignes. Je ne veux surtout pas rater le coche sur le chemin de ma vie. L'idée de mourir volontairement de manière explicite (suicide) ou implicite (maladie grave auto-déclenchée) me laisse déterminé par rapport à mon présent et surtout mon avenir. Je ne suis pas effrayé. Tout est clair : j'ai envie de vivre, je veux réussir. Je connais désormais le risque à ne pas tout entreprendre pour réaliser mon projet australien, mon fameux plan A : les regrets me conduiront à la mort immanquablement. La douleur de vivre sera en effet telle que je ne le supporterai pas. La proactivité est mon seul antidote à la défaite intérieure et la honte de soi. L'essentiel est que je puisse toujours me regarder en face et dire "J'ai fait tout mon possible ! J'ai été jusqu'au bout de ma décision.". Le résultat sera ce qu'il sera mais je dois gagner sur moi et des circonstances défavorables qui me poussent à stagner dans la résignation.

    En lisant mes mots, vous pourriez vous dire que le constat personnel fait sur ma vie jusqu'à présent est plutôt pessimiste. Ça en a la couleur, c'est vrai, mais c'est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Tout est en fines nuances. Avec moi, la subtilité est reine. Je suis rarement là où je suis attendu. Ma manière lucide de savoir faire la part des choses en bien des contextes étonne lorsqu'on connaît mon pessimisme naturel. A propos de mon parcours de vie jusqu'à aujourd'hui, j'en reconnais tout à fait le bon versant bien que je ne sois pas un optimiste né. Si j'ai peu obtenu matériellement et que je ne corresponds pas du tout à l'image conformiste et rassurante attachée aux hommes de mon âge, j'ai par contre eu d'énormes gains sur un autre plan : mes victoires personnelles sont presque toutes des avancées intérieures dont certaines prodigieuses. Par rapport à d'anciennes attitudes morales et des positionnements psychologiques récurrents de mon passé, je me situe désormais à 180 degrés. D'anciens amis seraient ainsi surpris de me voir montrer naturellement en divers contextes une empathie, une patience, une écoute et une attention autrefois présentes chez moi de façon sporadique. Ce résultat indéniable provient exclusivement de mon développement intérieur lui-même dû à mon progrès humain et spirituel.

    Le présent article est positif, n'en doutez pas, mais il est surtout réaliste et juste, adapté au thème principal de mon discours ici : le respect et l'épanouissement maximum de soi. Forcément, d'un bout à l'autre de la chaîne de la réalisation de sa vie, la mort est omniprésente : elle peut survenir à tout moment. Du coup, sa venue volontaire ou non importe peu. Là n'est pas le problème à l'évidence. La question est bien la gestion du présent et comment nous comptons adapter ce dernier à nos objectifs futurs tout en tenant compte du contexte souvent adverse dans lequel nous évoluons. Cette problématique concerne tout être humain sur terre. Certains s'accomplissent totalement dans ce qu'ils font et s'en sortent mieux que d'autres qui, eux, se satisfont par défaut à la longue de ce qu'ils obtiennent, renonçant à leurs rêves, un à un, et ratant le train du bonheur par la même occasion. La trahison de soi appartient certainement aux plus grandes souffrances humaines : mon propre père en est mort. A la fin, ce dernier a préféré un départ digne plutôt qu'un séjour prolongé sur terre avec sa déchéance mentale et physique programmée. Papa était devenu parfaitement conscient que sa vieillesse difficile à cause d'une santé défaillante résultait d''une existence constituée de renoncements fréquents et de résignation continue. L'impact d'une défaite intérieure générale sur soi-même n'est jamais anodin : le corps exprime les maux silencieux de l'âme liés aux abandons individuels multiples. La frustration globale qui s'en dégage est aussi toxique qu'un poison : un jour, le concentré d'amertume est si important qu'il se déverse dans la sphère physique. Ce qui était tu apparaît au grand jour sous la forme d'une maladie précise ou de maux récurrents. J'en suis l'exemple vivant comme l'a été mon père. 

    L'enjeu de son propre accomplissement est vital pour créer l'harmonie en soi et autour de soi. En effet, hors du champ de la mort physique, le fait de vivre sa vie de manière automatique, routinière, uniquement concentré sur son travail, les tâches domestiques, sa vie de couple ou sa recherche de l'amour et les seuls amusements proposés par notre société consumériste sans autre forme de réflexion, équivaut à mener une existence pauvre mentalement et réduite au minimum sur le plan de la sensibilité et de la créativité : on est avant tout mené par ses émotions et l'incessante quête de satisfaction de ses désirs. En somme, on vit tel un mort-vivant sans s'en rendre compte, ce qui explique l'état d'apathie générale de la plupart des gens face aux abus manifestes de leurs représentants politiques et de désengagement dans leurs choix de vie personnels : chacun tombe dans la récrimination ou la plainte mais agit peu ou n'agit pas dans le sens qui lui convient. Ce qui se vit sur le plan collectif depuis des décennies en Occident n'est que le reflet patent de l'attitude que beaucoup ont envers eux : la démission et une complaisance à se maintenir dans la médiocrité intellectuelle.

    13. UN MOMENT D'EVEIL A SOI, LIBRE ET ABSOLU - se voir avec les yeux du bouddhaLa résurgence de la notion de finitude avec son rappel ferme de la mortalité humaine a eu un effet revigorant sur moi ce jour où a eu lieu cette méditation si particulière. Après une longue période où l'extérieur prenait de plus en plus de place en moi, ma pratique bouddhique quotidienne m'a remis face à ma responsabilité dans les choix fondamentaux que je dois opérer pour obtenir la victoire. Parfois, je peux moi-même encore tomber dans le travers collectif actuel du désengagement facile ou de l'engagement partiel dans la concrétisation de projets personnels. Une telle masse d'êtres humains se contentent de parcourir en dilettante leur chemin, cueillant ce qui se présente selon les circonstances au lieu de profiter du présent tout en œuvrant à mener des projets avec lesquels ils sont vraiment en accord. Ils se comportent comme s'ils avaient l'éternité devant eux alors qu'ils sont sur notre planète pour un temps très limité. Trop de personnes suivent les sentiers battus, ceux imposés par la société comme le parfait modèle de la réussite sociale, au lieu d'accomplir l'essentiel qui oblige chacun à trouver sa voie unique d'expression originale : la réussite HUMAINE. C'est dommage car ainsi, nombre de gens passent leur existence à regarder passer le train de leur vie sans vouloir y monter jusqu'à leur dernier souffle. Certains ne le voient absolument pas ou plus tandis que d'autres se cloîtrent dans le déni, trahissant chaque minute le pacte tacite de bonheur passé un jour avec eux-mêmes : ils ne se respectent pas mais ils n'ont plus la force ou le courage de modifier le cap tant les conditionnements sociaux ont atrophié leurs capacités créatrices et leur sens de l'initiative. C'est pourquoi, malgré mes observations, je me garderai bien de juger quiconque : moi aussi, j'ai été longtemps capté par la matrice. La pratique du bouddhisme soka (5) m'a appris à avoir le courage de me dresser seul quel que soit le contexte... puis de me relever ensuite systématiquement à chaque chute même si j'avais mal. Être bouddhiste est une école de la vie exigeante où est enseignée "à la dure" le plus souvent la qualité maîtresse des vainqueurs sur le plan du cœur : la persévérance.

     

    L'expérience de méditation bouddhique extrêmement profonde narrée dans cet article aura joué le rôle d'un détonateur qui aura fait exploser les obstacles intérieurs qui me faisaient douter des ressources intimes qui sommeillent en moi, latentes. Elle m'aura aussi révélé à moi-même : je sais que je suis connecté au-delà de ce que je peux imaginer à mon enfant intérieur, la partie de moi qui considère les rêves non pas comme des lubies mais comme des parts d'expression de soi concrètes. Ce jour-là, ma gratitude croissante envers ma vie et l'univers a encore augmenté. Je me suis vu avec les yeux du Bouddha. J'ai perçu ma valeur réelle d'entité vivante élément d'un processus terrestre puis cosmique complexe et peu accessible par l'intellect. Je me suis vu TEL QUE JE SUIS chaque jour. Or, cet homme ordinaire capable de grandes choses sur le plan de sa vie, je l'ignore au quotidien à cause d'une vision du monde et de moi toujours déformée par les schémas mentaux tout faits dus aux conventions sociales. Heureusement, les choses s'améliorent peu à peu : mon lien avec la réalité s'ajuste. Chaque jour compte comme un goutte à goutte.

    L'autre leçon de cette méditation est qu'on ne peut fuir sa vie : notre réalité intime nous reste attachée où que l'on aille sur terre. Le déni ou tout autre petit arrangement avec sa conscience est un pis-aller qui tôt ou tard se paie par des larmes et de la souffrance, qu'elle soit physique ou mentale, silencieuse ou visible. Le respect de soi n'a pas de prix. La liberté d'être soi ne se monnaie pas, ne se discute pas : elle est légitime en toute circonstance. L'authenticité est le fondement du bonheur de vivre. D'elle découlent d'autres vertus : l'honnêteté, l'humilité, l'empathie et le courage notamment. Lorsqu'on est en accord avec soi, on se dirige naturellement vers ce qui nous correspond... même si au départ, ce n''est pas ce qui nous plait le plus forcément. Tel est mon cas avec l'Australie, pays que je détestais et méprisais avant d'y aller et d'y vivre une expérience humaine et spirituelle singulière qui a, du coup, balayé tous mes préjugés.

    Mon article s'achève par un encouragement à vous rendre de temps à autre tout au fond de vous pour une rencontre avec vous-même. Ne refusez jamais les rendez-vous que vous donne votre enfant intérieur, votre âme, votre Soi, votre guide intime, peu importe son nom : il vous indique ainsi la bonne direction de vie. Des larmes, un sourire, quelques frissons seront toujours les moyens qu'il emploiera pour vous désigner la voie où aller... et celle à éviter. Faites-vous confiance ! Et à mes confrères et consœurs, pratiquants du bouddhisme soka, je dis : "Regardez-vous avec le regard du bouddha si bienveillant et impartial ! Alors, vous saurez quoi faire ou ne pas faire !".

     

    13. UN MOMENT D'EVEIL A SOI, LIBRE ET ABSOLU - se voir avec les yeux du bouddha

     

     

    NOTES ET CRÉDITS :

    (1) : Le butsudan est un terme japonais qui désigne une sorte de petit tabernacle enfermant le Gohonzon, l'objet de culte du bouddhisme Soka fondé sur l'enseignement du bouddha Nichiren Daïshonin, moine bouddhiste ayant vécu au Japon durant le Moyen-Âge. Ce meuble peut être de diverses dimensions et fabriqué en matières variées (bois, résine synthétique, plastique...) selon le goût, la créativité ou les moyens financiers du pratiquant qui le possède. 


    (2) : Le Gohonzon se présente sous la forme d'un rouleau de papier qu'on déroule telle une étampe japonaise la première fois. Il est enchâssé chez soi dans un meuble à deux portes le plus souvent appelé butsudan. Sur ce rouleau ayant l'apparence d'un parchemin est inscrit en chinois ancien le nom de la loi qui régit tous les phénomènes de l'univers et donc de notre vie, visibles ou invisibles, expliqués ou encore inexpliqués. Ce nom est le mantra que récitent tous les pratiquants de mon courant bouddhique. A côté du mantra sont également inscrits les noms d'autres états de vie humains positifs ou négatifs et ceux de diverses fonctions de la vie. Le Gohonzon est un symbole concret et condensé du fonctionnement de l'univers et par là, il représente notre vie. Prier devant lui, c'est célébrer et reconnaître notre valeur intrinsèque et célébrer notre appartenance à l'univers.

    Pour plus d'informations : Gohonzon de Nichiren

    (3) : Daimoku est le substantif japonais désignant le mantra Nam Myoho Rengue Kyo qui fonde tout l'enseignement de Nichiren à partir de l'étude approfondie que ce dernier a fait du Sutra du Lotus, l' écrit ultime laissé à la postérité par le boudha Shakyamuni en Inde plusieurs siècles plus tôt. Le daimoku est constitué de "Myoho rengue Kyo", titre du Sutra du Lotus traduit en vieux chinois dont le sens signifie "Grande Loi du Sutra du Lotus", et du préfixe sanskrit "Nam" qui veut dire "Je me consacre à...". Traduit littéralement en français, Nam Myoho Rengue Kyo signifie "Je me consacre à la Grande Loi du Lotus.". Et comme la loi mise en exergue par Shakyamuni dans son sutra est le fonctionnement complexe qui régit tous les phénomènes universels, sur Terre et ailleurs, réciter daimoku revient à honorer la loi qui génère et structure le système cosmique, et du coup tout ce qui s'y rattache : la nature, les êtres vivants et tous les faits visibles et invisibles qui appartiennent à la vie en général. La récitation du daimoku à haute voix est une pratique méditative sonore qui rend hommage à notre valeur humaine et à notre place dans la réalité universelle, ce qui permet par réaction de faire surgir en nous une énergie profonde inconsciente, la bouddhéité, attitude de sagesse individuelle immanente.

    (4) : Gongyo est un terme japonais désignant la lecture du livret qui sert de support à la pratique complète bi-quotidienne du bouddhisme soka. Sur ce livret appelé kyobon sont inscrits les extraits du Sutra du Lotus les plus fondamentaux, ceux où la loi de l'univers a été révélée, et donc les particularités du bouddha que tout être humain est au fond de lui.

    (5) : Soka est un terme japonais qui renvoie en français à l'expression " de valeur" et l'idée de valeurs humaines reliées à une haute éthique de vie. L'expression de "Bouddhisme soka" que j'utilise ici provient de l'emprunt que j'ai fait en prenant le terme au nom de l'organisation mondiale qui promeut l'enseignement du bouddhisme de Nichiren sur la planète, la Soka Gakkaï Internationale. A son origine, l'association avait été fondée en 1930 par un enseignant, Tsunesaburo Makiguchi, qui avait pour objectif de créer une éducation de qualité auprès de ses élèves en se centrant sur la culture et la transmission de valeurs humanistes profondes à une période où le Japon subissait une dictature militaire particulièrement répressive. En outre, Makiguchi fondait sa méthode éducative à partir de l'esprit du bouddhisme de Nichiren qui met l'accent sur l'autonomie de tout être humain. Son disciple et successeur, Josei Toda, décida de garder le mot "soka" pour désigner le bouddhisme transmis par l'association. Cet esprit de promouvoir une culture humaniste auprès du peuple a été repris par Daisaku Ikeda, actuel président de l'organisation et successeur de Toda.

    "Soka Gakkaï" signifie grosso modo "Association pour une société créatrice de valeurs", l'accent étant toujours mis comme aux origines sur la transmission des valeurs bouddhiques fondamentales afin d'établir la paix dans le cœur de chaque homme et par là une paix mondiale. Cette promotion des valeurs bouddhiques passe essentiellement par des échanges culturels, notamment avec les non-bouddhistes, afin de tisser des liens de respect et de confiance mutuels, et des activités cultuelles plus souvent réservés aux pratiquants mais parfois ouvertes aux non-initiés.

    Crédits photos : Caboweea, Applesagar, Shutterstock, X.

     

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  • Commentaires

    1
    castel des neiges
    Mardi 10 Mai 2016 à 18:20
    c'est tres tres beau merci du partage et bonne chance de tout cœur chantal
      • Mercredi 11 Mai 2016 à 04:26

        Merci beaucoup Chantal de passer de FB à mon blog : c'est plus sympa.

        Oui, cet texte est comme celui avec mon père décédé, l'article 10, un jet du cœur profond et intense, un jet de lumière et d'amour à la vie, à MA vie, et à l'homme que je suis en dépit de ses défauts et de ses manques à son encontre.

        A bientôt ! smile

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    Yann
    Jeudi 12 Mai 2016 à 09:10
    Yann

    Merci pour cette très belle expérience bouddhique de l'intériorité, magnifiquement relatée.
    Et bonne route pour la suite, en pleine conscience !
    Yann

      • Samedi 14 Mai 2016 à 16:42

        Merci Yann !

        C'est ainsi que je vis le bouddhisme : de + en + naturellement, intérieurement, comme une seconde nature qui est en fait la révélation de ma vraie personnalité, celle enfouie sous des années de conditionnements sociaux dont beaucoup toxiques.

        L'expérience racontée ici n'a rien d'un texte relatant un moment dépressif. Il s'agit bien de traverser au mieux une période difficile dans laquelle je suis actif mais où j'étais perdu. Ce temps de pratique a été identique à ce que Toda a vécu en prison : l'illumination, tout simplement. Maintenant, Je sais où aller et que faire plus précisément. Ce n'est pas le chemin le + facile mais c'est certainement le + épanouissant pour moi. En tout cas, je m'y retrouve intégralement, ce qui n'était pas le cas depuis des mois, d'où ce mal-être quotidien diffus permanent. Le signe révélateur final a été la somatisation : grand signal chez moi que je dois m'arrêter et revoir ma ligne de conduite générale.

        Cet éveil à moi-même aussi limpide n'aurait pu avoir lieu sans cette gratitude que je ressens depuis un an envers ma vie et l'univers et qui a rendu au fil des mois ma pratique beaucoup + fluide, détachée... telle qu'enseignée aux origines par Shakyamuni. Lorsque je fais gongyo, je médite au sens premier du terme, je chante et vénère ma vie comme élément de la nature et du cosmos : harmonie immédiate. smile

        A bientôt !

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    3
    Tatiana
    Vendredi 7 Octobre 2016 à 15:19

    Merci pour avoir mis des mots sur ce que l'on ressent souvent mais qu'on ne prend pas le temps de détailler pour le dire.

      • Lundi 24 Octobre 2016 à 04:11

        Bonjour Tatiana !

        Ce moment de pratique bouddhique a changé considérablement ma façon de voir la vie. Désormais, je sais où je vais et surtout quel sens donner à mes actions vis-à-vis de moi et des autres. Pendant ces quelques minutes, j'ai vraiment vécu l'éveil intérieur tel que le bouddha l'enseigne : tout n'est plus que clairvoyance, lucidité absolue et humilité. On se voit vraiment tel qu l'on est : la structure singulière de notre vie apparaît dans son unicité universelle.

        Merci de votre intervention. smile 

    4
    Mercredi 7 Décembre 2016 à 14:04

    Pour ma part, réussir ou pas ce que l'on fait sur terre n'a aucune importance, de toute façon nous recommencerons ce qui n'a pas été.

    Pas besoin de se prendre la tête, nous ne sommes qu'humain, tenter de changer sa nature profonde sur une seule vie est pour moi une hérésie.

    Si je prend l'analogie du jour et de la nuit, nous faisons des choses la journée et si on n'a pas fini, on s'endort et on termine le lendemain, voir le surlendemain.

    Ici, si nous n'avons pas fini dans cette vie, nous quittons notre corps (mort physique) et nous en reprenons un autre pour tenter de finir le travail, et si ce n'est pas le cas on recommence encore et encore.

    A mon humble avis, il faut faire du mieux que l'on peut (même si l'on fait des erreurs et que l'on va droit dans le mur.

    Il faut absolument apprendre de nos erreurs , pour faire évoluer notre âme et puis tant pis si dans celle-ci je me suis trompé, j'essaierai, je dis bien j'essaierai de faire mieux dans la prochaine.

      • Jeudi 8 Décembre 2016 à 15:03

        Changer ma nature profonde n'est pas mon objectif. La révéler, oui par contre. C'est ce qui s'est passé ce matin-là. On peut se comprendre un jour parfaitement. C'est ce moment de grâce douce que j'ai vécu et que je raconte ici. La pleine conscience de soi vous dit où aller, quoi faire. On agit au mieux, on tombe et on se relève. On continue. On voit l'objectif, le point à atteindre. ce qu'on ignore, c'est le temps pour y aller et surtout comment le rejoindre. N'empêche que des jalons se posent sur notre chemin lorsqu'on fonctionne en plein accord avec soi. L'harmonie intérieure devient apparente : deux mois après cet éveil à soi si profond, j'ai été admis en 3è année de licence de psychologie directement alors que je n'avais postulé que pour la 2è année. Le jury de commission a été plus loin que ma demande initiale. Incroyable non ? Quand nous sommes en accord avec nous-même, l'univers nous aide et nous donne le coup de pouce nécessaire pour faire avancer nos projets plus vite. smile

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