• 11. UN SIMPLE ACTE DE GENTILLESSE - la gratitude, source de bonté naturelle

     

    Après des années de pratique bouddhique assidue, je découvre enfin les bienfaits de la gratitude, de célébrer le simple fait d'être en vie. Moi qui avais souvent tendance à rester extérieur aux scènes de vie qui se passaient dans mon environnement quand elles ne me concernaient pas directement, je constate un changement intérieur naturel extrêmement profond. Mon empathie propre si forte hésite moins à franchir le cadre de peur dressé par mon ego autour de moi. La nature du contexte influe moins sur son expression : je deviens plus libre. Du coup, peu à peu, la crainte de l'autre et le repli sur soi laissent place en moi à une bonté toute simple, directe, concrète.

     

    11. UN SIMPLE ACTE DE GENTILLESSE - la gratitude, source de bonté naturelle

    C'est un mardi, le matin. Je me lève plus tôt. Je veux bien me préparer mentalement : je subis une délicate opération chirurgicale de mes gencives supérieures antérieures dans quelques heures. L'intervention n'a lieu qu'en milieu d'après-midi mais une anxiété diffuse m'empoisonne l'esprit depuis plusieurs jours déjà. Je ne prends aucun petit-déjeuner : mon appétit est absent. Aussi, après ma toilette, je m'assois sans tarder devant mon autel bouddhique où j'ai face à moi le Gohonzon (1), l'objet de culte du courant religieux dont je suis croyant depuis 1988. Aussitôt, je me mets à pratiquer. Je récite un mantra (2) spécifique pendant plusieurs minutes. Cette forme orale de méditation est très courante en Extrême-Orient : la voix est le canal vibratoire qui apaise l'esprit et le corps au bout d'un moment, ce qui clarifie nos pensées. C'est une manière de méditer très physique et concrète qui aboutit à focaliser notre attention sur un point central, le Gohonzon qui est une représentation symbolique de notre vie. Au bout de plusieurs minutes, un détachement intérieur se crée par rapport à notre vécu : nous restons en prise avec les situations que nous vivons mais nous ne les voyons plus de la même manière. Nous les percevons avec une certaine distance, de façon plus objective, moins personnelle, comme des éléments d'un grand ensemble où tout s'imbrique avec complexité. Notre vision du monde devient plus juste. C'est l'éveil de l'état de bouddha (ou bouddhéité) en nous, notre état de conscience le plus profond. Bien sûr, un tel résultat est plus ou moins long à atteindre selon notre état d'esprit général avant la pratique. Notre degré d'engagement dans la foi bouddhique joue aussi beaucoup. Parfois, en effet, une grosse souffrance qui aurait pu nous sembler difficile à gérer peut être rapidement mise sous notre contrôle voire évacuée par une implication intense plus ou moins immédiate dans notre méditation, ce qui permet de faire apparaître plus vite notre bouddhéité intrinsèque.

    Je médite ainsi pendant environ une demi-heure. Je suis calme, en paix. Mon rendez-vous n'est qu'à 15h50 mais je pars de chez moi bien en avance naturellement alors que j'ai toujours tendance à être dans l'urgence et du coup en retard. Chemin faisant, je récite intérieurement mon mantra jusqu'à atteindre la station de métro la plus proche de chez moi. Je monte là dans le train, bien, gérant mon anxiété sans problème. Arrive un changement de ligne à la station Père-Lachaise : je quitte la ligne 3 pour la 2. Je m’assois tranquillement sur un siège. Je rêvasse, regarde vaguement le paysage parisien, ferme un peu les yeux : j'entre dans mon monde intérieur. J'entends confusément le bruits des portes qui s'ouvrent puis se referment et des voyageurs qui entrent ou qui sortent du train. Je me reconnecte à mon environnement : je réalise tout à coup qu'un groupe de personnes se tient debout bien agrippé à la longue barre verticale de la plate-forme la plus proche de moi afin de rester en équilibre. Je remarque parmi ces gens une vieille dame en grande conversation avec une autre femme plus jeune, manifestement de sa famille. Scène banale : je repars dans mon univers intime, bien à l'aise, confortablement assis. Mes pensées m'emportent au loin. Puis tout à coup, protégé par mon confort intérieur, j'observe paisiblement ce qui se passe alentour. Je m'aperçois soudain que la vieille dame fait beaucoup d'efforts pour se cramponner à la barre et ne pas tomber à cause des à-coups et vibrations du train. Mais elle n'en demeure pas moins concentrée sur sa conversation. Je détourne mon regard vers la vitre sans plus d'attention que ça. Puis un peu plus tard, je regarde à nouveau la vieille passagère machinalement. Tout à coup, je me rends compte qu'elle risque de chuter : les secousses du train la malmènent bien plus que les autres personnes plus jeunes autour d'elle. Je réalise alors que je pourrais lui offrir ma place. Nos regards se croisent. Je détourne le mien vers le dehors à nouveau mal à l'aise. Je me sens coupable de ne pas avoir conscientisé la situation plus tôt tant j'étais bien avec moi-même. "Mais, me dis-je, ce qui compte, c'est l'action sur l'instant !". Alors qu'habituellement, je suis très tributaire du regard des autres sur moi, que je crains d'être ridicule, d'en faire trop, soudain, d'un coup je regarde la dame âgée droit dans les yeux et lui propose ma place en souriant. Très touchée, elle vient vers moi et je l'aide à s'asseoir. Elle me remercie et dit bien haut à la jeune femme qui l'accompagne : "Tu vois, il y a encore des gens gentils !". Cependant, cette reconnaissance affirmée me met mal à l'aise : je n'ai rien fait pour paraître un "bon samaritain". J'ai juste agi par impulsion, de manière très naturelle, comme si c'était logique, simplement humain, à partir d'un respect fondamental envers l'autre. Et tandis que je lève les yeux au plafond un peu gêné par cette gratitude spontanée, je commence tout de même à sourire : j'ai fait du bien à quelqu'un aujourd'hui par un geste tout simple ne nécessitant aucun effort sinon celui de lever mon postérieur et de rester debout tout simplement parce que physiquement la personne aidée est plus diminuée que moi. Ça y est, le train arrive à mon arrêt. J'échange un regard rapide avec la petite vieille avant de descendre sur le quai. Et c'est le cœur ensoleillé, l'humeur paisible et heureuse, que j'arrive chez le parodontiste : mon anxiété a presque disparu.

    La description d'une telle scène peut sembler procéder de l'échange basique entre individus mais vous savez comme moi que de nos jours, une telle attention est loin d'être une règle sociale établie. Moi-même, je ne suis pas aussi généreux d'ordinaire. Il suffit que je sois en retard ou que quelque chose me tracasse pour que je reste enfermé en moi, prisonnier de ma négativité. Toute tension intérieure, même minime, tend à me rendre égoïste et hermétique aux sentiments de l'entourage, en particulier lorsque ce dernier est anonyme. Et comme je suis souvent dans un respect incomplet de moi-même, que je n'agis pas encore régulièrement en accord avec mon être intime, mon malaise existentiel perdure, ce qui m'empêche d'avoir des relations complètement saines avec autrui. Bien sûr, avec le temps, les choses évoluent : je me comporte de façon plus positive. Ma pratique plus régulière mais surtout plus profonde car libre de la méditation bouddhique est comme une source vivifiante qui rafraîchit mon âme, illumine mon esprit et réchauffe mon corps : c'est de là que provient le changement graduel important qui s'opère en moi depuis quelques mois. Ce n'est qu'au bout de nombreuses années que j'ai enfin atteint un niveau de conscience intérieure et de qualité de méditation suffisamment profond propre à m'apporter davantage d'effets positifs durables sur ma personnalité et dans mon environnement. La cause essentielle de cette hausse en qualité spirituelle a été l'émergence en moi de la gratitude. En effet, j'ai longtemps dénié la responsabilité de ma vie alors que j'étais persuadé du contraire en toute bonne foi. Cet antagonisme est apparu peu à peu au grand jour à partir de 2008, soit au bout de 20 ans de pratique bouddhique assidue et d'un chemin spirituel bien tortueux. Mais ce n'est qu'en 2015, à force d'études et de recherches personnelles approfondies, que j'ai vu naître en moi un immense sentiment de reconnaissance à l'égard de ma vie malgré son côté âpre. Ainsi, je comprends mieux pourquoi j'ai dû affronter tant de difficultés énormes et pourquoi je peine à atteindre certains objectifs précis aujourd'hui en souffrance depuis longtemps : mon niveau de connexion avec mon être intime n'est pas optimal, en tout cas constant. Je constate en effet de nombreuses résistances dues aux conditionnements sociaux, à la peur et à une estime de soi encore flageolante.

     

    11. UN SIMPLE ACTE DE GENTILLESSE - la gratitude, source de bonté naturelle

     

    En fait, naturellement et progressivement, j'ai fait l'an dernier la part des choses. Je me suis recentré sur mon présent immédiat et j'ai tiré un bilan de mes actions passées depuis 2011, année où j'avais décidé d'atteindre un grand objectif personnel... toujours non réalisé pour l'instant. J'ai élagué, simplifié, éliminé ce qui devait l'être. J'ai mis en avant le présent et pu alors percevoir la qualité réelle de ce que je vivais concrètement. Je n'étais pas l'homme le plus en vue de la planète mais j'avais une vie correcte, en tout cas plus aisée que bien des gens en France et dans le monde. Je n'avais pas à me sentir si frustré et à vivre constamment dans l'attente du meilleur à venir. A partir de ce moment, la gratitude a commencé à diffuser dans mon cœur ses effluves si doux et apaisants. Et ça n'arrête pas depuis. D'ailleurs, c'est à partir de ce moment que ma demande faite à mon employeur de rompre le contrat de travail qui me liait à lui a abouti et qu'elle a été soutenue par ma directrice alors que j'avais fort peu de chance de la voir acceptée. Tiens ? Les faits valident l'expérience. Dès qu'on accorde davantage de valeur à ce qu'on vit et se respecte plus, l'univers répond positivement à travers notre environnement. La reconnaissance envers ma vie illumine maintenant davantage ma façon d'être et forcément influe sur la qualité de mon vécu spirituel (foi, pratique, action) et celle des résultats obtenus en retour au quotidien. 

    Aujourd'hui, je vois bien que ma manière d'être avec moi-même et les autres est plus souple et qu'en retour, je reçois le même traitement. Je connais encore bien sûr de forts moments d'angoisse et je revois surgir des états de vie bas de temps à autre mais je les maîtrise mieux : je m'inquiète un peu moins qu'auparavant. Je fais d'avantage confiance en la vie même si elle me fait toujours prendre des chemins de traverse malgré mes décisions claires et précises. La gratitude est aussi là, dans cette nouvelle propension à mieux accepter ce que l'univers m'apporte même si ce n'est pas ce que je voulais forcément au départ. Rien n'apparaît sans raison. Si c'est négatif, je dois le gérer au mieux et si c'est positif, en profiter. Mon attitude plus conciliante envers qui je suis et ce que je vis a renforcé mon empathie : elle commence à me faire avoir de plus en plus naturellement ces réactions de bonté discrète comme avec la vieille dame à l'égard des gens, en particulier ceux inconnus avec lesquels je n'ai aucun lien spécifique. Au bout du compte, la valeur d'une spiritualité se voit à travers l'action : un comportement positif et ouvert valide nos croyances pour nous mais également au regard des autres. L'acte social est alors constructif : une valeur morale est posée directement sur le terrain de la vie. Et c'est sans doute là qu'est le grand et vrai bienfait de la gratitude : remettre du cadre éthique dans notre quotidien sans y penser, sans faire la leçon aux autres, juste en étant soi-même, plus ouvert, plus large en dedans pour mieux accueillir ce qui se présente à nous. La gratitude est l'une des graines indispensables de la paix intérieure et par conséquent d'une paix mondiale potentielle.

     

     

    NOTES ET CRÉDITS :

    (1) : Le mot Gohonzon est un mot japonais composé du préfixe honorifique "Go" signifiant "Grand" et du radical "honzon" signifiant "objet de culte".

    Le Gohonzon se présente sous la forme d'un rouleau de papier qu'on déroule telle une étampe japonaise la première fois. Il est enchâssé chez soi dans un meuble à deux portes le plus souvent appelé butsudan. Ce meuble souvent en bois peut être de diverses dimensions selon le goût, la créativité ou les moyens financiers du pratiquant. Sur ce rouleau ayant l'apparence d'un parchemin est inscrit en chinois ancien le nom de la loi qui régit tous les phénomènes de l'univers et donc de notre vie, visibles ou invisibles, expliqués ou encore inexpliqués. Ce nom est le mantra que récitent tous les pratiquants de mon courant bouddhique. A côté du mantra sont également inscrits les noms d'autres états de vie humains positifs ou négatifs et ceux de diverses fonctions de la vie. Le Gohonzon est un symbole concret et condensé du fonctionnement de l'univers et par là, il représente notre vie. Prier devant lui, c'est célébrer et reconnaître notre valeur intrinsèque et célébrer notre appartenance à l'univers.

    Le Gohonzon domestique est une réplique du Daï-Gohonzon, le grand parchemin gravé à l'origine par le bouddha Nichiren Daïshonin en 1279 au Japon suite à des années d'études approfondies des textes laissés par le bouddha historique Shakyamuni en Inde. Nichiren avait identifié que le tout dernier sûtra écrit par son prédécesseur, le Sûtra du Lotus, était son texte le plus fondamental, celui où était résumée toute l'essence de sa doctrine étalée sur des centaines de volumes. Nichiren avait ainsi voulu proposer au peuple à travers un moyen de pratiquer simple de revenir au principe même révélé par Shakyamuni : le bouddha n'est pas un être mystique évoluant dans une autre dimension irréelle et parfaite mais au contraire un être humain ordinaire sans aucune distinction de sexe, d'âge, de nationalité ou de condition sociale vivant le quotidien de millions d'autres gens. Le salut personnel et le bonheur ne résident qu'en chaque être humain : prier des entités extérieures à soi afin d'obtenir une amélioration de son existence est vain. Ainsi, pratiquer devant le Gohonzon revient à rendre hommage à notre vie et à honorer le bouddha que nous sommes chacun afin que nous en manifestions le pouvoir au quotidien.

    Pour plus d'informations : Gohonzon de Nichiren

    (2) : Ce mantra est : Nam Myoho Rengué Kyo. Il représente la bouddhéité humaine intrinsèque, notre état de vie le plus puissant et le plus pur.

    Crédits photos : LP Le Chanjour et Etsy.com

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 14 Février 2016 à 20:57

    Bonsoir,

    J'ai beaucoup aimé votre texte. Il parle de ce fabuleux terrain d'apprentissage de la vie que représente notre quotidien. Les plus belles leçons de vie, nous les prenons chaque jour au contact des autres, le plus souvent sans nous en rendre compte.

    Si la dame âgée à qui vous avez laissé votre place intensifiait autant ses remerciements, c'est parce qu'elle n'avait probablement pas l'habitude d'être traitée avec égard dans les transports en commun. Elle s'en émerveillait d'autant plus. Alors que ce geste-là devrait être un geste normal, un simple geste de respect envers l'autre, comme vous l'avez écrit.

    Au cours d'une journée, nous avons des dizaines d'occasion d'être l'instant heureux de quelqu'un. Par un simple geste, un seul sourire... Parfois, la timidité nous empêche d'aller vers l'autre et nous ratons alors une opportunité de rencontre peut-être enrichissante pour nous-mêmes comme pour l'autre personne. Car la vie est faite de rencontres. Ce sont toutes les interactions  qui en découlent qui font de nous ce que nous sommes. Et même si la rencontre ne doit durer que le temps d'un trajet en métro ou en train, il compte.

    La gratitude. Quel mot merveilleux ! Je dirais presque...magique. C'est incroyable comme le monde devient plus beau quand on adopte cette manière naturelle et spontanée de remercier la vie, en croyant sincèrement que, quoi qu'il nous arrive, tout est pour le mieux. 

    Remercier la vie, à la fois pour ce qu'elle nous a déjà donné, autant le bon que le moins bon, et pour ce qu'elle s'apprête à nous offrir aujourd'hui et demain, nous apporte en même temps la liberté.

    Très bonne soirée.

    Amicalement,

    Sérénita

     

      • Mardi 16 Février 2016 à 01:18

        Merci pour votre commentaire Sérénita !

        Je n'ai rien à ajouter. Nous pensons pareillement sur ce thème. Si les gens savaient se satisfaire de ce qu'ils ont et en reconnaître la valeur, que de conflits et de malheurs seraient évités ou s'effaceraient d'eux-mêmes ! Il serait aussi bon qu'ils modifient leur point de vue sur ce sentiment qui ne signifie pas se résigner, à n'avoir que ce qu'on a et s'en accommoder. Non, La gratitude, c'est juste reconnaître la valeur du présent et qu'on est à un moment donné, ici et maintenant, dans la situation qui convient exactement, comme un écho, à notre degré d'évolution personnelle : en toute logique, on serait en effet dans un autre contexte si on était dans un état de conscience différent.

        A bientôt !

    2
    Dimanche 28 Février 2016 à 09:53

    Bonjour Pierre-Laurent,

    J'aime beaucoup l'image du funambule que dégage le titre de votre blog car je considère la vie comme un fil sur lequel nous devons tous avancer en faisant attention de ne pas tomber sur son voisin.

    Etre à l'écoute de l'autre et surtout entendre ce qu'il ne dit pas n'est pas donné à tout le monde et beaucoup ne se serait pas levé pour offrir leur place à une vieille dame car dans le métro, je suis presque certaine que plus de 80% des voyageurs n'aurait même pas remarqué la vieille dame, 19% aurait ri de sa perte d'équilibre et seulement 1% aurait fait votre geste et quand on fait ce geste, on attend rien en retour car il est juste naturel.

    Il y a une grande paix dans vos mots.

    Merci pour ce partage et bon dimanche à vous

    Patricia

      • Dimanche 28 Février 2016 à 13:30

        Merci Patricia et bienvenue !

        Cette paix qui est plus présente en moi provient de cette gratitude qui a pris place en mon cœur. Comme je l'ai dit la reconnaissance de la valeur de ce que nous apporte la vie est une source de sérénité incommensurable. C'est sans nul doute grâce au pouvoir doux et apaisant de la gratitude que je suis plus enclin à reconnaître la valeur de la vie des autres de façon naturelle et non plus parce que les textes bouddhiques ou telle philosophie ou religion le proclament. Maintenant, ça vient du plus profond de moi comme une respiration.

        Je suis d'un naturel très empathique. Toutefois, mon intérêt pour l'autre a souvent été contrecarré par des limites égoïstes bâties et renforcées à chaque fois par mes frustrations accumulées au fil des ans. Là, l'an dernier, un bouchon a sauté : le temps qui passe, le goût amer de la rancœur diffuse envers soi et sa vie... je n'en pouvais plus. L'échec actuel (relatif) dans la poursuite d'un grand objectif m'a en outre obligé à revoir mon positionnement mental sur tout. J'ai alors appris L’HUMILITÉ, grande vertu qui est la sœur jumelle de la gratitude. Sans elle, on ne peut accéder aux bienfaits intérieurs apportés par cette dernière.

        Mon évolution intérieure a augmenté mon empathie au point d'être dans le "je devine l'autre"... et d'être solidaire de sa souffrance ou sa joie. Il est évident que je n'aurais pas agi de même avec cette vieille dame un an auparavant. C'est indubitablement un effet de la présence de ma gratitude dans ma vie : accepter ce que me présente ma vie, c'est en reconnaître la valeur et reconnaître ma propre valeur simultanément. Du coup, plus ouvert et doux à mon égard, je le deviens vis-à-vis des autres. La gratitude est bien une des sources fondamentales qui nourrissent le fleuve de la paix en nous.

        Je finirai ce commentaire en revenant au titre de mon blog et l'image du funambule. C'est ainsi que je me vois et vois tout le monde : chaque être humain est sur son fil, comme vous le dites, et fait de son mieux pour rester debout sans chuter dans l'abîme. j'ai moi-même failli tomber plusieurs fois dont deux ou trois pour de bon.

        A bientôt Patricia ! smile

    3
    Dimanche 3 Avril 2016 à 16:24

    Comme j'aimerais savoir gérer ma vie......Éprouver plus de gratitude ......j'ai perdu cela depuis 2 ans ....J'avoue que je suis perdue  mais j'espère bien retrouver mon chemin.....

    Merci pour ce bel article !!!

    A bientôt 

      • Dimanche 3 Avril 2016 à 19:49

        Chrisy, je reprends graduellement, TRÈS graduellement, les rênes de ma vie : mon burn-out a brisé et ralenti beaucoup de processus d'échanges hormonaux mais aussi humains et d'action chez moi. C'est un pas de reconquête à chaque instant, et c'est souvent un tout petit pas. Cette gratitude est apparue l'an dernier soudainement après des mois de souffrance lorsque j'ai vraiment lâché sur trop d'attentes envers ma vie. J'ai simplifié, élagué. Ma recherche spirituelle m'aide beaucoup à revenir au plus simple mais en restant profond et exigeant en qualité dans ma relation avec les gens.

        Finalement, j'en reviendrai au titre même du blog : Tel un funambule... Nous en sommes tous là, à marcher sur le fil tendu de notre vie tout en cherchant à éviter de chuter dans le vide, le néant, dépression, maladie physique grave ou mort parfois via le suicide. Pas à pas, chacun doit tracer son chemin intérieur. Tu as pour l'instant perdu le tien ou disons que tu es sans doute dans une période de brouillard épais qui dure et tu avances à l'aveugle ne sachant où tu vas vraiment. C'est une période de ton existence. Elle peut encore durer longtemps comme s'arrêter bientôt. Déjà, d'après ce que je perçois, malgré cet inconfort, tu l'acceptes : c'est le + important. Tu dois te respecter AU PRÉSENT. Une solution apparaîtra alors, harmonieusement. Mais nul ne sait quand.

        Belles pensées ! smile

    4
    Jeudi 21 Avril 2016 à 22:30

    Bonsoir,une EMI m'a beaucoup changé...

      • Mardi 10 Mai 2016 à 00:58

        Bonsoir chère lectrice (je sais que derrière ce pseudo très mystérieux se cache une dame) :-),

        J'ai laissé passer volontairement du temps pour répondre à ce commentaire. Dès qu'on parle d'EMI (merci d'employer l'abréviation française soit dit en passant), on peut partir très loin et très profond. On se dirige vers la philosophie et la métaphysique. J'ai pu entendre plusieurs expériences ces dernières années dont celle de Christophe Allain qui est certainement l'une des + célèbres et intéressantes. A chaque fois, les gens qui "reviennent" sont radicalement changés... en mieux. Evidemment, pour une EMI positive. j'ignore comment vivent les personnes qui ont une telle expérience négativement : ces dernières existent mais ont moins de publicité. C'est dommage car il y a forcément du bon à en retenir. De +, ça nous permettrait d'avoir une idée + juste et objective du phénomène.

        Quoi qu'il en soit, la mort ou la maladie sérieuse nous change pour toujours, surtout quand son message est bien compris et intégré. Pour vous, un coma profond, pour moi, un syndrome d'épuisement professionnel sévère... et tout à coup, des sentiments + intenses, des attitudes moins égocentriques et égotiques apparaissent et colorent nos vies de teintes + profondes, particulières. A mon sujet, c'est l'émergence de la gratitude qui est le résultat de mon expérience de santé difficile ces dernières années. D'où, cet article... Ce magnifique sentiment est un cadeau : il apporte tant de beauté à la vie et à mes relations avec les gens même s'il ne règle pas tous les problèmes, loin s'en faut. Eh oui, ça ne calme pas forcément mon angoisse face au temps qui passe trop vite et une souffrance de vivre qui en résulte.

        Merci d'avoir commenté mon texte ! A bientôt ! smile

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