• 10. L'ADIEU A MON PÈRE

     

    Parce que j'ai perdu mon père... L'acceptation de son absence est déjà, et restera, un voyage au long cours. Simplement laisser faire le temps...

     

    L'année 2016 a plutôt mal commencé pour moi : mon père est décédé mardi 19 janvier à l'âge de 80 ans, ce qui à notre époque n'est plus si vieux vu le nombre de nonagénaires qui explose et celui des centenaires qui augmente peu à peu. J'espérais secrètement voir papa au moins atteindre 89 ou 90 ans mais il en a décidé autrement. Ce que je peux comprendre vu son état de santé qui se dégradait lentement mais sûrement.

    Cet article n'a pas que pour but de soulager ma peine. J'ai simplement envie de décrire les dernières années de vie de mon père et de montrer l'homme fort qu'il était de manière digne et discrète. J'ai un désir naturel de rendre un hommage public à celui qui a été mon tout premier éducateur. Après tout, on fait bien ça pour tous les grands hommes, non ? Mon père était un grand homme... ordinaire, de ceux qui construisent l'unité et la force d'un pays et donnent du sens à une culture nationale particulière bien plus que n'importe quel politique qu'il soit civil ou militaire. En somme, mon père était une de ses multiples petites mains sans lesquelles aucun état ne peut exister et qui pourtant sont injustement méprisées par une élite bourgeoise qui, ayant perdu tout sens moral, n'a, elle, aucun respect pour son pays qu'elle dirige fort mal par conséquent. 

     

    10. L'ADIEU A MON PÈRE

    Partie Est de la plage de Kernevest à Saint-Philibert (Morbihan).

    Si moi, j'allais pour m'y baigner l'été, mon père se rendait sur le littoral pour pêcher
    la crevette et l'huître ou ramasser moules, palourdes, praires et patelles.
    Il a pratiqué cette activité qui lui procurait plaisir et détente jusqu'au bout de ses forces.

     

     

    1. L'artiste maçon solide comme la pierre

     

    Papa était le type même de l'homme extraordinaire de force et de courage sous des dehors humbles, très ordinaires. Il était une antithèse vivante pour qui savait y voir. Mon père était un homme bien, un homme de qualité, au sens premier du terme : celui du cœur et de l'attitude. Il était un ancien ouvrier aux airs un peu bourrus et taciturnes. Pourtant derrière une apparence modeste, sa nature était empreinte de noblesse sans même qu'il le sache.

    Papa a mené la jeunesse rude de tout jeune homme né dans les conditions très modestes sinon pauvres de la paysannerie bretonne du milieu du XXè siècle. A force de courage et de détermination, il est parvenu de petits emplois en petits emplois a se bâtir une situation un peu plus confortable. Lorsque je suis né, il était ouvrier ostréicole dans le sud du Morbihan puis à 10 ans, je l'ai vu se former à la taille de la pierre et à la maçonnerie. C'était une forme de rêve personnel qui se réalisait pour lui car il aimait se confronter au granit breton dont il appréciait la beauté si unique et la rudesse à l'égale de la sienne. Papa a bien sûr appris à construire des maisons avec des parpaings en ciment selon les méthodes modernes mais ce qu'il aimait par-dessus tout, c'était tailler la pierre noble locale, le granit. Au fur et à mesure, il a acquis une technique et un savoir-faire bien à lui reconnus et appréciés de son employeur mais aussi du voisinage géographique. En effet, en raison de la modestie de son salaire, mon père travaillait aussi au noir sinon notre famille n'aurait jamais pu vivre décemment. Par conséquent, il vendait de temps à autre ses services à qui voulait avoir un mur d'extérieur, des piliers de porche ou un pourtour de porte d'entrée... et sa réputation s'est faite ainsi. Je me souviens encore très bien des personnes qui venaient le trouver, souvent des bourgeois parisiens ayant une résidence secondaire dans le coin, pour lui demander de bâtir une entrée de propriété en belles pierres ou d'embellir leur terrain avec un mur extérieur ou l'entrée de leur maison avec des inclusions en granit. Parfois, ces gens venaient de loin tant la renommée de papa s'était faite malgré lui. Ces productions étaient si bien réalisées qu'elles lui ont fait une promotion complètement involontaire. Plus qu'un ouvrier, papa était un artisan mais surtout un artiste. Il travaillait avec un plaisir évident le granit sur lequel il pouvait laisser s'exprimer un tour de main personnel tout en force et en finesse. Le résultat était immanquablement beau... et très solide ! Je me remémore particulièrement plusieurs des murs d'enceinte ou piliers de porche bâtis par lui : encore aujourd’hui, s'y exprime une élégance discrète qui traverse les assauts du temps avec dignité. Ceux qui ont ces constructions chez eux en ignorent tous la valeur réelle : le prix fixé était toujours bien inférieur à la qualité effective du travail et intrinsèque de l'oeuvre.

    Quand j'écris ces mots sur le métier de mon père, je souris : il s'appelait Pierre. C'était presque prédestiné ! Papa était comme la pierre à partir de laquelle on érige un édifice, des fondations au toit. Son oeuvre à lui, ça a surtout été la petite famille qu'il a fondée avec ma mère, une famille d'origine modeste mais où l'amour était présent malgré parfois les difficultés matérielles récurrentes.

     

     

    2. Le malaise de la retraite 

     

    10. L'ADIEU A MON PÈRE

     

    Mon père a continué à mener une vie de dur labeur jusqu'en 1993 où l'heure de la retraite a alors sonné. Cette période cruciale dans une vie humaine en Occident a été mal négociée par lui. Lui, l'homme actif, toujours occupé, a dû s'adapter à un autre rythme, plus lent et rempli d'intervalles entre deux occupations. Ce sont ces instants de "vide", d'inaction ou de moins d'action, qui ont très vite engendré chez lui la naissance de l'ennui, ce poison intérieur qui allait finalement l'intoxiquer de l'intérieur et le tuer. Ces temps de pause que nous impose parfois la vie étaient des moments redoutables pour papa : tout à coup, hors du flot bruyant de l'action, il a dû certainement affronter celui qu'il était tout au fond, celui qu'il aurait sûrement voulu être, tout en voyant celui qu'il était à l'automne de sa vie. Je ne pense pas qu'il ait eu forcément des regrets : il a fait son maximum du mieux qu'il pouvait selon ses valeurs morales. Il est resté loyal envers ses convictions. Non, ce qui le gênait indéniablement était la mise en indisponibilité sociale, et surtout professionnelle, le travail étant le secteur où il pouvait le mieux exprimer sa valeur propre et ses capacités créatrices. Cette période de désœuvrement s'est trouvée renforcée par le départ définitif de ma sœur, sa préférée dans une fratrie composée de deux garçons et une fille, du domicile familial afin de vivre sa propre vie.

    Pour éviter de trop penser et apaiser un malaise intérieur grandissant, pour garder un sens à sa vie, papa s'est mis à jardiner, à aller pêcher régulièrement sur le littoral breton et à beaucoup marcher dans la nature avec ses chiens successifs. Il aimait alors après une de ces journées bien remplies revenir chez lui lire son journal au calme ou regarder la télévision. Heureusement, les petits-enfants sont apparus dans sa vie avec parfois des weekends ou des semaines à les garder quand les parents étaient occupés ailleurs. C'est un nouveau rôle social que mon père a beaucoup apprécié : être grand-père !

    Malheureusement, parmi tous les moments de bonheur familial partagés et d'autres occupations, papa allait devoir gérer un état de santé peu à peu déclinant. Il a eu une attaque cardiaque sérieuse à la fin des années 1990 dont il s'est plutôt bien remis à la surprise générale. Lui-même s'en amusait parfois et en a peut-être un peu trop surestimé sa capacité de récupération. En effet, avec la diminution des forces physiques, mon père pouvait moins s'occuper et voyait les fameux instants de face à face avec lui-même devenir plus nombreux. C'est alors que l'ennui qui veillait en douce a commencé à s'infiltrer dans la conscience de mon père pour y débuter son oeuvre de sape. Les siestes de papa après le déjeuner sont devenues plus longues même si le goût pour les activités extérieures demeurait. Puis finalement, une autre maladie très sournoise, banale mais dangereuse, dégénérative, exécutrice silencieuse, bras armé de son maître l'ennui, a surgi pour avoir raison de lui à la longue.

     

     

    3. Le combat contre le diabète

     

    A partir des années 2000, mon père allait subir les effets pernicieux et dévastateurs d'un diabète de type 2. Sa vue allait être moyennement touchée. Par contre son système circulatoire allait lui se détériorer à grande vitesse. Ses membres inférieurs en feront les frais. En mai 2011 lorsqu'il se voit amputer de la jambe droite jusqu'à mi-mollet (deux interventions seront nécessaires), un coup fatal au moral lui est indirectement porté. Psychologiquement, pour un homme actif comme papa, cette solution médicale radicale est vécue comme une atteinte profonde à sa personne et à son image sociale. Il ne s'en remettra jamais vraiment bien qu'il ait tenté de faire bonne figure en public. Même si ça lui a coûté, il a fini par accepter le port d'une prothèse avec par la suite l'accompagnement d'une infirmière libérale qui passait le voir une à deux fois par semaine selon les besoins.

    L'amputation de mon père a en outre obligé mes parents à devoir quitter la maison qu'ils avaient achetée à la fin des années 1960 et qu'ils surnommaient affectueusement Ty karet (1), ce qui en français signifie "Maison aimée". Ils ont alors emménagé dans une maison de lotissement à l'architecture impersonnelle à mille lieues du style breton du foyer précédent. Quitter l'ancienne maison n'a pas été simple : c'était un endroit chargé d'histoire et d'amour que mes parents laissaient derrière eux, avec en plus un beau jardin et beaucoup d'espace alentour. Je pense que ce départ a certainement plus touché mon père que ma mère pour qui c'était une délivrance. A cause des escaliers dans l'ancienne maison, la vie quotidienne devenait impossible pour papa affaibli par son diabète et l'amputation consécutive. Une chute pouvait intervenir à tout moment et l'inquiétude maternelle croissait. Je suis sûr que papa a culpabilisé face à l'emménagement dans un nouveau lieu de vie : il avait trop conscience des choses et prenait tout très à cœur, en particulier les conséquences de ses propres actes sur les autres. Réaliser que le déménagement d'une maison à une autre intervenait sous la contrainte de son état de santé en déclin a dû contribuer à l'enfoncer davantage dans les limbes de la résignation et du désœuvrement. Le processus d'autodestruction lent et progressif qui s'était mis en place en lui psychologiquement et physiquement a dû s'accélérer à cette période.

    Au fil des mois, papa a toutefois réussi à s'habituer pleinement au port quotidien de sa prothèse. C'est une victoire sur lui-même qui lui a permis de retrouver un peu d'estime de soi. Il a pu alors encore mieux accepter les visites hebdomadaires de l'infirmière qui allait tisser avec mes deux parents un lien humain très proche comme on sait encore le faire dans les zones rurales. En raison de la fragilité psychologique de mon père, le chirurgien n'a prescrit aucun régime particulier concernant son diabète : il s'est contenté de lui conseiller d'éviter l'abus d'aliments riches en glucides rapides et d'alcool. Manger devenait la source de plaisir principale et quasi-unique de papa les mois passant : je suis d'accord qu'il valait mieux ne pas la lui retirer.

     

    10. L'ADIEU A MON PÈRE

    Ce petit pommier était mourant
    lorsque mes parents ont  emménagé dans leur nouvelle maison.
    Ma mère en a pris soin et à l'automne suivant,
    il lui a offert trois grosses pommes (dont une ici encore accrochée).

    A ce moment-là, toute une énergie vitale jaillissait dans ce lieu.
    Comme mon père, ce jeune arbre s'est battu pour vivre.

     

     

    4. Le triomphe de l'ennui

     

    Dans sa nouvelle maison, papa a doucement pris ses nouvelles habitudes. Il tentait envers et contre tout de rester actif et dynamique bien que son énergie vitale baissât. Il dormait toutefois en journée de plus en plus souvent tout en allant pourtant se coucher tôt : le sommeil devenait lentement un refuge évident. Lors de ses moments d'éveil, il passait de plus en plus de temps avec son dernier chien, Max, lui aussi vieillissant et malade. Les promenades avec ce dernier sont restées peu à peu les seuls moments où mon père retrouvait un semblant de vie sociale grâce aux gens rencontrés sur le chemin. Les autres alternatives étaient les repas familiaux avec les petits enfants notamment ou bien certains temps de détente autour d'un café avec les voisins les plus proches. Mais peu peu, toutes ces sorties tendaient à se raréfier : mon père se renfermait sur lui et restait chez lui à dormir ou en tête-à-tête avec Max de longs moments dans le jardin comme perdu dans un dialogue avec l'animal. Ma mère m'a expliqué qu'il semblait se détacher, s'isoler, répondant de moins en moins aux sollicitations des uns et des autres. L'ennui gagnait du terrain inexorablement, vampirisant le reste d'énergie vitale de mon père, épuisant sa volonté, augmentant sa résignation, décuplant les méfaits de son diabète.

    J'ai vu mon père vivant pour la dernière fois en août 2014 à l'occasion des noces d'or de mes parents. Il était là parmi les gens toujours aussi pudique et discret mais jovial et accueillant envers chacun. Il était diminué physiquement mais rien ne laissait présager une aggravation si rapide de son état l'année suivante. Or, ces moments d'échange avec ses proches ou des voisins n'étaient que des temps de répit où l'ennui le laissait en paix durant quelques heures. Dès son retour à la maison, l'insidieuse langueur qui minait papa doucement se manifestait à nouveau plus ouvertement.

    Tous les médecins et soignants libéraux qui se sont occupés de mon père ont dit qu'ils avaient rarement vu un diabète se développer aussi rapidement chez un malade. Or, cette évolution suivait la croissance de l'ennui dans la vie de papa de façon exponentielle. Le parallélisme était évident. C'était une preuve irréfutable que le cerveau humain et la qualité de notre mental agissent bien sur notre état de santé physique au même titre que nos actions. J'ai en mémoire les propos éclairants de Michel Odoul (2) sur les origines du diabète :

    "Les dysfonctionnements de la rate et du pancréas signifient que nous avons tendance à traverser la vie trop raisonnablement, c'est-à-dire en laissant insuffisamment de place au plaisir, à la joie. Le devoir est important, le professionnel et le matériel étant les choses essentielles. La vie manque alors de cette douceur dont nous avons tous besoin."

    Ces mots résument à eux seuls tout l'enjeu de vie qui a posé la trame de l'existence de mon père : le sens du devoir à un degré tel qu'il en est mort, ne laissant finalement que fort peu de place au plaisir de vivre. Papa était de ceux qui marchent dans les clous et plient facilement face à toute autorité officielle ou à celui qui a une position sociale qu'ils jugent supérieure à la leur. Cette sous-estimation permanente de soi intégrée par le biais du conditionnement social est une grande pourvoyeuse de souffrance morale chez l'être humain et une source renouvelée de maux physiques divers, des plus bénins au plus graves.

     

     

    5. Le détachement complet et le départ

     

    L'année 2015 sera finalement pour mon père un temps de déchéance accélérée annonçant une fin inexorable dont l'issue fatale allait intervenir en janvier 2016. Ma mère m'a décrit cette période comme étant celle du choix de mourir fait intentionnellement par papa après qu'il eût su qu'à l'instar de sa jambe droite, la gauche était à son tour atteinte par un début de gangrène aux orteils et qu'il serait à nouveau amputé. "Là, j'ai su qu'on allait vraiment vers la fin.", m'a dit maman. Entre les divers examens médicaux, l'abandon intérieur de son mari, le soutien à apporter à celui-ci tout en essayant de faire "tourner" le quotidien, je n'ose même pas imaginer ce que ma mère a dû traverser. Heureusement, mon frère, ma sœur et leurs familles respectives, des membres de la famille élargie et des voisins sont venus la soutenir. Et moi dans tout ça me direz-vous ? Je vais vous paraître bien ingrat et sans cœur : j'étais pris dans ma vie à régler certains problèmes cruciaux dont un qui avait failli me coûter la vie en 2014. J'étais également occupé à des sujets importants : ma vie appartient à celles qui se concentrent chaque jour sur des questions vitales pour l'humanité et s'est éloignée considérablement de la matrice idéologique dans laquelle le peuple est maintenue à son insu. En outre, je gère à chaque seconde de vie un héritage familial particulier où nombre de non-dits et d'attitudes à mon encontre ont produit en moi des effets délétères qui m'ont énormément ralenti dans mon existence. J'ai, par conséquent, toujours eu tendance à mettre les voiles facilement pour échapper à la lourdeur familiale pleine de ces silences toxiques où planent la culpabilisation et le jugement de valeur ; il s'est toujours agi pour moi de vivre ou de mourir. Je ne m'excuserai certainement pas d'avoir choisi la vie. J'ai toujours été un être très autonome voire indépendant : je paie le prix de ma liberté par un éloignement affectif vital quoique parfois pesant, je l'avoue. Du coup, alors même que j'essayais de gérer au mieux mon propre présent, j'ignorais tout des derniers mois de vie de mon père et de la douleur morale endurée par ma mère simultanément. C'est au final par l'envoi postal de cadeaux à mes parents un peu avant Noël que j'allais tout connaître de la situation familiale des derniers mois.

    Papa a subi sa troisième amputation courant décembre 2015 docilement. L'opération s'est bien passée. Il en est sorti affaibli mais restant encore relativement ouvert à la relation avec son entourage. Maman gardait un faible espoir de le voir se battre pour tenir encore un peu. Mais il a suffi d'une seule et unique question de mon père pour que son sort soit définitivement scellé et qu'il choisisse délibérément de mourir : "Comment va le chien ?". Ma mère qui avait préféré taire jusque-là le décès de Max quelques jours plus tôt s'est soudain trouvée contrainte d'annoncer la mort de l'animal. Elle savait parfaitement qu'en le disant, elle poussait son mari vers le départ : Max était le lien ultime qui reliait mon père à la vie malgré son amour pour sa femme.

     

    10. L'ADIEU A MON PÈRE

    Voiliers "au repos" face à la plage de Men-Er-Beleg à Saint-Philibert (Morbihan)

    Chacun à la barre de son voilier vogue sur l'océan de la vie, d'escale en escale.
    Puis un jour, vient l'ultime voyage, celui dont nul ne revient,
    celui vers l'immensité, l'infini.

    Quelques heures après l'annonce de la disparition de Max, mon père a brusquement sombré dans un état d'inconscience prolongée dont les médecins n'ont jamais su expliquer la raison au sens médical strict, ni l'en sortir. Ce n'était ni un coma, ni un sommeil. C'était une forme d'entre-deux étrange et insolite, une forme de vacance avant le grand saut dans l'inconnu... ou le "déjà-visible" pour papa. Personnellement, je pense que mon père a hésité à partir complètement et qu'il était tiraillé entre laisser les siens et s'en aller. Il a été mis sous assistance respiratoire durant plusieurs jours puis débranché de la machine. Il a alors continué à respirer par lui-même avant de s'éteindre paisiblement le mardi 19 janvier vers midi... "aidé" par une dose létale de morphine. Ma famille et moi n'en voulons pas au personnel hospitalier d'avoir accéléré ce départ : le cerveau de papa montrait à la radio des épanchements de sang inattendus et inexplicables sur des zones sensibles. Redevenu conscient, mon père aurait été hémiplégique. En plus, il aurait eu à gérer une diminution physique accrue due à l'amputation sur le pied gauche. Tous, nous savions que, jamais, papa n'aurait supporté un tel état de fait. Jamais. C'était clair. Le choix d'une fin digne nous a semblé logique.

     

     

    6. L'adieu à mon père

     

    Les funérailles de mon père ont eu lieu le samedi 23 janvier dans le Morbihan. Elles étaient divisées en deux temps distincts : la messe selon le rite catholique en l'église de Pluneret et la cérémonie d'hommage laïque au crématorium de Plescop. Bien que clément, le temps est resté brumeux et humide toute la journée reflétant parfaitement la douleur et le chagrin de la famille et des proches. Les deux cérémonies ont été sobres, allant à l'essentiel, à l'image de mon père. Auparavant, j'avais pu me recueillir devant la dépouille mortelle de papa au funérarium d'Auray avec ma mère, mon frère et ma sœur. Tous les quatre, nous avons pu rendre un dernier hommage plus physique à celui qui avait été un mari et un père. Tour à tour, nous avons posé une main sur celles du défunt jointes et entourées d'un chapelet offert par une de mes tantes religieuse catholique en Grèce. Comme ma mère et ma sœur, j'ai embrassé doucement le front de mon père. J'ai pleuré... puis j'ai esquissé un léger sourire : malgré la déformation des traits de son visage due aux produits d'embaumement qui lui donnaient un air un peu figé, je reconnaissais l'expression générale de mon papa si secret, pudique et parfois ronchon.

    Par la suite, vous vous en doutez, les deux cérémonies ont été extrêmement chargées en émotion. Elles ont même été moralement éreintantes pour moi. Les homélies à l'église ont été brèves mais très profondes. J'ai été surpris de voir le lieu rempli au trois-quarts : beaucoup de voisins s'étaient joints à la famille pour rendre un dernier hommage à papa. C'est là que j'ai pris conscience que mon père était un homme apprécié dans le coin. Pendant tout le temps qu'ont duré ces deux cérémonies, j'ai réalisé que je pouvais être fier d'être le fils de Pierre, mon père : il laisse à tous le souvenir d'un homme bon et généreux, accueillant et ouvert aux gens bien que très pudique et discret.

    Au crématorium, après que ma nièce, fille aînée de mon frère, ait lu un petit texte personnel en l'hommage de son grand-père, j'ai pris le relais. J'ai alors lu à mon tour un bref écrit pour honorer l'éducateur efficace et attentionné qu'avait été papa à l'égard de ces trois enfants et tout le bénéfice que j'avais pu retirer de son éducation. Comme un maître à ses disciples, mon père a transmis à sa progéniture des valeurs éthiques profondes qui ont profité à chacun. Papa avec l'aide de maman a été le tout premier éducateur de ses enfants bien avant quiconque. En quelques lignes, je tenais à lui exprimer ma plus profonde gratitude. Voici le texte que j'ai rédigé à cette occasion :

     

    Papa,

     

    Tu es parti mais ton souvenir vivra en chacun de nous ici présents, et encore plus dans le cœur de Maman, ta femme, et de Jean-Noël, Marie (3) et moi, tes enfants. Tu étais un homme discret mais très observateur. Tu étais aussi un homme loyal et d'une moralité solide. Avec Maman, tu as enseigné à tes trois enfants des valeurs éthiques qui depuis ont fait leur preuve dans la vie de chacun : l'honnêteté, le respect des autres, l'aptitude à l'effort, le goût du travail bien fait, le courage et la disponibilité. Plus personnellement, l'application de ces valeurs familiales sur un plan professionnel m'a valu systématiquement la confiance de mes employeurs et collègues de travail. J'ai toujours été perçu comme une personne fiable et intègre, et je sais qu'il en est de même pour Jean-Noël et Marie. Cette reconnaissance valorisante provient en grande partie de l'éducation que tu nous as dispensée en tant que père. Tu vois, Papa, tu es sans doute parti mais ce que tu nous as transmis avec Maman vivra toujours à travers nous, tes trois enfants, et se voit déjà transmettre à tes petits-enfants, Nolwen, Gwendal et Erwan (3). Et c'est désormais ce qui importe.

     

    Ton fils, Laurent

     

    10. L'ADIEU A MON PÈRE

    Mon père avec Max son dernier chien en août 2008
    dans le jardin de notre ancienne maison, celle de mon enfance. 

    Le muret en pierres de granit sur lequel il est assis a été bâti par lui.

     

     

    C'est sur ce court écrit et cette photo que j'achève le présent article dédié à mon père, l'homme à qui je dois une bonne part de l'adulte que je suis aujourd'hui : certaines qualités appréciées par mes amis et les autres proviennent directement de l'éducation et de l'amour qu'il m'a donnés.

    Je vous laisse en bonus la musique qui a clos la messe des obsèques : Gortoz a ran, chant traditionnel breton interprété par l'artiste breton Denez prigent accompagné de la chanteuse australienne Lisa Gerrard. Ce titre à lui seul symbolise merveilleusement le lien indéfectible qui reliait mon père à sa terre de naissance et de vie, la Bretagne, et plus particulièrement le Morbihan sud, une région côtière réputée pour son climat doux, stable et sec... mais aussi ses redoutables tempêtes en mer comme sur tout le littoral breton. Denez Prigent était un artiste très apprécié de papa parce qu'il chantait dans sa langue maternelle, celle de son enfance, à laquelle il est toujours resté attaché malgré la perte de la pratique après s'être vu imposé de manière arbitraire l'usage exclusif du français par l'école républicaine jacobine. Gortoz a ran est un chant traditionnel dédié aux marins péris en mer ou à ceux qui tardent à revenir et qu'on croit à jamais perdus, et leurs proches qui les attendent sur terre, et plus spécialement leurs femmes : le chagrin et la douleur sont souvent le lot amer de ceux qui restent à subir l'attente trop longue voire l'absence définitive de l'être aimé. Le titre breton signifie d'ailleurs en français "J'attends". Lorsque tour à tour, les gens nous ont présenté à nous, la famille de Pierre, leurs condoléances, la voix de Denez Prigent s'est alors élevée sous les voûtes de l'église de Pluneret tel un écho majestueux de notre douleur. Papa est parti environné de grâce, de beauté et de beaucoup d'amour.

    Bonne écoute et merci d'avoir pris le temps de me lire. Pour moi, le temps du deuil a maintenant commencé. L'épreuve du décès et des obsèques est passée, ce qui importe... c'est de vivre !

     

    Gortoz a ran - Denez Prigent & Lisa Gerrard

     

    Ken emberr (4) ! smile

     

     

     

    NOTES ET CRÉDITS :

    (1) : expression en breton composée du substantif "ty" (maison) et du participe passé du verbe "kar" (aimer)

    (2) : in Dis-moi où tu as mal - Le lexique de Michel Odoul

    (3) : Certains prénoms ont été modifiés.

    (4) : "Ken emberr !"  signifie "A bientôt !"

    Crédits photos : LP LE CHANJOUR

     

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  • Commentaires

    1
    chantal
    Mercredi 27 Janvier 2016 à 07:11

    je pleure avec toi Laurent,c'est beau l'hommage à ton pére. je suis là,n'oublie pas.

     

      • Mercredi 27 Janvier 2016 à 15:06

        Merci Chantal ! J'ai dit à ma mère que je passerai plus de temps avec elle au printemps prochain. Du coup, là, je commence à planifier un temps de séjour sur Nantes également. Ce sera certainement courant avril.

        Et pour l'hommage, je ne pouvais faire autrement que d'écrire ma peine : créer permet d'apaiser la douleur et le chagrin.

      • chantal
        Mercredi 24 Février 2016 à 22:06

        Laurentpierre,

        Merci pour ta confiance en me laissant aller sur ton blog.

        Je suis très touchée par ton hommage à cet être qui t' a formé puis laissé libre de choisir ton chemin : bel hommage à cet êtree que je n ai guère  connu  mais qui me permet de d'apprécier qui tu es aujourd'hui. Ce que tu es lui rend hommage .

        Chantal

    2
    chantal
    Mercredi 27 Janvier 2016 à 17:29

    je suis d'accord avec toi ,les choses il faut les dire surtout les grands malheurs,quand j'ai perdu mon fils,j'ai eu besoin de rencontrer les commerçants de Macon qui le connaissaient bien et d'en parler avec eux,pour toi c'est pareil,mais tu as encore ta maman,et ça c'est une chance incroyable,pour elle,comme pour toi. je dois partir en principe une semaine à Lisbonne avec ma fille du 25 au 31 mars mais je ne bougerai pas en Avril.je t'attends quand tu décideras,je t'embrasse. "le temps,sans quoi rien ne se fait" et dans le deuil plus en core que dans tout le reste.

    3
    Mercredi 27 Janvier 2016 à 19:27

    Un très joli hommage à ton père. Ecrire est libérateur et tu l'as très bien fait. Je te souhaite bon courage pour ce travail de deuil que tu as commencé ici. Toutes mes condoléances. Faustine.

      • Jeudi 28 Janvier 2016 à 15:36

        Merci Faustine !

        L'écriture m'a en partie libéré mais j'ai un gros reste de douleur morale que je ne parviens pas à exprimer et qui me sape mon énergie vitale : là, je suis malade. J'ai une sinusite ou une rhino-pharyngite avec une grosse fièvre. Ce qui signifie que mon système immunitaire en a pris un coup. Je somatise très facilement. Je sais que ma douleur va devoir trouver un exutoire sinon je vais rester rester en sous-régime. Or, j'ai bien des choses à faire, tu t'en doutes. Je ne peux pas rester ainsi. A suivre donc... Le deuil est un des nombreux sentiers reliés au grand chemin de la vie : lui aussi peut parfois être un peu escarpé et fatigant.

        A bientôt ! 

    4
    chantal
    Jeudi 28 Janvier 2016 à 15:47

    C EST VRAI ET RIEN NE SE FERA SANS LE  TEMPS, ne jamais l'oublier,je vais supprimer mon Facebook, (trop de messages) as-tu mon mail?

      • Jeudi 28 Janvier 2016 à 17:02

        Redonne-moi ton email ! Merci !

        Pour Facebook, tu peux sélectionner les messages et bloquer les conversations qui t'inondent d'emails intempestifs.

        Pour le reste, je suis malade : conséquence du choc psychologique dû au décès de mon père très certainement.

        Je t'embrasse.

    5
    Lundi 1er Février 2016 à 17:22

    Là, j'ai le cœur comme une pierre qui coule, coule... Maman (93 ans) est en maison de retraite et a atteint le stade du "détachement". Nous l'avons vu progressivement s'éteindre, comme une flamme abandonnée, ne se rallumant qu'à nos visites où, hélas, elle ne nous voit plus vraiment (DMLA)...

    Ton père a dû (aurait été ?) être fier de ton hommage...

    Danielle

      • Lundi 1er Février 2016 à 20:54

        Ma mère comme la tienne est encore là ! Du coup, je vais être + présent pour elle. En ce qui concerne ta mère, le simple fait d'être présent et de laisser faire les choses suffit. Là, j'ai compris, par le terrain, que ce n'est pas la mort qui importe mais bien la MANIÈRE de mourir. Si la dignité, l'amour, la beauté, la douceur et l'authenticité y sont : c'est l'essentiel. Il suffit alors de vivre les derniers instants de partage avec la personne aimée intensément, pleinement.

        Merci du compliment... que je dédie à papa ! yes

    6
    Mardi 2 Février 2016 à 13:40

    Tu as raison, il n'y a pas de mort, seulement un passage vers autre chose et la manière de mourir : digne et sereine, entourée des siens, ma maman l'aura. S'il y a une chose que le Bouddhisme nous apprends,  c'est l'impermanence...  Ça aide...

    7
    Dimanche 28 Février 2016 à 10:40

    Bonjour, c'est toujours difficile de perdre un être cher mais la mort n'est qu'un passage d'un lieu à un autre. Et puisque tu connaît et pratique la philosophie Bouddhiste cela pourra t'aider à apaiser la peine.

    Bon courage, le temps t'aidera mais c'est souvent top long. Bon dimanche.

      • Dimanche 28 Février 2016 à 13:51

        Quand l'autre cher et aimé part, s'ouvre alors le temps du deuil. J'y suis. Bien sûr, comme tu le rappelles, nos références philosophiques et spirituelles peuvent nous aider à franchir le cap de la douleur avec le temps. Cependant, je crois que c'est juste laisser vivre et s'exprimer sa peine qui permet de l'adoucir et peu à peu de la transcender en autre chose, un souvenir habité, intense et profond de l'être cher. Là, autour de moi, ces derniers temps, j'ai rencontré des gens ou j'ai des amis qui tous ont perdu un de leurs parents récemment ou il y a 3 ans au plus : tous ont encore la douleur laissée par l'absence, plus ou moins apaisée selon la proximité du décès. La plupart m'ont dit que lorsque le chagrin deviendra un simple souvenir chaleureux et beau de l'autre, que je pourrai évoquer ce dernier sans pleurer, en souriant même, là je serai parvenu à la fin du deuil, à l'intégration définitive de la mort de mon père comme un fait définitif.

        Toutefois, entre-temps, la mort de papa a déjà apporté un effet positif tangible sur moi : je refuse de me laisser emporter dans des conflits inutiles et blessants pour les parties en présence. J'ai soudain pris conscience de la brièveté de notre vie et que perdre son temps dans l'invective, la violence et la haine n'apportait strictement rien sinon de la souffrance tout à fait superflue.

        A bientôt chère Marmotte ! smile

    8
    Dimanche 28 Février 2016 à 14:15

    Tu as bien raison de penser ainsi. Il faut beaucoup de temps pour être apaisé un peu . Pero j'ai perdu mon plus jeune fils il y a 14 ans il avait 22 ans et malgré le temps il m'a fallu plus de dix ans avant de ne plus pleurer et encore maintenant selon les souvenirs qui remontent à la surface, cela m'arrive encore. Alors la perte d'un être cher je connais et la souffrance que tu peut endure je la comprends aussi. Quand on peut arriver à en parler avec des souvenirs agréables on a gagné, mais on n'oublie jamais, la cicatrice restera indélébile.

    Essaie de ressentir sa présence "invisible" car  il est là sûrement près de toi. Les morts nous font des signes mais il faut arriver à les décortiquer. En tant que médium je peux te dire qu'ils nous en envoient beaucoup et cela calme un peu l'absence.

    Bon courage à toi.

      • Dimanche 28 Février 2016 à 14:25

        Juste un énorme sourire ! happy Tes mots ont touché mon cœur ! Et vraiment, j'espère sentir la présence de papa dans ma vie.

        Merci ! wink2 

    9
    Jeudi 28 Avril 2016 à 12:30

    Quel bel Hommage ! j'en ai les larmes aux yeux ...

      • Jeudi 28 Avril 2016 à 19:53

        Bonjour Nicole, et merci pour ton passage ici, surtout sur cet article !

        Je comprends que tu aies été touchée : j'ai mis tout mon cœur, tout mon amour, tout moi, dans ce texte. Mon père méritait un hommage public et profond : comme pour les personnes importantes, je voulais que sa valeur humaine soit reconnue. Je trouvais que c'était naturel : papa a beaucoup apporté à ses enfants, et ce qu'il a transmis vit maintenant à travers ma sœur, mon frère et moi. C'est nous trois qui offrons au monde le résultat du bel héritage moral et humain que nous avons reçu. Je ne voulais pas que mon père parte comme ça, sans rien d'autre qu'une cérémonie de funérailles, aussi belle fût-elle. Je voulais marquer le coup, montrer la beauté intérieure d'un homme simple et généreux qui a su se faire apprécier de beaucoup, et bien au-delà du cercle familial, malgré les souffrances qu'il a endurées.

        A bientôt ! wink2

    10
    Jeudi 28 Avril 2016 à 21:36

    J'ai été très touchée car moi aussi j'ai perdu mes parents , d'abord ma maman et douze ans après mon papa dont je me suis beaucoup occupée .

    je t'ai compris  car mon cheminement a été le même que le tien , j'ai eu envie d'écrire sur mes parents lorsqu'ils n'ont plus étés là , cela apaisait en quelque sorte mon immense chagrin  et j'avais aussi l'impression que d'écrire des tranches de vies les rendait immortels ...

    J'ai alors fait un blog ou je raconte mes souvenirs d'enfance  certains  sont joyeux   d'autres moins  et je peux te dire que certains textes je les aies écrits avec des larmes .

    Nos parents sont toujours là ils continuent de vivre en nous et à travers nous .

     ils sont toujours présents , ils ne sont pas loin , juste à côté !

    A bientôt 

    Nicole

     

      • Jeudi 13 Avril à 12:23

        Bonjour Nicole !

        Il est étrange que je n'ai pas répondu à ton commentaire. Certainement pris par mes occupations, j'ai oublié de le faire. Du coup, je redécouvre ce que tu as écrit. Je vais donc aller lire les articles de souvenir que tu publies. J'aime le genre de blog que tu tiens car ça nous ramène à nos propres souvenirs, positifs et négatifs, tout ça lié pour former une vie humaine bien remplie. Et puis, quand les gens parlent d'eux-mêmes, c'est touchant la plupart du temps : beaucoup d'authenticité et de simplicité sont présents.

        Oui, la douleur relative à l'absence des proches aimés s'estompe sans jamais vraiment s'effacer. Plus d'un an après, mon chagrin n'a guère diminué. Je vais d'ailleurs aller consulter un psy car ce décès m'a déstabilisé, je le vois. 

        Merci d'avoir témoigné. Et profite des belles journées de printemps qui reviennent !

    11
    Jeudi 13 Avril à 05:01
    Loupzen

    Bon soir,

    C'est avec infiniment de respect et de tendresse que je découvre votre univers.

    C'est humblement que je fais référence à un "fait divers " relaté dans mon blog.

    Si d'aventure vous vous fourvoyez dans ma tanière....

    Avec plaisir de vous relire

     

    http://hurlements-de-loup.eklablog.com/pierre-sa-grand-mere-et-la-confiture-a119031224

      • Jeudi 13 Avril à 12:14

        Je ne suis pas venu sur mon blog depuis presque 4 mois. Là, j'y reviens pour rédiger et publier bientôt un nouvel article qui ouvrira la 4è saison de cet espace. Je classe en effet les textes en saisons qui correspondent à chaque fois à une période de publication active. Malgré un emploi du temps lourd et quelques problèmes psychologiques, je vais prendre le temps d'écrire à nouveau.

        Je vais aller lire le fait divers dont vous parlez. Vous avez excité ma curiosité. Et puis, à mon tour d'aller faire revivre les liens créés ici, eux aussi endormis après ma longue absence.

        A + tard ! smile

    12
    Vendredi 19 Mai à 22:57

    Bonsoir Pierre Laurent 

    Je viens à peine de voir ta réponse à mon message .. et j'en ai profité pour relire ton texte

    Tu vois,  je sais que je  pourrai le relire cent fois et   qu'il me touchera toujours autant car l' écho  de tes mots me renvoie à ma propre peine 

    Perdre ses parents on ne peut l'imaginer !  on les croit  immortels , on ne les voit pas vieillir ...

    Eux non plus ne nous voient pas vieillir  puisque toute notre vie nous resterons leurs enfants 

    Alors lorsqu'ils partent on devient tout d'un coup orphelin et l'on pleure comme des gosses . 

    Oui comme tu le dis maintenant l'important c'est de vivre 

    J'ai vu que je ne t'avais pas donné le lien de mon blog de souvenirs d'enfance il est sur Blogger c'est un blog que je partage avec une amie d'enfance  nous  allions  toutes deux à la même école  et tour à tour nous racontons chacune nos souvenirs

    Parfois joyeux , parfois tristes  mais écrit  toujours avec le regard des petites filles de 10 ans que nous étions alors .

    Un article avait paru  sur notre blog  dans celui du cercle de généalogie de Maisons Alfort 

    https://cgma.wordpress.com/2010/01/21/le-blog-du-jour-02-sur-les-traces-de-notre-enfance/

    Deux de mes textes ont étés édités dans le livre de Jean Pierre Gueno "Cher Père Noël "  (Rêverie  et les petits santons)  

    https://tracesdenotreenfance.blogspot.fr/

    Rêverie je l'ai écrit le soir de Noel avec des larmes pleins les yeux ...

    Et cela sera toujours ainsi lorsque je le relis .

    A bientôt 

    Nicole

    La musique  Gortoz a ran est magnifique 

     

     

     

     

      • Vendredi 19 Mai à 23:57

        Bonsoir Nicole !

        Je vais aller visiter le blog et les sites où mènent les liens. Je n'ai guère envie d'ajouter quoi que ce soit à tes mots sur le lien indéfectible avec nos parents quand ceux-ci ont été de vrais parents pour leurs enfants, tant tu exprimes exactement ma pensée profonde. Je dirais juste, en écho, qu'ils restent nos papa et maman pour toujours... pour toujours et toujours. Pour l'instant, ma mère est toujours là, qui doit être soutenue : son deuil difficile à vivre lui a déjà fait avoir deux cancers dont elle est heureusement sortie victorieuse. Seuls l'attention et l'amour aideront maman à accepter de survivre à son mari, je l'ai compris.

        Amitiés

    13
    Vendredi 19 Mai à 23:07

    j'avais oublié que j'avais  fait une rubrique et  posé quelques souvenirs ici  aussi 

     http://nicolesims3.eklablog.com/reverie-de-noel-a127885238

    A bientôt 

    Nicole 

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